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chaînes, N. 55° O., 20 chaînes, N. 25° O., 30 chaînes—presque tou- Jours dans une grande vallée montant d’abord légèrement, puis presque de niveau—le sol pauvre, maigre et de sable, quelques fois des pierres et des roches, et presque tout le Jong du chemin des arbres renversés par le vent, arrivant enfin à une descente profonde d’environ 20 chaînes de long qui cependant peut s’améliorer en employant la mine dans quelques endroits, et en faisant de légers détours pour diminuer la rapidité de cette côte que j'ai nommée côte Tourile, vu qu’elle finit sur les bords de la rivière Tourile ;—là j'étais à environ un mille à l'Ouest de la ligne, et le pays environnant était, s’il ost possible, pire que le reste, et couvert de montagnes incultes.
41. Après avoir, comme je l’ai déjà dit, exploré le pays je fus convaincu que l’on ne pouvait choisir non seulement de meilleurs endroits pour continuer le chemin, mais que même on men pouvait trouver de meilleurs à cinq ou six milles à l’Est de Tourile.
42, Quant à l’idée de chercher à tracer le chemin dans une direction plus à l'Ouest, la chose était absolument hors de question vu les montagnes et les rochers effrayants qui dans cette direction étaient réellement entassés les uns sur les autres.
43. La rivière Tourile venant du Nord présente des rives abaissées du côté de l'Est avec un espace considérable de pays comparativement uni entre les rives de la rivière et les montagnes les plus rapprochées de ce côté-là, et promet une distance raisonnable de terrein propre au chemin que je commençai à tracer en conséquence.
44. À ma 18e station, parmi les montagnes, les hauteurs et les vallées, je tirai une perpendiculaire d’un mille et quarante-sept chaînes qui me fit atteindre la ligne à ses 234 milles.
45. Dans cet endroit la rivière est divisée en deux branches. Celle que je suivis tourne graduellement vers l'Est ; l’autre, la branche principale, vers l'Ouest. Entre ces deux branches l’étendue de terre, comme le pays adjacent, est difficile et stérile.
46. Jai tracé cette branche sur l’esquisse ci-jointe, mais j'ai à remarquer que je ne l’ai pas suivie dans mon exploration, m’étant borné à constater les deux extrémités jusqu’à une certaine distance, en montant l’une et descendant l’autre. J'ai tracé la
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partie du milieu d’après une direction générale du sillon tracé entre les montagnes environnantes.
47. J'ai pris ma vingtième station au Nord, me portant continuellement dans le voisinage de la rivière et de ses lacs ou expansions, pour une distance de 195 chaînes; alors tirant une perpendiculaire à la ligne j'ai eu 1 mille et 39 chaines au 26e pôteau de mille, mes distances se montant à 31 milles 74 chaînes et 25 chaïnons,—le pays entre le tracé du chemin et} la ligne se trouve, comme partout, difficile et brisé, et le sol pauvre, maigre et misérable, ce qui explique pourquoi il y a tant d’arbres renversés par le vent.
48. J’ai suivi la direction Est de la brancheinférieure qui devient de plus en plus étroite jusqu’à ce qu’elle ne soit plus qu’un simple ruisseau. Îci, cependant, le pays présente une apparence plus unie qu'auparavant, mais le sol est le même, pauvre ct stérile. Le 4 décembre, j'atteignis de nouveau la ligne à ses 27 milles et 10 chaînes, je la suivis jusqu’au 28e mille. Mes distances étaient de 34 milles et 63 chaînes.
. 49, Un grand lac, 15 chaînes en avant de la ligne, me força de m’éloigner un peu vers l'Est, ce qui me mit en état de continuer le tracé en avant et sur un espace étroit de 120"pieds qui réunit ce premier lac à un second qui est pareïllement uni à un troisième, étant tout trois si peu séparés les uns des autres qu’il ne paraissent former qu’un seul lac auquel j'ai donné le nom de lac Triple. Comme à l'ordinaire, le pays dans les environs, à une distance plus ou moins grande, était de niveau, mais le sol bien pauvre.
50. Le premier de ces lacs, au centre duquel la ligne passe, a à peu près 50 chaînes ; le second situé vers le N. O. 30 chaînes ; et le troisième qui alimente le second, situé $, 80° E.,50 chaînes de long, tous d’une largeur irrégulière.
51. Ayant, comme je l’ai déjà dit, fait passer le tracé du chemin entre le ler et le 2e de ces lacs dont je suivis les rives Ouest pendant environ 25 chaines, je pris pendant environ 30 chaines une direction générale, N. 81 O. ce qui me fit atteindre la ligne
dans un pays passablement uni, mais je ne puis dire exactement à quelle distance (vu que le chaînage n'avait pas été fait jusqu’à cette distance,) qui peut cependant avoir été près de 29} milles, mes distances étant de 36 milles et 7 chaînes.
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52. Depuis le passage entre les deux derniers lacs jusqu’à la ligne, le terrein offre une légère montée qui, de temps à autre, offre des espaces considérables de niveau sur une petite étendue du pays le plus beau que j'ai rencontré depuis que j'ai laissé les bords du Jacques Cartier, ainsi que le meilleur lot de gros bois mêlé, tel qu’épinette, pin, bouleau et sapin ; mais la superficie de cet excellent sol est si peu considérable qu’on ne peut pas même dire qu’elle soit propre à former un établissement.
53. Ayant déjà constaté qu’à l'Est et à l'Ouest de la ligne il y avait de grands lacs que M. Blaiklock désirait annexer à son plan, son parti et le mien étant maintenant réuni, il me pria de les explorer.
54. En conséquence, le 7 décembre il continua ses opérations, et moi je me dirigeai vers l'Ouest en partant dn 294 mille de la ligne, dans la direction S. 75° O., descendant à peu près presque pendant tout le temps; environ 100 chaînes me conduisirent à la tête d’un grand lac alimenté par la branche principale de la rivière Tourile susdite qui à cet endroit venait de l'Ouest.
55. Ce lac, environné de montagnes, situé environ N. et S., a environ 100 chaïnes de long et 45 à 50 de large, d’une forme très irrégulière, recevant, outre les eaux de sa j'ropre rivière et d’une autre petite qui vient du N. O. les eaux du lac Triple dont la décharge suit à droite et à gauche les tranchées des montagnes qui se trouvent entre les deux, formant plusieurs cascades, plusieurs petites chûtes et des détours à doite et à gauche. Après avoir exploré les environs, et ne trouvant que des côteaux, des montagnes et des rochers, je retournai au lac Triple.
56. Le jour suivant, (8 décembre,) je me dirigeai vers l'Est, et du lac Triple, E. 40 chaînes, N. 45 E. 20 chaînes, E. 25 chaînes, formant 1 mille et 5 chaines ; atteignant alors un lac étroit de 30 chaînes de long, situé N. 45° E., se déchargeant dans un lac adjacent, éloigné de 3 chaînes, situé E. et ayant 13 chaînes de long ; ce même lac se décharge dans un troisième grand lac à l'Est de ce dernier, à une distance d’environ 30 chaînes.
57. Ce troisième lac a des dimensions considérables, peut-être plus considérables qu'aucun de ceux que j'ai rencontrés. Mon guide André me fit voir ici qu’il connaissait l’endroit où il était, vu qu'il avait autrefois chassé dans cette partie du pays: il
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appela ce lac “Le grand lac de la branche Nord de la rivière Jacques Cartier,” ayant dans sa plus grande longueur, N. 45 O,, environ 2 milles, et dans sa plus grande largeur 1 mille et 50 chaînes, et de forme bien irrégulière.
58. Ces lacs, outre les eaux de divers ruisseaux, reçoivent les eaux de deux petites rivières, l’une qui vient du Sud et l’autre du Nord; la décharge est aussi une petite rivière d’une # à $ de chaîne de large, située à l’Est du lac, se dirigeant vers le Sud.
59. Le pays environnant, excepté les environs de la source nord qui sont rocheux et montagneux, est généralement bas et marécageux, le bois est généralement de petite épinette rare; du côté du nord le bois est d’une crue plus considérable et quelque peu mêlée ; on y rencontre ça et là du bouleau blanc.
