INTRODUCTION. CCXXXIX
Dans ce trait , il faut remarquer deux idées : 1 ° la répétition ou le plagiat de la Définition de Platon; 2° la fausseté de la Proposition Doctrinale.
\ ° D'abord , je suis bien surpris que le P. Ventura trouve dans la Définition de Bonald une répétition de celle de Platon. J'y trouve , moi , une grande différence. La formule de celle de Platon rappelle une des hypothèses favorites de ce Philosophe , savoir ; la persuasion où il était que les Ames sont les premiers Êtres de la Création; que, par conséquent, un Agrégat Vivant est tel en vertu d'une Ame antérieure qui l'a formé. Cette opinion a été soutenue surtout dans le Dixième Livre Des Lois de Platon. « 11 me paraît , — dit un interlocuteur de ce Dialogue — , »que presque tous ces Philosophes ont ignoré ce que c'est que » l'Ame, et quelles sont ses propriétés. Il n'ont pas vu qu'en «tout le reste, et surtout quant à l'origine, elle est un des » premiers Êtres qui ait existé , qu'elle a été avant les Corps , » et qu'elle préside plus qu'aucune autre chose à leurs divers » changements et combinaisons (1). » — Si Platon a dit que dans l'Homme le Corps est un appendice de l'Ame, il n'est pas possible qu'il l'ait fait dans l'intention de donner une définition de l'Homme : il s'entendait trop en définitions , pour qu'il eût voulu désigner ainsi l'Homme , puisque cette formule appartient à tous les Êtres Vivants , d'après son idée générale. Or, cette opinion , objet capital de cette proposition, se trouvet-elle répétée dans la Définition moderne que j'ai acceptée, corn-
(1) Traduction de Dacier, dans la Bibliothèque des Anciens Philosophes. Paris, 1771, in 1 2 : T. VII, p. 230.