‹ Réponse (no 39) à une adresse de l'Assemblée Législative en date du 21 mars 1882, priant Son Honneur le Lieut.-Gouverneur de vouloir bien faire mettre devant cette Chambre copie des relations des faits recueillisChapitre 7 sur 16 · RIVIÈRE AGWANUS · texte numérisé non relu

RIVIÈRE AGWANUS

Sur le parcours de Pashasheehoo à la rivière Agwanus, grand développement de sable, aux abords assez escarpés. Les bois se rapprochent de la

mer, dont ils ne sont séparés que par une bande siliceuse étroite garnie de dépôts ferrigineux magnétiques. L'entrée de la rivière Agwanus est défendue par un isthme sablonneux très-allongé. Les fonds sont bas et l'accès de ce cours d'eau important doit être difficile lorsque à marée basse la mer a soulevé le flot.

NATASHQUAN ET KEGASKA.

D'Agwanus à Natashquan et Kegaska les pleins sablonneux rectilignes ou découpés en anses profondes alternent avec les formations cristallines. Le rivage est parsemé de taches noires à reflets quelque fois rougetres. Ces teintes sont dues aux oxydes magnétiques grenatifères dont l'abondance semble très-considérable sur cette partie du rivage. Une excavation creusée au milieu de l’une d'elles pénètre à travers une couche de sable noir, dont l'intensité de couleur et le brillant indiquent une agglomération métallique d’une assez grande pureté. Après la rivière Natashquan et jusqu’auprès de Kegaska les falaises de sable à base d'argile remplacent les pleins surbaissés. De nombreuses infiltrations ocreuses s'épanchent sur le flanc de la falaise et font supposer, que les plateaux qui en recouvrent les sommets, sont riches en gisements analogues à ceux de Manicouagan. Près de Kegaska le littoral reprend un aspect rocheux et la rivière du même nom coule sur un lit de gneiss rougeûtre teinte de grandes plaques blanches.

Désormais les sables vont imiter les calcaires et disparaitre presque complètement. Les grandes | TenRen de Moisie et de Natashquan ne se renouvellent plus. À peine si quelque fois encore une anse sablonneuse, l'estuaire étroit d’une rivière, viendra rompre la ligne accidentée presque ininterrompue des roches du grand Nord.

CURLESS-POINT.

A Curless-Point les basaltes s’accentuent, les trapps et les trachytes apparaissent en quantité. La teinte générale des fonds et le rouge coupé de bandes plus claires de nature feldspathique ou de veines quartzeuses translucides. En cet endroit, comme en un grand nombre d’autres, les exploitations de pierres dures ornementales, si fructueuses le plus souvent, trouveraient une ample moisson de matériaux de premier choix.

VW AS8HEECOTAI—MOLIBDÉNITE.

Non loin de la pointe orientale de la baie de Washeecotai, dans un ilot dénudé, non marqué sur la carte de Bayfield, j'ai rencontré une veine de quartz gris contenant des cavités remplies d’une substance lamelleuse, gris plomb, tachant le papier, laissant sur la porcelaine une trace gris verdâtre et dont la pesanteur relative considérable faisait préjuger la nature. Ce corps qui garnit en assez grande abondance la veine cristalline a les caractères de la molibdénite.

La veine encaissante traverse une roche granitique grisâtre, suivant une direction nord-sud. Son toit, riche en sulfure de molybdéne, fait présumer que l'exploitation amèneraii au jour une quantité suffisante de minéral pour la rendre fructueuse.

TERTIARY NHELL.

De Washeecotai à Tertiary Shell l’aspect de la côte reste le même, et sauf deux longues pointes de granit en tout semblable au granit des sphinx je ne remarque aucune substance pouvant donner lieu à une :, ‘on industrielle.

J'ai tenu à explorer la baie de Tertiary Shell dont le nom caractéristique avait éveillé ma curiosité.

À l'exception de cailloux roulés compo} de gneiss blanc avec incrustation d’un minéral vert sombre d'apparence hornblendique, toutes les montagnes arrondies qui entourent la baie semblent constituées, autant que permettent d'en juger les espaces rocheux laissés à découvert par la mousse, de granits ou de gneiss à grains fins traversés de veines de quartz translucides. Je ne puis donc attribuer l’épithète de Tertiary Shell, donné par l'amiral Bayfield, à la baie aussi longue qu'étroite qui porte ce nom, qu’à la présence dans les argiles du lieu d’une sorte de pecten-islandicus, coquille fossile dont les représentants de nos jours sont connus sous le nom vulgaire de coquilles de St-Jacques.

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