60. Il y à cinq isles, la plus grande est de 30 chaines, la plus petite de 7 et 8 environ sur à ou + de large ; sur ces isles le bois est généralement grand et mêlé et le sol y est d’alluvion.
61. Ayant aussi correctement que possible relié et esquissé ces lacs ainsi que le lac Tourile, de manière à les annexer à la ligne, je me dirigeai vers la ligne le 15 décembre, en m’en retournant au 29 mille ; à bien peu d’exceptions près je la suivis avec le tracé du chemin jusqu’à son 32e mille et 10 chaines,—là les désavantages extrêmes du terrein me forcèrent à l’abandonner, pour suivre les différents détours d’une vallée à l'Ouest de la ligne, mes propres distances se montant à présent à quelque chose comme 40 milles et 34 chaînes.
62. Par des courtes courses à l'Est et à l'Ouest, suivant que la nature de la vallée pouvait me le permettre, et traversant presque pendant tout le temps un pays de niveau dans lequel le sol et le bois permettait de marcher d’une manière assez avantageuse comparé au pays brisé des environs, j'atteignis de nouveau la ligne mais pour la couper immédiatement aux 33 milles et 17 chaînes, ct mon chemin tracé étant à ses 40 milles et 34 chaînes.
63. La ligne passe maintenant sur une autre montagne, j'en fis le tour en allant d’abord à l'Est, puis à l'Ouest, et en revenant à la ligne à ses 35 milles moins 36 chaines qui restent entre la ligne e: le tracé
64. Une chaîne de rochers que je ne pouvais point passer sans de grandes difficultés m’a fait suivre une direction parallèle à la
ligne dans un terrein uni, couvert de bois mou petit et clair—sol pauvre ; j'ai traversé deux ou trois ruisseaux, (la neige m’a empêché d’être sûr du troisième,) de 5 à 8 chaïnons ou ce qui est très probable le même ruisseau courant à l’Est et à l'Ouest.
65. Etant maintenant arrivé au sommet du rocher, j'ai pris une direction N. O. lorsque 12 chaînes m'ont ramené à la ligne à ses 36 milles et 80 chaînes, et comme le terrein le permettait, je l'ai suivie jusqu’au 87e mille. Ma distance était de 44 milles 38 chaines.
66. 21 décembre, me trouvant à environ 32 chaînes en avant d’un lac considérable ou plutôt très long, pour l’éviter je me dirigeai vers l'Ouest, côtoyant à ma gauche des montagnes et des côteaux, pendant 6 courses à droite et à gauche, faisant en tout 1 mille et 24 chaînes. J'étais arrivé à la décharge de ce que nous nommämes Long Lac, parce qu’il est très étroit. Quant à la longueur, je renvois aux notes de M. Blaiklock. Etant tombé sérieusement malade, je ne pus l’explorer, mais je suis sous l'impression que ce monsieur l’a fait.
67. Le 95, je repris mes travaux, en traversant la décharge très étroite, environ 35 chaînes à l'Ouest de la ligne, suivant comme de coutume les coulées des montagnes nombreuses qui sont encore entassées dans cette partie du pays, quelques fois montant, descendant quelquefois, puis de nivéau, puis des côtes latérales, passant aussi sur une variété de sol, de sable, de marne, de roches et de pierres (mais tous praticables,) et me dirigeant vers l'Est autant que la nature du pays me le permettais, je parvins à la ligne à ses 894 milles. Mes propres distances étaient de 47 milles et 32 chaînes, ayant reculé de 6 chaines, je passai sur les rives Ouest et une petite décharge d’un petit lac que M. Blaiklock a nommé je crois le Lac du Castor.
68. 24 décembre, la ligne passant par un pays extrêmement difficile, je passai à l'Est, N. 25 E., 14 chaînes en suivant une descente assez rapide entre deux rochers. Je pris alors une direction générale, N. 5 E., 27 chaînes, descendant encore une côte assez rapide, même tranchée entre deux rochers, et j'arrivai aux pieds de ce dernier bloc de montagnes et de rochers.
69. Cette dernière chaîne est séparée d’une autre en avant par un espace irrégulier de niveau, ou une sorte de plaine ; le sol est
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marécageux, bien peu d'arbres, de la petite épinette noire. Ce marais forme une sorte de vallée, de forme irrégulière, disons de 10 à 16 chaînes.
70. Continuant le tracé dans la même direction environ 14 chaînes, j'arrivai au camp de M. Blaïklock, environ 10 chaînes à l'Est de la ligne, à ses 404 milles Ma distance du point de départ, à l’endroit du pont sur la rivière Huron, étant de 48 milles et 13 chaînes. (C’est ici que finit aussi mon exploration dans cette section du pays.
71. Le 25 étant le Jour de Noël, les opérations furent suspendues: M. Blaiklock et quelques autres parcoururent une petite distance en avant pour reconnaitre le pays, et en firent un bien pauvre rapport.
77. Le 26, n'ayant plus que pour trois ou quatre jours de provisions, le parti d'exploration et d’arpentage étant alors réuni, M. Blaiklock nous ordonna d’étre prêts à partir pour le lac St. Jean pour y faire les arpentages mentionnés aux instructions, après quoi tout le parti devait revenir ici, afin de continuer l’arpentage et l'exploration.
73. Le 27 décembre toute l’expédition partit et arriva au lac St. Jean le 2 janvier, 1848 ; des accidents imprévus nous avaient empêchés, comme on se l'était d’abord proposé, de transporter nos provisions jusqu’au lac, ce qui nous empêcha de commencer nos opérations dans ce quartier que nous laïssâmes pour nous rendre à Chicoutimi, où, comme nous l’apprîmes, nos provisions avaient été envoyées par l'entremise de D. E. Price, écr., les glaces qui s'étaient formées trop à bonne heure et le manque de neige n’avaient pas permis de transporter nos effets sur le lac, que nous laissâmes le 5, et nous arrivâmes à Chicoutimi le 7 ; là nous fûmes occupés jusqu’au 12 à faire les préparatifs et les divers arrangements pour continuer nos opérations futures qui, au lieu de commencer du lac St. Jean à Chicoutimi, circonstances que le rapport de M. Blaiklock PAPAS, nous força à renverser le point de départ.
74. Le 13 janvier, 1848, M. Blaiklock partit ses opérations sur la rivière Saguenay pour le lac St. Jean, mesurant la distance
intermédiaire sur la glace, en commençant à l'embouchure de la rivière Chicoutimi.
95. Le même jour et à la même heure, et du même point de départ, je partis une ligne de compas pour le lac St. Jean dont j'ai eu l’honneur de transmettre le rapport à M. Blaiklock, le 16 mai, 1848, par ordre du département des terres de la couronne. Remarques.
Relativement à la ligne d'exploration depuis Stoneham jusqu'aux bords du lac St. Jean, je prendrai la liberté de faire remarquer que :
1. Jusqu'au 404 mille de la ligne ou environ, 48 milles et 13 chaines du chemin que j'ai traçé l’on peut, mais à des frais considérables, ouvrir un chemin praticable ; mais en ce qui regarde les établissements, je dois ajouter que, plus au Nord que les environs immédiat de la rivière Jacques Cartier, il n’est pas possible dans cette direction (beaucoup moins que vers l'Ouest) de pouvoir jamais espérer former des établissements parce que le sol est absolument stérile et le pays extrêmement difficile, brisé et montagneux.
2. D’après ce que j'ai pu observer pour le reste de la distance, entre les 404 milles sur la ligne jusque dans le voisinage du lac St. Jean, je n’ai certainement jamais vu de meilleurs endroits pour des établissements, et je ne pense pas que le trace du chemin, qui ne se trouve pas dans le voisinage d’endroits cultivés, aurait pu être raisonnablement continué.
8. J’ai verbalemént communiqué mes opinions à M. Blaiklock en le priant, s’il pensait comme moi, d'en informer le gouvernement afin de diminuer les dépenses en différant les opérations relatives au tracé du dit chemin jusqu’à ce que la ligne astronomique fut terminée ; ce monsieur a, je crois, agi en conséquence, vu que plus tard il reçut des instructions que, le 8 juillet, 1848, il me communiqua a l'effet qu’il continuât sans aucune assistance.
