‹ Réponse (no 39) à une adresse de l'Assemblée Législative en date du 21 mars 1882, priant Son Honneur le Lieut.-Gouverneur de vouloir bien faire mettre devant cette Chambre copie des relations des faits recueillisChapitre 13 sur 16 · ALLUVIONS AURIFÈRES · texte numérisé non relu

ALLUVIONS AURIFÈRES

J'ai négligé de signaler, à dessein, nombre de dépôts de pyrites, qui parsèment les bords dont je viens d'énumérer les richesses minérales. Cette substance peu précieuse étant d’une extrême abondance dans toute cette région. Il ne faut pas perdre de vue que les schistes et grès cristallins, que les quartz compacts et micachistes, gangues ordinaires de l'or» preunent un développement très vraisemblablement plus considérable encore qu'il ne m'a été possible de le, constater, dans cette exploration. Ce qui explique les faits qui vont suivre et donne une certaine créance, aux récits que j'ai recueillis relativement à une exploitation occulte des alluvions aurifères de la rivière Pocachoo où Pocacchos, près de la grande rivière St-Augustin.

La rivière Pocachoo prend naissance derrière les trois baies, qui dans le détroit, se trouvent juste en face de la haute mer, entre les deux grandes iles de Long Island et de James Island, puis, elle se dirige vers le nord nord-est pour se jeter dans la baie de St-Augustin un peu au-dessus de la rivière du même nom, à peu près à la hauteur de l'extrémité septentrionale de River Island.

Ce cours d’eau traverse, sans nul doute, les roches décrites plus haut ; son bassin très plat, assez grand est constitué par une masse de terre transportée et de sables, sur un sous sol argileux.

La légende veut qu’un particulicr, écossais de naissance, ait trouvé dans les circonstances les plus inattendues, sur une des montagnes qui closent le bassin de la Pocachoo, une pépite d'or d'un volume considérable. Empressé de jouir de sa nouvelle fortune il quitta la côte et rentra dans sa patrie. Quelques mois après son retour en Ecosse, atteint d’une maladie grave, il mourut, avant d’avoir profité de l’aisance providentiellement acquise, mais avant de rendre le dernier soupir il confia le secret de sa fortune à son neveu. Celui-ci accompagné de deux autres personnes vit vers le milieu ou la fin de l'automne, s'installer près de la rivière Pocachoo. Ils entreprirent des travaux entravés par la rigueur de la saison déjà avancée, et qui par suite, ne donnèrent que des résultats au-dessous de leurs espérances. Cependant la récolte qu’ils obtinrent fut assez fructueuse pour qu'en partant, ils annonçassent leur retour prochain.

J’ai tenu à pénétrer le côté obscur et légendaire de ce récit ; j'ai interrogé plusieurs personnes, et toutes prétendent avoir connu ou entendu parler des trois chercheurs d’or. J’ai suivi les terrains que l’on disait qu’ils avaient parcourus. J'ai retrouvé les traces certaines des travaux qui leur sont attribués. Sur la montagne où l’on dit que fut trouvé le lingot d’or, rien n'indique la présence du métal précieux. J’ai lavé à mon tour les alluvions de la rivière, et quoique le vase dont je me suis servi ne fut qu'un gobelet de ferblanc, ce qui compliquait mes opérations et ne leur permettait que la plus approximative des perfections, j'ai cru remarquer après le lavage un grain métallique qui examiné à la loupe avait toutes les apparences de l'or.

Du récit et des faits que je viens d'exposer il résulte que :

Les formations ordinairement aurifères existent à proximité de la rivière Pecachoo, ou sont traversées par elle.

Que des travaux entrepris dans le but de chercher de l’or ont été exécutés ;

Que les alluvions déjà fouillés recèlent quelques parcelles de métal offrant tous les caractères de l'or.

Page 1