‹ Réponse aux principales objections dirigées contre les procédés suivis dans les analyses du sang et contre l'exactitude de leurs résultatsChapitre 13 sur 38 · MEMBRE DE PLUSIEURS SOCIÉTÉS SAVANTES · texte numérisé non relu

MEMBRE DE PLUSIEURS SOCIÉTÉS SAVANTES

Quoique la science soit en possession de plusieurs ouvrages élémentaires sur la conchyliologie, je pense que celui que j’offre aujourd’hui aux naturalistes ne sera pas inutile ,* étant conçu sur un plan nouveau.

Depuis que la géologie est sortie du domaine des hypothèses, et que se fortifiant de tout ce que les sciences d’observation ont de plus positif, elle s’est élevée en peu de temps au rang de toutes les autres; il n’est presque aucune partie de la zoologie qui ne lui soit particulièrement utile cà cause des débris fossiles d’animaux dont elle fait connaître la structure et la distribution dans les couches de la terre. Parmi ces diverses branches de la zoologie, il en est quelques-unes qui ont un plus grand intérêt que les autres, et personne, à cet égard, ne conteste la prééminence de la conchyliologie.

Los coquilles, en effet, sont répandues dans toutes les mers, dans les eaux douces, elles peuplent les continents, et on les trouve non moins abondamment à l’état fossile , dans toutes les couches de la terre. Tilles sont donc dans les conditions les plus favorables pour être comparées * et comme selon leur manière de vivre, elles ont des caractères particuliers, * il est toujours assez facile , lorsqu’elles sont fossiles , de reconnaître dans quel milieu et dans quelles circonstances elles ont vécu.

L’étude des coquilles fossiles est, comme on le voit, d’une grande utilité à la géologie, et elle doit lui devenir d’un usage indispensable en mettant en relation l’étude des espèces fossiles avec celles des espèces vivantes, et des animaux qui les produisent. Elle deviendra plus indispensable encore, à mesure que l’on déterminera plus rigoureusement la distribution des espèces flans les couches terrestres, et que l’on pourra signaler avec toute certitude celles qui sont caractéristiques.

CI est pour satisfaire le mieux qu’il m’a été possible aux nouveaux besoins de la science, que je publie ce traité élémentaire; pour parvenir au but que je me suis proposé, voici le plan que j’ai suivi :

A prendre la conchyliologie en elle-même, elle doit être traitée comme toutes les autres parties de la zoologie; j’examinerai d’abord quelle place les mollusques doivent occuper dans la série des animaux, s’ils sont vertébrés, comme le pensent certains zoologistes, ou s’ils constituent un type particulier d’organisation; j’examinerai ensuite, et d’une manière générale, l’organisation des mollusques, les traces que cette organisation laisse sur les coquilles, et jusqu’à quel point on peut se fier aux caractères des coquilles pour en conclure l’organisation des animaux qui les ont produites. C’est en appréciant à leur juste valeur ces caractères des coquilles, dont les animaux sont connus, que l’on peut, par analogie, obtenir des conclusions fort justes en appliquant ces connaissances à l’étude rationnelle de celles qui sont fossiles.

Des études préliminaires, tant anatomiques que conchyliologiques, que je viens d’indiquer , on peut en déduire des principes généraux qui doivent servir de base à une bonne classification; celle que je présente ici est conçue plutôt dans l’esprit de notre célèbre Lamarck que de tout autre zoologiste : je dois ajouter que partout où j’ai trouvé du bon je l’ai pris, non sur la seule autorité du nom de l’auteur, mais après m’être assuré, autant que je l’ai pu , que l’opinion que j’adoptais était fondée suide bonnes observations.

J’ai toujours pensé qu’il était indispensable de connaître l’histoire d’une science pour en assurer les progrès, et lui donner un bonne direction; rien, en effet, ne fait mieux connaître ce qui lui est définitivement acquis, et les lacunes qu’elle doit demander à l’observation de remplir.

fine histoire minutieuse do la conchyliologie occuperait dans un ou-

vragc comme celui-ci beaucoup trop de place; il est nécessaire cependant de la présenter en abrégé pour faire sentir dans quelle direction elle a reçu son impulsion, par les ouvrages les plus importants que cette science possède.

Après avoir épuisé ces généralités, j’en viendrai à l’exposition des genres et des familles. Dans l’ordre méthodique, j’ai cherché à donner, autant que possible, une égale valeur aux coupes des divers degrés, et à les rendre comparables; et ce à quoi je me suis le plus particulièrement attaché, c’est de réduire le nombre des genres et à n’admettre définitivement que ceux qui sont fondés sur de bons caractères. Comme dans chaque genre je devrai mentionner quelques espèces pour servir d’exemple, je choisirai celles qui ont un intérêt particulier, et surtout celles qui caractérisent les terrains; parmi ces dernières, je ferai représenter dans l’atlas celles qu’il est indispensable au géologue de bien connaître, étant plus caractéristiques qu’aucune autre. Je joindrai à cela des renseignements sur la distribution remarquable de certains genres et de quelques familles.

A ces applications partielles de la conchyliologie, j’ajouterai à la fin de l’ouvrage les tableaux comparatifs des espèces actuellement vivantes avec celles fossiles , dans les divers terrains. De ces tableaux, les uns sont destinés aux terrains tertiaires, les autres aux terrains secondaires; ils seront précédés d’observations générales sur la distribution des coquilles fossiles, ainsi que des résultats numériques auxquels ils donnent lieu.

D’après ce qui précède, il est facile de s’apercevoir que ce traité élémentaire sera utile à la fois au zoologiste et au géologue. Les premiers y trouveront tous les renseignements anatomiques et conchyliologiques , et les autres tout ce qui concerne l’élude des coquilles fossiles. L’atlas est particulièrement conçu dans ce double but de représenter les espèces bien caractérisées comme types de genres, et en même temps, pour la plupart, caractérisques des diverses couches de la terre.

Deshayes ( Introduction ).

Page 1