4. Plusieurs fois, dans le cours de mes excursions d’exploration, j'ai eu occasion de remarquer qu’à quelques milles à l’Est de notre route immédiate, la plus grande partie du pays me paraissait beaucoup plus montagneuse que les environs de la ligne en question, pendant que, dans le même temps, le pa;s à l'Ouest me paraissait dix fois pire par.rapport aux montagnes et au terrein brisé; où, d’après les apparences, je serais très surpris si
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dans cinq milles quarrés l’on pouvait trouver cent acres de terre cultivables.
5. D’après les remarques que j'ai eu occasion de faire plusieurs fois, je me suis formé dans l'opinion, que je nourris encore, qu'il n’est pas probable qu’il soit jamais ouvert un chemin de communication dans les environs de la présente ligne astronomique ; mais en même temps je prends la liberté d'exprimer mon opinion que le pays devrait être exploré du côté de l'Est, vu que je suis sous une ferme impression que cette exploration peut seule produire un rapport plus favorable, pourvu que les premiers explorateurs de cette section ne soient pas obligés de s’astreindre à une direction particulière a ant que le pays ne soit auparavant parcouru par deux ou trois personnes en état d’en faire un rapport ; après quoi un chemin pourrait être tracé, s’il était nécessaire.
J’ai l'honneur d’être, etc., etc.,
(Signé, GEO. DUBERGER.
Murray Bay, 19 avril, 1849.
Rapport sur la ligne d'exploration depuis l'angle S. O. de Stoneham jusqu'à la rive Sud du lac St. Jean.
Quésec, 9 avril, 1849.
Moxstur,—J’ai l'honneur de mettre devant vous mon rapport sur la ligne d'exploration tirée depuis l'angle $S. O. du township de Stoneham jusqu’à la rive Sud du lac St. Jean, conformément à la lettre du commissaire gérant datée le 14 du mois dernier, et je l’ai fait aussi concis que possible, afin de le soumettre au parlement provincial maintenant siégeant. Je transmettrai les plans dans quelques jours, vu qu’ils ne sont pas encore tout-à-fait terminés ; je vous enverrai immédiatement les notes d’arpentage, le journal et les comptes.
J'ai l'honneur d’être, e Monsieur, Votre obéissant serviteur,
(Signé,) F. W. BLAIKLOCK.
À l’hon. M. Prices,
Commissaire des terres de la couronne, etc., etc., etc. Montréal.
Rarrort sur une ligne d'exploration tirée depuis l'angle S, O. du touwnship de Stoneham jusqu'aux bords du lac St. Jean ; près du poste de commerce de l'honorable compagnie de la Baie d'Hudson,
à l'embouchure de la rivière Metaubetchoan.
Conformément aux instructions reçues du département des terres de la couronne, datée le 24 août, 1847, je laissai Québec le 16 septembre, accompagné de M. George Duberger comme assistant, et me suis rendu à l'angle S. O. de Stoncham, (endroit fixé comme point de départ dans mes instructions,) où, après avoir établi la latitude et les variations, la première étant 46° 59' 29” Nord, la dernière 16° 30’ Ouest, je partis une ligne dans la direction astromonique N. 15° O., que j'ai prolongée jusqu’à la rive Sud du lac St. Jean. Cette ligne est sortie à 66 chaînes à l'Ouest du poste de commerce de l'honorable compagnie de la Baie d'Hudson, et est de 104 milles, 20 chaînes et 74 chaînons en longueur.
En faisant cette exploration, mon attention s’est portée sur les objets suivants, savoir: l’ouverture d’une ligne de communication depuis les établissements en arrière de Québec jusqu'aux terres cultivables situées sur les bords du lac St. Jean, et les facilités qu’il y a de faire des établissements sur le dit chemin.
En décrivant le pays que la ligree doit traverser, je me bornerai à parler des traits principaux qu’il présente et des difficultés qu’il faudra surmonter pour étatlir une bonne ligne de communication.
Entre le point de départ et la rivière Jacques Cartier, distance de six milles et demie, rien ne s'oppose à la construction d’un bon chemin. Bien que la ligne droite passe à travers un pays considérable qui n’offre qu’un terrein difficile et rocheux, cependant en pratiquant une légère déviation le chemin peut devenir très bon. Le premier obstacle se rencontre sur la rive Nord de cette rivière qui, ici, a deux chaînes de large et coule dans une vallée profonde entre deux chaines parallèles de hauteurs considérables qui augmentent en élévation et en raideur vers le N. E. ; celle de la rive Nord courant bien loin vers le $S. O. Le lit de ce cours d’eau est bien plus bas que le niveau général du pays au-delà ; aussi pour y parvenir il faut se diriger en zig-zag
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en face de la hauteur qui est bien bouleversée et rocheuse, et qui nécessiterait des tranchées et des terrassements considérables sur le flanc de la montagne. Après avoir monté sur cette x, 1tagne, le chemin aurait à faire un détour de quelques milles vers le N. E. et passer autour d’un lac appelé lac St. Vincent ; —ici il faudrait surmonter une seconde chaîne de montagnes, et cela par un passage difficile qui demanderait aussi beaucoup de tranchées et de terrassements. Mais comme le soin d’explorer et tracer la ligne du chemin a été confié à M. George Duberger, qui n’a pas encore transmis ses rapports, je ne suis pas en état de faire rapport sur la partie qu’il a explorée, (environ 40 milles), et je me bornerai aux observations que j'ai faites en tirant la ligne droite.
Depuis la rivière Jacques Cartier jusqu’au 24e mille, le pays que traverse la ligne s'élève par une succession de montagnes anfractueuses, escarpées et rocheuses, dont les faces Sud et Sud- Est le sont tellement qu’elles sont inaccessibles en plusieurs endroits, le roc nu perçant à travers les arbres dans presque toutes les directions ; le bois est maigre et rabougris, et le sol (pour ce qu’il y en a) est de la description la plus pauvre—la ligne passe dans le 11e mille par un petit lac dont la décharge, dans l’espace d’un demi-mille, descend au moins cent pieds par des cascades et des chûtes innombrables,
Du sommet d’une montagne dans le 13e mille, j'ai pu voir les eaux du lac St. Charles, les rives du St. Laurent et les paroisses de la rive Sud du fleuve, aussi loin que ma vue pouvait atteindre.
Les rangées de montagnes qui suivent une direction Nord-Est et Sud-Ouest doivent être coupées presqu’à angles droits par la ligne du chemin; et bien qu’il y ait quelques points où ces rangées pourraient être traversées à des hauteurs moins considérables qu'ailleurs, toujours il faut atteindre à la hauteur des terres: et je pense que je dis plutôt moins que plus en disant que certaines parties des eaux des rivières Ste. Anne et Jacques Cartier (que la ligne coupe) ont une élévation de trois mille pieds au-dessus du niveau du St. Laurent ; et quelques-uns des sommets les plus élevés dans ces rangées de montagnes ont de quatre à cinq mille pieds. Les valleés ou pour mieux dire les ravines, qui se trouvent entre ces rangées, sont étroites et il y coule généralement ©
quelques petits ruisseaux ou cours d'eaux. Quelques fois elles sont parallèles avec les rangées de montagnes, d’autres fois elles les coupent directement. ŒÆElles sont aussi obstruées par des fragments de rochers à gros grains variant d’un à cent tonneaux en pesanteur, qui paraissent avoir été détachés des flancs des montagnes adjacentes et précipités dans les vallées. Au 17e mille la ligne traverse les premières eaux tributaires de la rivière Ste. Anne par un petit lac, (le lac au Canard) ; elle traverse aussi un grand ruisseau au 18e mille. À environ deux milles à l'Ouest du 20e mille se trouve la rivière Tourile, une des branches principales de la rivière Ste, Anne ; ici elle fait presque un détour rectangulaire et coule dans une direction Sud-Ouest pendant qu’elle vient du Nord-Ouest au détour. Sur la rive Ouest de la rivière est la grande montagne Tourile, qui élève sa tête gigantesque de mille à quinze cents pieds au-dessus du niveau du cours d’eau qui se trouve à sa base et est absolument inaccessible des côtés Sud et Est. Les rochers et les rocs qui sont suspendus audessus de la rivière à des centaines de pieds de hauteur présentent un coup-d’œil remarquablement grand. Pendant plusieurs milles en descendant comme en montant ce ruisseau, les montagnes sont excessivement escarpées et rocheuses —\ans plusieurs endroits elles sont tout-à-fait inaccessibles. Du soumet des montagnes, au 21e mille, on a, pour plusieurs milles au Sud et à l'Ouest, une étendue de pays qui paraît extrémement brisé et montagneux—ce sont des pics qui s'élèvent derrière des pics, des montagnes derrière des montagnes jusqu’à ce que, se confondant ensemble, elle forment une rangée continue dans un horizon éloigné. La rivière Tourile coule parallèle à la ligne pendant environ quatre milles, puis elle fait un détour et vient du N. O. à travers une tranchée profonde dans les montagnes. La ligne ne coupe aucune des grandes branches de la rivière Ste. Anne, mais simplement les tributaires les moins considérables.
Du 18 au 24e mille le pays est extrêmement brisé et bouleversé, et présente de hautes rangées de montagnes qui s'élèvent à angles de 30° à 40° avec des fragments perpendiculaires de rochers couverts ça et là de mousse ; les vallées, comme il a déjà été dit, sont couvertes de fragments de rochers qui paraissent avoir été détachés par l'effet de la glace et précipités dans l’abime qui
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s'ouvre au-dessous, en laissant des traces sur les flancs de la montagne où ils ont renversé les arbres devant eux.
Le 24e mille me parait être environ à la hauteur des terres, où à l'endroit le plus élevé dans la rangée des montagnes qui courent toutes vers le N. E. et le S. O.; mais le terrein en est tellement brisé que le pays présente une succession infinie de hauteurs à sommets arrondis et plus ou moins escarpées dans toutes les directions, Dans toute cette partie du pays que je viens de mentionner, je ne pense pas qu'il y ait des terres qui soient propres à l’agriculture au nord du 10e mille, au moins à 6 milles de chaque côté de la ligne.
Le bois est de la description la plus pauvre, (du sapin, épinette noire et du bouleau blanc,) et le sol est de la qualité la plus inférieure, (du sable et du gravois,) très compact avec douze à dix-huit pouces de tourbe et de mousse ; le terrein est tellement pierreux et rocheux que c’est avec la plus grande difficulté que j'ai pu planter mes baguettes (bien que le bout en soit d’acier) pour m'aider à tirer la ligne. Le bois est aussi très maigre et rabougris, et pousse si serré que les branches sont mélées les unes avec les autres et c’est avec beaucoup de difficultés que l’on a pu se frayer un passage. Le rocher est si près de la surface et les arbres y tiennent si peu, que les gros vents qui règnent dans ces montagnes, dans le printemps et dans l’automne, en renverse des étendus de plusieurs acres ; et ces renversis sont si nombreux que parfois j'ai été obligé de marcher plusieurs centaines de verges sans pouvoir toucher à la terre ; ceci, joint aux difficultés déjà mentionnées, fait que le pays est non seulement difficile mais encore dangereux à traverser.
Il serait très difficile de construire un chemin passable dans cette section du pays, par rapport à la nature montagneuse et inégale du terrein, et au sol pierreux et rocheux qu’il faudrait traverser.
Du 24e au 38e mille, le pays est comparativement de niveau ; c'est un plateau élevé, qui a ses côteaux, ses marais et ses savannes, légèrement incliné vers l'Ouest avec les eaux qui coulent dans le Tourile. Quoique ces côteaux soient peu élevés, il en est cependant qui sont escarpés ; le roc est presqu’à la surface du sol et perce au sommet ; le sol qui le couvre est mince et
composé de gros sable et de gravois avec beaucoup de pierres à la surface, le tout couvert d’une couche épaisse de mousse ; dans les savannes l’on voit une tourbe et une mousse noire d’un pied et demie à deux pieds d'épaisseur ; le bois est de l’épinette noire, du sapin et du bouleau blanc, mais d’une crue très petite et rabougrie.
Du sommet d’une élévation, dans le 33e mille, on peut voir le pays pour dix milles à la ronde ; il parait brisé par des montagnes qui sont comme des vagues (particulièrement dans j: N. O. et le N. E.,) courtes et détachées, avec des rochers qui percent au sommet, le bois est noir et rabougris, et le sol maigre, couvert de pierres et de sable ; les arbres sont aussi renversés en grand nombre.
Depuis le 38e mille le pays est coupé par de profondes ravines et des côteaux de rochers escarpés. Dans le 38e mille, la ligne traverse un lac long et étroit dont les eaux se déchargent au S. S. E. ; il a quatre milles de long sur environ + de large et forme la source des eaux de la branche Nord-Ouest de la rivière Jacques Cartier, 2: lac reçoit ses eaux à plusieurs mil!ss à la ronde. A environ deux milles à l’Ouest de la tête de ce lac, on rencontre le Metaubetcaoan, grande rivière qui se décharge dans le lac St. Jean. Au 39e mille, la ligne traverse les premières eaux tributaires du Metaubetchoan, et le terrein penche vers l'Ouest. Au 45e mille la ligne traverse un endroit très élevé dans la rangée des montagnes, et offre un point de vue étendu au Sud et au Sud-Ouest du pays qui est brisé, rocheux et stérile, comme on l’a déjà décrit; sur un autre point élevé je pouvais voir de l’autre côté de la vallée du Metaubetchoan, au Nord-Ouest, à une distance de 20 milles ; à l'Ouest de la rivière le pays ne paraissait pas aussi brisé, les montagnes s’élevaient les unes audessus des autres jusqu’à ce qu’elle se perdissent dans la distance ; d’après leur apparence, j'oserais dire que la terre était de beaucoup meilleure qu'aucune partie de celle sur la ligne qu’on eut encore passé. Au Sud-Est et au Nord-Est, aussi loin que la vue peut s'étendre, on voit encore les mêmes côteaux tristes et stériles; ce point paraît être à la plus grande hauteur des terres dans la seconde chaîne de montagnes, et le terrein s’abaisse graduellement au Nord et au Nord-Est. Du 23e mille au 45e mille,
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le pays semblerait avoir la même élévation générale, et quoique bien coupé et brisé par des montagnes et des côteaux, il est le bassin dans lequel les rivières Ste. Anne, Jacques Cartier, Batiscan, Metaubetchoan et Espicabaw prennent leurs suurces ; il est si pauvre et si stérile que je ne crois pas que les terres soient bonnes à aucune chose quelconque.
Du sommet d’un côteau dans le 54e mille, je pouvais voir bien loin dans une direction Sud ; le pays conserve le même caractère stérile et montagneux avec des rocs et des rochers dans toutes les directions ; le sol est de la plus pauvre description, et le bois est rabougris et petit—(sapin, épinette noire et bouleau blanc.) Je pus aussi appercevoir un grand Brüûlé au Sud-Est et au Nord-Est, aux environs des sources de l’Upicabaw ou rivière à l’Ecorce.
Ici les montagnes prennent de nouveau une forme continue ; quand elles ne suivent point la direction de quelques grands cours d’eau elles prennent une direction Nord-Est et Sud-Ouest; mais elles sont tellement coupées par les ravines et les petits ruisseaux qui descendent de leurs flancs que le pays parait être absolument bouleversé. Un trait particulier de ces montagnes, c’est qu’elles s'élèvent par une suite de montées presque perpendiculaires et sont toujours plus escarpées au Sud et au Sud-Est qu’au Nord et Nord-Ouest. Depuis le 39e mille, toutes les eaux coulent vers au l'Ouest et s'unissent à celles du Metaubetchoan.
Au 56e mille la ligne coupe une branche considérable de la rivière Upecabaw, et la coupe de nouveau au 58e mille. Ce cours d’eau vient du Sud-Est et est bordé de hautes rangées de montagnes rocheuses. Mais après avoir coupé de nouveau la ligne il continue sa course tortueuse à travers une grande savanne plate, dans une direction Nord, et unissant ses eaux à celles d’une autre grande branche qui vient aussi du Sud-Est, il suit cette direction pendant plusieurs milles lorsqu'il tourne à peu près vers le Nord-Est ; et après avoir couru dans cette direction pendant plus de trente milles entre des montagnes élevées et irrégulières, il décharge ses eaux au milieu du lac Kauogami.
Au 55} milles la ligne entre dans un grand Brûlé où le bois a tout été détruit par le feu et se trouve aujourd’hui remplacé par
une seconde crue de cerisiers, de saules, de peupliers, de bouleaux blancs et de broussailles. La matière végétale a été consumée par le feu, et il ne reste plus qu’une couche légère de sable et de gravois qui couvre les rochers ; dans quelques endroits ce n’est qu'une mousse légère. Ce Brüûlé s'étend à une grande distance au Sud-Ouest et au Nord-Ouest et varie de douze à vingt milles en largeur.
À l'Ouest de la ligne, à environ deux milles du 58e pôteau de mille, se trouve un lac qui est la source de la branche Sud-Est de la rivière Metasquiac, un des plus grands tributaires du Metaubetchoan. Cette rivière coule dans une vallée profonde, direction O. S. O., et est bordée par deux rangées de montagnes hautes, escarpées et rocheuses ; elle est rejointe à quelques milles de sa source par une autre grande branche qui vient du N. E. Jl y a un nombre de grands et petits lacs sur ce cours d’eau auprès de quelques-uns desquels la ligne passe. Ces deux branches sont navigables pour de petits canots.
Du 58e mille au 68e le pays continue à être brisé et coupé, les montagnes s’abaissent graduellement et se détachent à mesure que vous avancez vers le Nord. Au Ge mille, j'envoyai mon assistant avec un parti d'hommes pour àvoir des provisions à l’un des dépôts sur le Metaubetchoan, , jui se trouve éloigné ici de douze milles); faisant ainsi vers l'Ouest une section transversale du pays. Sur sa route, il ne vit pas moins de treize petits et grands lacs, tous tributaires de la branche Nord-Est du Metasquiac ; tout le pays était brûlé à un demi-mille de la rivière et n'était pas aussi brisé ni aussi montagneux que jusqu'ici.
J'ai aussi fait une autre exploration transversale à partir du 68e mille pour rencontrer mon canot voyageur sur la rivière qui était aussi éloignée d’environ douze milles. Cette ligne a traversé plusieurs lacs, et le terrein était beaucoup moins brisé, plus ondulé de côteaux, mais le sol est de la plus pauvre description.
Du 68e au 7e mille, la ligne traverse une étendue de terres plus unies. Les côteaux sont bas et ondulés, les vallées qui les séparent sont larges et sont généralement des savannes et marais à épinette. C’est le bassin où la branche Nord-Est du Metasquiac prend sa source, ainsi que le Kishpahagan et quelques-uns des tri-
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butaires du Upicabaw. La ligne traverse la branche principale du Kishpahagan au 75e mille, laquelle branche prend sa source dans un grand lac situé entre la ligne et la rivière Metaubetchoan.
Depuis le 77e mille, la ligne passe le long d’une rangée de montagnes difficiles et brisées pendant environ quatre milles. C’est dans ces montagnes que la rivière Kishpahaganish prend sa source ; elle coule dans une direction Nord-Est. A l'Ouest de cette rangée il y a un grand lac dont les eaux coulent dans le Metaubetchoan.
Du sommet de cette rangée de montagnes j'ai eu plusieurs points de vue étendue de pays à l'Ouest, au Nord et à l'Est. A l'Ouest et au Nord-Ouest ce sont des côteaux couverts de bois sombres, avec ça et là des quantités de bouleaux blancs près de leurs sommets, et une rangée de côteaux peu élevés sur les bords de la rivière Metaubetchoan. A l'Est et au Nord-Est apparaissent des côteaux ondulés peu élevés avec une étendue considérable de terrein marécageux, couvert d’un bois sombre, (épinette, sapin, bouleau blanc, et de la mélèse.) Je pouvais voir les vallées du Kishpahagan et Kishpahaganish courant dans une direction Nord-Est. Depuis cet endroit, le pays s’abaisse rapidement vers le Nord et le Nord-Est. Depuis le 83e mille le terrein descend très rapidement pour deux milles dans les bas-fonds qui bordent la rivière Metaubetchoan, qui s’approcheici très près de la ligneet la suit jusqu’au 87e mille. Cette rivière tourne alors vers le Nord- Ouest et la ligne monte de nouveau un côteau élevé et escarpé. Près de l'extrémité du 85e mille, la ligne est coupée par un ruisseau de 66 pieds de large, d’une eau morte et profonde qui est la décharge d’un grand lac situé à l'Est de la ligne ; ce lac a environ 5 milles de long et entre 14 à ? milles de large, et est presque situé Nord et Sud.
Le pays s’améliore sensiblement dans cette dernière section ; le bois est plus grand et plus gros et plus varié. Outre le bois le plus commun déjà mentionné, on y trouve le bouleau noir, le peuplier, le mélèze et la plaine avec des broussailles de bois dur; le sol est aussi d’une nature plus propre à la cultur.
Depuis le 94e mille jusqu’à près de l'extrémité de la ligne, le pays est très brisé, difficile et rocheux, et s’abaisse rapidement
vers le lac. Quelques-unes des montagnes sont tout-à-fait inaccessibles, particulièrement dans les trois derniers milles dans lesquels la ligne coupe trois fois le Metaubetchoan. Les rives sont ici formées par des bancs de rochers qui varient de un à trois cents pieds de hauteur et les eaux en sont précipitées dans le lac St. Jean, au-dessous par une succession de chutes et de cascades qui se fraient un chemin dans cette gorge étroite de la chaîne de montagnes.
H y a dans cette section quelques endroits où le sol est bon bien qu’il soit très coupé par des côteaux et des monticules. Le bois est gros, élevé 2t d’une bonne description, le bouleau blanc, le bouleau noir, le sapin, le peuplier, le pin rouge et blanc et des mélèzes avec quelques cèdres et érables. Où le sol n’est pas trop pierreux et trop rocheux, ik est composé d’une bonne marne sèche. H pourrait y avoir quelques centaines de billots de sciage de pin rouge et blanc à quelques milles du lac.
Le Metauhetehoan qui se décharge dans le lac St. Jean est une grande rivière d’au moins quatre-vingt-dix milles en longueur, et large d’environ quatre-vingt verges pour soixante milles ; elle prend sa source entre les rivières Ste. Anne et Batiscan, et coule dans une direction N. N. O. Elle passe par sept ou huit lacs assez considérables et par autant de chutes et de mauvais rapides. Elle est navigable pour les canots dans toute sa longueur jusqu’à sa source. Les bords de cette rivière offrent bien peu d’endroits où l’on pourrait faire quelques bonnes fermes, mais, généralement parlant, la terre est d’une qualité inférieure.
En faisant une revue générale de toute la ligne du pays parcouru comme moyens de communication avee le lac Saint Jean, je suis d'opinion qu’elle est décidément défavorable. La nature montagneuse du terrein fait qu’il est trés douteux que l’on puisse trouver un chemin praticable, au moins à une distance limitée de la ligne d’exploration. L’extrême stérilité du sol et la nature rigoureuse du climat à une aussi grande élévation rend le pays inhabitable pour au moins 70 milles, et les personnes que l’on y placeraït pour Pavantage des voyageurs ou les gardiens dès maisons de postes devraient être maintenues pendant quelques années au moins aux frais publics, ainsi qu’on le fait aux portages de Temiscouata et de Ristigouche. Le
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En offrant ces remarques je ne veux pas dire que l’on ne pour: rait pas trouver une ligne de communicaticu à travers le pays qui se trouve au Nord de Québec, mais il faudrait que cette ligne fut dans une autre direction que celle que mes instructions me prescrivaient de suivre.
Il y a bien peu de terres cultivables sur la rive Sud du lac à l'Ouest du Metaubetchoan, et cela seulement à l'embouchure de quelques rivières où lon pourrait peut-être faire douze à quinze fermes. La raison est qu’il y a une rangée de montagnes qui est la continuation de celles qui bordent le Saguenay, et, à quelques milles plus bas que la Baie des Ha! Ha! elles prennent une direction Nord-Ouest, et, passant tout près des rives Sud du lac Kauogami, elles sortent des rives du lac St. Jean à qnelques milles à l'Ouest du Metaubetchoan ; à l'Ouest de cette rangée, je ne conçois pas qu’il y ait aucune étendue de terres c'Itivables, mais à l'Est et jusqu’au Saguenay et sur les bords du lac, la terre est de la plus belle qualité ; elle est généralement de niveau et couverte d’une crue magnifique du plus beau bois, le bouleau noir, le sapin, le peuplier, le bouleau blanc, l’érable blanche, le frêne et l’orme, avec une grande quantité de pins blancs et rouges ; le sol est composé d’un fonds de terre forte avec douze à dix-huit pouces d’un riche terreau noir et de marne, et susceptible de la plus belle culture ; ce pays est arrosé par un grand nombre de lacs et de rivières, et l’on y trouve plusieurs places de moulins magnifiques dans des endroits très avantageux ; dans le fait, cette étendue de terre possède tous les avantages nécessaires pour former l’un des établissements les plus riches et les plus étendus du district du Saguenay.
Avant de terminer ce rapport je suggérerai qu’il est bien possible, qu’en explorant à quelque distance à l’Est de la ligne actuelle, on pourrait éviter une grande partie du pays brisé et montagneux qu’il m’a fallu traverser ; car, d’après des informations que j'ai récemment eues des chasseurs sauvages et autres personnes, j'ai appris qu’en suivant une passe qui se trouve dans la chaîne de montagnes situées entre la rivière Jacques Cartier et Montmorency et qui courent à mi-chemin entre ces rivières dans uue direction Nord, l’on peut parvenir au plateau situé entre le lac des Neiges et le lac Jacques Cartier, et cela par une
montée graduelle sans rencontrer des montagnes bien escarpées. Une fois arrivé au sommet, on rencontre une étendue considérable de pays considérablement uni; alors la direction serait parallèle à la ligne, et après avoir traversé le Upecabaw à quelques milles de sa source, on rentre dans la vallée Kishpahagan, sur la Belle Rivière, en suivant de là le cours d’eau jusqu’à sa jonction avec la décharge du lac Kanogamishish. Ce serait à peu près le point central de l'établissement projeté ; et de cet endroit l’on pourrait tracer un chemin vers aucun point des rives du lac St. Jean que l’on voudrait.
Cette route, si on la trouvait praticable, serait une route plus directe qu'aucune de celles qui ont été récemment explorées pour parvenir au centre des terres cultivables.
(Signé,) F. W. BLAIKLOCK.
Arpenteur-provincial.
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(Copie.)
Issreucrions données à F. W. BLaikcocx, arpenteur-provincial, pour tirer une ligne de la nature d’une ligne d'exploration, depuis l'angle Sud-Ouest du township de Sioneham jusqu'au lac St. Jean, à ou auprès de l'embouchure de la rivière Metaubetchoan, dans le comté de Saguenay.
Monsieur, —L’exploration du pays situé en arrière de Québec, dans une ligne droite jusqu’au lac St. Jean, ayant été demandée par des adresses et autorisée par un rapport du conseil approuvé, daté le 19 juillet dernier, je vous ai nommé comme l’arpenteur chargé de faire la dite exploration. Vous êtes en conséquence prié de vous conformer aux instructions suivantes qui devront vous diriger dans l'exécution de la dite exploration.
L’extrémité Sud de la ligne d'exploration ayant été fixée à l'angle Sud du township de Stoneham qui par inférence doit être à peu près dans la latitude 47° et dans la longitude 71° 27’ Ouest et l’extrémité Nord ayant été fixée suivant la carte actuelle de la rivière du Saguenay, à l’ancien poste de commerce situé à l'embouchure de la rivière Metaubetchoan, sur la rive Sud du lac St. Jean, étant dans la latitude 48° 26’ Nord et longitude 72 Ouest ; dans la direction astronomique Nord 15° Ouest, (retranchant les minutes) à la distance de 101 milles à peu près. .
En conséquence, vous vous rendrez au dit point de départ avec un parti suffisant d’arpentage et d'exploration, accompagné par M. Duberger, comme explorateur, ainsi qu’il est ci-après pourvu : vous en déterminerez par des observations astronomiques, la latitude avec autant de précision que vos instruments pourront le permettre, ainsi que les variations de l'aiguille magnétique, tous les calculs devant être dûment entrés en détail dans votre journal ; et là, ayant planté un pôteau de cèdre équari, lequel n’aura pas moins de 6 pouces quarrés et sur lequel vous écrirez la latitude et la variation, vous prendrez de là la dite direction astronomique Nord 15° Ouest, et vous la prolongerai en ligne droite jusqu’au
point d’intersection avec les bords du lac St. Jean qui sera, comme on s’y attend, auprès de l’ancien poste de commerce de Ia station des Jésuites, comme susdit.
Comme cette ligne d'exploration doit être tirée avec beaucoup de seins et de précision, au moyens de piquets ou du théodolite, vous abatterez les arbres grands ou petits, et ouvrirez votre ligne d’une manière convenable, en plaquant les arbres dans la direction de la dite ligne seulement ; vos mesures devront être prises avec soin, et à cette fin votre chaîne devra être convenablement examinée tous les jours. A chaque mille vous planterez un piquet, numéroté du Sud au Nord, et vous continuerez ainsi, en rétablissant quelques fois votre direction par des observations astronomiques ; vous en entrererez les données ainsi que tous vos calculs dans votre journal, jusqu’à ce que vous touchiez au lac St. Jean, à ou auprès de l'embouchure Metaubetchoan.
Comme l’exploration actuelle d’une étendue si considérable de pays dans une seulé direction offre un champs aux informations géologiques, vous recueillerez et transmettrez de petits échancillons (disons d’un pouce à un pouce et demie ou plus suivant la facilité que les communications par eau offriront de les transporter aux établissements) des rochers fixes que vous rencontrerez sur votre ligne, attachant un numéro à chacun, ct l’enveloppant dans de l'écorce de bouleau ou du cèdre ou toute autre substance convenable que vous pourrez vous procurer sur les lieux, en indiquant dans vos notes d’arpentage la localité exacte de chaque échantillon, aussi la profondeur et l'épaisseur du roc, s’il est stratifié. Vous ne devez pas cependant permettre que cela retarde d’une manière considérable le progrès de votre arpentage.
Les devoirs de l'assistant seront d'explorer le terrein de chaque côté de la ligne d'exploration jusqu’à la distance d'environ 5 ou 6 milles, pour tracer, soit sur la ligne soit en dehors, la ligne la plus favorable pour un chemin ; la distance à laquelle sera la ligne d’exploration, à l’Est ou à l'Ouest, devant être constatée par des perpendiculaires mesurée à chaque © ou 3 milles au Nord du point de départ le plus rapproché de la dite ligne de chemin, suivant que les circonstance du cas et la nature du terrein pouront l’exiger ; plaquer la dite ligne d’une manière
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apparente ; désigner et marquer les endroits particuliers dans chaque mille ou à peu près qui lui paraïitront le plus propre à y former un établissement pour l'entretien du chemin, si l’on trouvait à propos d'en former un; monter et descendre les rivières que coupera la ligne d'exploration et qui lui paraîtront offrir des terres propres à des étabiissements et pour telle distance qui lui paraîtra convenir au parti principal. Le dit assistant aura un compas de main et estimera ses distances par le temps ou autrement, et fera l’esquisse de ses traverses d’exploration à votre ligne, laquelle vous réduirez à une échelle approximative.
Vous rechercherez aussi les traces de l’ancien chemin français, qui, dans toute probabilité, se trouvent dans la direction de la ligne projetée.
Etant arrivé au poste sur le lac St. Jean et après avoir pris le repos nécessaire, et y avoir pris de nouvelles provisions, ous partagerez l'expédition en deux partis pour vous en revenir, vous mêmes avec un parti de quatre hommes, avec un canot et deux hommes, pour arpenter la grande décharge, commençant par arpenter la rive Est du lac St. Jean, jusqu’au chenal Nord de la Grande Décharge, et après avoir fait le relevé de la Grande Isle, mesuré la Grande Décharge jusqu’à l'embouchure de la rivière Chicoutimi, où vous attendrez le parti de l'exploration du chemin. L'assistant, avec les autres hommes, du poste de Metaubetchoan prendra une direction vrai Est et explorera le pays par une ligne de chemin jusqu’à ce qu’il arrive à la rivière de Chicoutimi, ce qui sera près du poste de Chicoutimi, en plantant des pôteaux de mille pour guider les personnes qui plus tard pourront être employées à ouvrir le dit chemin de communication. Les partis y termineront leurs opérations et reviendront à Québec pour préparer leurs procès verbaux d’arpentage.
Dans cei arpentage, vous tiendrez compte dans vos notes d’arpentage, d’abord des rivières, des lacs, des côteaux, etc., que vous traverserez—de la direction des montagnes, qu’elles se présentent en chaines continues ou en groupes isolés; vous prendrez note des vallées, coulées et traits généraux du pays; de la qualité du sol et du bois, et si ce dernier est gros et élevé ; des cours d’eau coupés, et de quelle rivière ils sont tributaires ;
de la largeur, du courant et de la profondeur de ces cours d’eau, et s’ils sont propres à la navigation des canots, etc. ; de l'apparence des terres et du bois sur les rives et autour des lacs que vous pourrez traverser ; si les lacs sont considérables constatez-en l'étendue par des intersections et la configuration des bords par des esquisses: et finalement donnez dans vos remarques toutes les informations que vous croirez pouvoir être de nature à donner une connaissance exacte du pays que vous aurez à traverser.
De toutes ces opérations vous transmettrez à ce bureau un rapport complet et détaillé, embrassant toutes les informations générales que vous aurez recueillies dans le cours de l’arpentage, mentionnant les facilités que la ligne tracée offre pour des établissements, désignant aussi ou suggérant l'endroit où le chemin peut être ouvert avec le plus d'avantages, et faisant connaître l’état dans lequel se trouve le bois, s’il paraît en avoir beaucoup été coupé ou les endroits où l’on en a beaucoup coupé, et toutes les informations ou suggestions que vous pourrez croire utiles au gouvernement.
Le rapport sera accompagné d’un plan sur une échelle de 40 chaines au pouce, indiquant en même temps la ligne d’exploration et la ligne du tracé. La section de la Grande Décharge et la ligne tirée vers l'Est pourront être esquissées sur une feui}” > à part, et vous y marquerez les pôteaux de milles, tels qu’exigés, avec leurs numéros,—ainsi que les côteaux, les rivières, les lacs, les marais et les établissements traversés, les noms des cultivateurs et le nombre d’arpents défrichés, donnant le nom des rivières ou des lacs que ce soit en langue française ou sauvage.
Pour le temps que vous serez employé à ce service, il vous sera alloué 20s. par jour et 1s. 6d. pour rations ; otre parti d’arpeutage sera composé de dix personnes, outre vous-même et l’explorateur, (et un guide pour vous accompagner) agissant sous vos ordres ; sur ce nombre deux tout au plus pourront être employés au service de l'exploration. Il sera alloré à l’assistant 10s. par jour et 1s. 6d. pour des rations. À votre principal porte-chaîne, 5s. par jour. Aux bûcherons 8s. et aux journaliers ?s. 6d. par jour chaque—avec une allouance journalière de 1s. 6d. pour rations, et il leur sera alloué un temps raisonnable pour se rendre aux champs d'opérations et pour en revenir.
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Votre salaire et vos allouances vous seront continués pendant que vous serez occupé à faire votre procès-verbal et les comptes pour ce bureau. Vos comptes et votre liste de paiement seront en double et accompagnés de pièces justificatives ; le tout devant être examiné avec soin «* xactitude par ce bureau, conformément aux règlements contenus dans le rapport approuvé du conseil, daté le 11 avril, 1840, resté de records dans ce bureau. Vos notes d’arpentage, vos comptes et vos listes de paiements devront être dûment attestés.
Et il est bien entendu qu'il ne sera fait aucune avance ou paiement pour le service susdit avant que tous les travaux soient terminés et les comptes fermés.
Donné sous mon seing, au bureau des terres de la couronne, à Montréal, ce 7 août, 1847.
(Signé) D. B. PAPINEAU, Commissaire des terres de la couronne.
(Signé) J. Boucuerre.
Copié et comparé avec le livre des instructions des arpenteurs, 3 juillet, 1850. PE
Certifié vrai copie,
E. T, FLercuer.
DÉPARTEMENT DES TERRES DE LA COURONNE, Toronto, 13 juillet, 1850.
Moxsœur,—-En vous transmettant en vertu d’une adresse de l’assemblée législative transmise à ce département par ordre, le 28 du mois dernier—les rapports ci-joints de M. Blaiklock et son assistant M. Duberger sur l'exploration qu’ils ont faites de cette partie du pays qui se trouve situé en arrière de Québec, en droite ligne avec le lac St. Jean, et de là jusqu’à Chicoutimi, conformément aux instructions de ce bureau, dont copie est aussi transmise—j'ai l'honneur de soumettre à son excellence le gouverneur-général (relativement à ces opérations) quelques remarques qui résumeront les informations précieuses sous le point de vue géographique et physique qui ont été recueillies en parcourant
cette partie considérable de la province. Le résultat de l'examen du pays peut avoir manqué jusqu’à un certain point par rapport au but que l’on avait en vue d’obtenir en dirigeant ces opérations vers le lac St. Jean, tel qu’exprimé dans l’adresse de l’assemblée législative, datée le 16 juin, 1847, priant son excellence de prendre en considération s’il est e::pédient de faire explorer cette partie du pays situé en arrière de Québec, dans une ligne droite jusqu’au lac St. Jean de manière à constater si dans cette localité le sol est propre à l’agriculture et s’il a une valeur suffisante pour justifier le tracé, et plus tard l’ouverture d’un chemin entre ces deux localités; mais elle est encore assez importante pour être du plus haut intérêt pour le gouvernement et pour le pays.
Avant que le territoire du Saguenay fut exploré en vertu d’un acte de la législature du Bas-Canada en 1828—on connaissait bien peu de chose du pays qu’arrose le Saguenay ou ses nombreux tributaires, si ce n’est ce qu’on avait appris des personnes qui faisaient le commerce avec les tribus sauvages qui habitaient cette partie du pays communément appelée les Postes du Roi—quoique Charlevoix, Champlain et d’autres historiens nous aïent donné des descriptions des premières découvertes et explorations faites dans ie pays sous le gouvernement français et du temps des établissements de missionnaires par le ci-devant ordre des jésuites dans le Saguenay et le lac St. Jean.
Parmi les informations obtenues le plus récemment sur le territoire du Saguenay on peut mentionner celles qui ont été fournies par feu Paschal Taché, écuyer, et le Dr. DeSalles LaTerrière dont les renseignements précieux ont puissamment contribué à la passation de la loi et à l'appropriation votée pour l'exploration de cette partie importante de la province sous des cominissaires, dont le rapport avec ceux des arpenteurs employés à ce service, joints à l'exploration géographique faite par le lieutenant Baddeley, ingénieurs royaux, tels que publiés par la législature, — ont développé à un point vraiment satisfaisant les ressources agricoles, commerciales et minérales du pays exploré, plus particulièrement sur les rivières navigables et quelques fois dans les profondeurs des localités qui furent visitées par les divers partis d’explorateurs engagés sous les commissaires.
On obtint pareillement une description assez correcte du pays
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exploré, des opérations combinées des arpenteurs employés par les commissaires, depuis Tadoussac jusqu’à la tête des eaux navigables du Saguenay, à environ 13 ou 15 milles de Chicoutimi, et des communications intérieures et par eau par la rivière Chicoutimi, le lac Kenogami et la Belle Rivière jusqu’au lac St. Jean, et du lac et de quelques-unes de ses principales baies jusqu'au 49e degré de latitude, à part l'exploration des cours d’eau inférieurs et de l’arpentage et de l'exploration depuis Trois- Rivières par le St. Maurice, ses lacs et la rivière Ouiatchouan jusqu’au lac St. Jean. Une partie de ces explorations, savoir, l'exploration de la rivière du Saguenay, depuis son embouchure à Tadoussac, sur le St. Laurent jusqu’au point où s'arrête la marée montante au-dessus de Chicoutimi, ayant été vérifiée et constatée avec exactitude par le relevé hydrographique du capitaine Bayfield, de la marine royale, —la vraie position géographique de ces localités se trouvant ainsi vérifiée, restait encore à vérifier la position relative entre Chicoutimi et le lac St. Jean, sans cela il n: fallait pas songer à établir des townships d’une manière satisfaisante dans le pays intermédiaire.
En cherchant à tracer cette ligne droite de la manière la plus avantageuse pour le service public, (bien que ce ne fut qu’une opération d’exploration,) depuis les derrières de Québec jusqu’au lac St. Jean, le gouvernement a cru que c'était une occasion favorable, (outre qu’il en fallait nécessairement constater l’exactitude de l’arpentage dans les champs) de relier par un arpentage et un mesurage régulier l'extrémité Nord de cette ligne droite aux opérations du capitaine Bayfield, terminées au point de la marée montante sur le Saguenay.
Ainsi donc, comme l’on avait trouvé expédient de prolonger l’arpentage du lac St. Jean, ce projet fut autorisé par un rapport approuvé du conseil daté le 9 juillet, 1849—ordonnant l’arpentage de la rive Est du lac St. Jean et le mesurage de la Grande Décharge jusqu’à Chicoutimi, en même temps qus l'exploration d’un chemin en ligne droite à travers la péninsule de Chicoutimi jusqu'à l'embouchure de la rivière de ce nom sur le Saguenay.
M. W. F. Blaiklock, auquel fut confiée l’exploration de cette ligne jusqu’au lac St. Jean, reçut instruction de partir la ligne d'exploration à l’angle Sud du township de Stoneham, considéré
comme le point de départ le plus favorable. La distance de ce point à Québec était connue par un mesurage régulier, outre que cet endroit se trouvait dans le voisinage immédiat des établissements florissants des environs du lac St. Charles et des grandes routes qui mènent à Québec ; de là de tirer la ligne droite dans une direction astronomique Nord 15 dégrés Ouest (calculée d’après les opérations de 1828) de toucher au lac St, Jean à ou auprès de l'embouchure de la rivière Metaubetchoan, mesurer de là les rives Est du lac St. Jean et le cours de la Grande Dé. charge ou de la rivière du Saguenay à Chicoutimi.
M. George Duberger fut joint à M. Blaiklock comme assistant : il devait explorer le pays à la distance de 5 ou 6 milles de chaque côté de la ligne dans le but de choisir l’endroit le plus favorable pour le chemin mentionné dans l'adresse ; et conjointement avec les opérations de M. Blaiklock d'explorer le pays dans une ligne droite à l'Est depuis l'embouchure de la rivière Metauhetchoan, pour la construction d’un chemin à travers la péninsule jusqu’à Chicoutimi.
MM. Blaiklock et Duberger ayant fait l’arpentage et les explorations prescrites par les instructions d’une manière vraiment satisfaisante et scientifique, on pourra mieux apprécier les résultats de cet important service en lisant le rapport de ces messieurs. Le premier pour tout l’arpentage et une partie des explorations, et le dernier pour son exploration et relevé d’une ligne de chemin de Chicoutimi au lac St, Jean, et son exploration depuis le point de départ jusqu’au 40e pôteau de mille où l’on s’apperçut qu’il était inutile de chercher plus longtemps une: ligne de chemin à travers un pays qui n’est nullement, propre à l’agri ture, et. brisé par des chaines de montagnes. escarpées, tandis que. cette exploration entraïnait des dépenses considérables sans: avantage important pour:le: service publie,
En examinant les opérations faites par MM. Blaikloek et Du berger, telles qu’elles sont indiquées dans les plans de M. Blaik. lock qui accompagnent ce rapport, il paraîtrait que; bien que l’on puisse tracer jusqu'à la rivière Jacques Cartier et: probablement. quelque: peu au-delà. une bonne: ligte de chémin: en: continuation du. chemin: actuel, auprès du point. de dépanti à: Stoncham; cepandant la, nature escarpée.et montigaeute. dt pays pendant
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plusieurs milles à l'Est ou à l'Ouest de la ligne d'exploration, fait qu'il est impossible de tracer ou même d'ouvrir un chemin d’aucune espèce, pendant que le sol, à cause de sa nature pierreuse n'est nullement propre à la culture, sauf quelques lisières de terreins isolées dans le voisinage des rivières qu’ils ont traversées dans leurs explorations respectives.
Bien que l'exploration du pays depuis Stoneham jusqu'au lac St, Jean, en coupant d’une manière transversale les rangées de montagnes qui se dirigent Nord-Est et Sud-Ouest, n'a pas eu de résultats favorables du moins en, ce qui a rapport à la recherche des terres cultivables propres à des établissements, M. Blaiklock, dans le relevé du lac St. Jean et de lu Grande Décharge et des
. isles nombreuses situées à la décharge du lac, rapporte que les
terres sur les deux bords de la rivière sont d’une excellente: qualité et tout-à-fait propres à des établissements ;. pendant que M. Duberger fait un rapport également favorable des terres qui sont situées sur les bords de la Belle Rivière et dans tout le pays généralement qui forme la péninsule de Chicoutimi.
Relativement à, l'impossibilité d'ouvrir un chemin de communication sur ou dans les environs de la ligne d'exploration depuis les derrières de Québec jusqu’au lac St. Jean, M. Blaïiklock fait rapport que, d’après les informations qu’il a recueillies, il est probable que l’on pourrait trouver une ligne de chemin plus à l'Est, en suivant le pays qui se trouve entre les rivières de Jacques Cartier et Montmoreney jusqu’à la hauteur des terres, et de là la source des rivières Upika et Belle Rivière, au Nord jusqu’à la vallée ou l'étendue de terre cultivable dans la péninsule de Chicoutimi déjà mentionnées.
En terminant, je dois faire remarquer ici que les connais. sances topographiques œbtenues sur cette partie du territoire du Saguenay qui à été le champ des opérations conjointes de MM. Blaïklock et Duberger sont, je le conçois humblement, d’un grand intérêt, d’une importance profonde pour le gouvernement et pour le pays, vu qu’elles décident enfin si cette partie du pays exploré est propre à l’agriculture, c’est-à-dire cette partie qui s’étend depuis la chaîne de montagnes qui bordent la vallée du St. Laurent jusqu’aux côteaux qui bordent la vallée du lac St. Jean, et qui se dirigent à l’Est vers la Baie des Ha! Hal et forment en-
suite ces montagnes élevées qui sont suspendues au-dessus de la rivière du Saguenay; corroborant ainsi les descriptions que l’on avait déjà du pays depuis St. Urbain et Ste. Agnès jusqu’à la Grande Baie ou Baie des Ha! Ha ! dans le Saguenay.
A part l’objet de l’exploration, on a obtenu des informations correctes sur la surface générale et la physionomie du pays, sur la direction des chaînes de montagnes et le cours des rivières qui arrosent cette partie extraordinaire de la province, que ce soit des tributaires du St. Laurent ou du Saguenay, et toutes:ces informations sont donnés avec soin sur les plans d'opérations de M. Blaiklock ; pendant que l’on a constaté d’une manière tout-àfait satisfaisante que la péninsule de Chicoutimi et le pays des environs du lac St. Jean et à l’Est de la Baïe des Ha ! Ha ! offrent par la qualité de leur sol un champ étendu aux établissements et à l’agriculture.
Le tout très respectueusement soumis.
J. H. PRICE, | Commissaire des terres de la couronne. |
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