‹ Reproduction des cryptogamesChapitre 14 sur 35 · I. — Reproduction sexuée · texte numérisé non relu

I. — Reproduction sexuée

Monoblépharidées. — Les Moncblépharidées (M. Cornu) sont les ji seuls Champignons possédant une fécondation par anthérozoïdes: elles occupent donc une place à part dans ce vaste groupe, et semblent 1

former, de même que le genre Mycoïdea,une transition vers les Algues.”

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Les anthérozoïdes naissent, au nombre de cinq ou six, dans de petits sporanges spéciaux ; ils sont ovales, triangulaires et munis postérieurement d’un cil unique; ils ne se distinguent, du reste, des zoospores que par leur taille plus petite; après s'être échappés de l’anthéridie, placée au-dessous, sur ou à côté de l’oogone, ils rampent à la surface de celui-ci, atteignent son orifice et finissent par pénétrer dans son intérieur. Les oogones, souvent superposées en nombre variable, ne forment chacun qu’une seule oosphère et s'ouvrent à la maturité ; l’oosphère est alors remplie de globules oléagineux et présente une tache réceptrice ; après la fécondation l'oospore s’entoure d’une membrane épaisse, soit à l’intérieur de l’oogone, soit après en être sortie.

Péronosporées. — La fécondation ne se fait pas par des anthérozoïdes ; c’est l’anthéridie elle-même qui vient se mettre en contact avec l’oogone. La fusion des deux protoplasma a été constatée dans un certain nombre de cas; dans les autres elle est très probable. L’oogone ne constitue qu’une seule oosphèreet n’emploie pas pour cela tout son protoplasma. |

Pour la formation des oogones, certaines branches du filament se renflent à leur extrémité, rarement en leur milieu, en une sphère qui se remplit de protoplasma et qui se sépare par une (ou deux) cloisons du reste du filament. Un rameau issu du même filament au-dessous de l’oogone, ou issu d’un filament voisin, se dirige vers cet organe ét vient appliquer contre lui son extrémité renflée qui se sépare bientôt du rameau par une cloison et constitue ainsi l’anthéridie; rarement il se forme deux anthéridies pour un oogone. Quand celui-ci a atteint ensuite son volume définitif, le protoplasma qu'il renferme se différencie en épiplasma périphérique et en une oosphère remplie äâe gouttelettes graisseuses; une fine branche émanée de l’anthéridie, le filament fécondateur, perce la membrane de l’oogone et pénètre jusqu'à l’oosphère. M. de Bary distingue alors trois cas :

41° Pythium. — Le protoplasma de l’anthéridie se divise en une couche pariétale, le périplasme, et un amas central, le gonoplasme. Le filament fécondateur s'ouvre largement au point de contact avec l’oo-

sphère; le gonoplasme se transporte lentement, mais complètement dans l’œuf; il y a donc une réelle copulation;

2 Phytophthora omnivora.— Il n’y a point de distinction nette en périplasme et gonoplasme; il n’y a point d’orifice large au point de contact du filament et de l’oosphère; il doit cependant se produire une petite ouverture; car une partie du protoplasma mâle émigre dans l'œuf, la majeure partie restant dans l’anthéridie;

3 Peronospora. — Le filament fécondateur se renfle au point de contact avec l’œuf; on ne distingue aucun orifice ; on ne voit point de migration d’une masse plasmique. M. de Bary pense cependant qu’une faible partie du protoplasma mâle doit passer dans l’œuf directement ou par osmose,

L'œuf, dans tous les cas, s’entoure ensuite d’une membrane d’abord mince, puis épaisse, et l’épiplasma vient le recouvrir d’une deuxième enveloppe. L'oospore passe ainsi l'hiver et ne germe qu’au printemps suivant, en donnant alors des zoospores {Cystopus) ou en formant directement un mycelium (Peronospora).

Saprolégniées (M. Cornu). — Le protoplasma tout entier de l’oogone se transforme en une ou plusieurs oosphères (jusqu'à trente-cinq dans l’Achlya) ; la fécondation (sauf dans le Pythium, rangé par M. de Bary, dans les Péronosporées) n’a jamais été directement observée; dans une partie des Saprolégniées, elle n’a certainement pas lieu. L’oogone se forme comme dans la famille précédente, sa surface se couvre de papilles copulatrices, quelquefois allongées en tube, souvent ouvertes au sommet, dans ce dernier cas l’oogone est muni de perforations. Il peut y avoir deux à quatre oogones superposés en série. Les anthéri-

dies se forment au-dessus ou au-dessous de l’oogone, quelquefois sur l’oogone ; elles peuvent aussi naître sur une branche différente. [ex

trémité libre de l’ébauche d’une branche anthéridienne se renfle auss: parfois et se transforme en oogone avec oospores, et alors des rameaux de la même branche constituent de nouvelles anthéridies (Achlya)

souvent les branches anthéridiennes avortent, ou même ne se for-

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ment pas; mais elles viennent aussi fréquemment s'appliquer sur l’oogone et émettre un filament fécondateur, comme dans la famille précédente. M. de Bary distingue encore ici trois cas qui forment avec ceux des Péronosporées une série continue, laquelle conduit, par transitions successives, de la fécondation certaine à la parthénogenèse.

4° Plusieurs Saprolegnia, surtout S, ferox, forme monoica, Achlya, Aphanomyces. L'extrémité renflée de l’anthéridié émet un filament fécondateur qui s’allonge au-dessus de l’oosphère ou des oosphères, mais sans que l’on puisse distinguer aucune fusion entre les deux protoplasmes.

9° Dans certains Saprolegnia (torulosa, asterophora), les anthéridies s'appliquent souvent encore contre l’oogone, mais ils n’émettent point de filaments, ou ceux-ci n’atteignent pas les oosphères.

6° Souvent dans le genre Aphanomyces, et dans certaines espèces de Saprolegnia, les oosphères de l’oogone se changent en oospores, sans qu'il y ait eu formation d’anthéridies. C’est la règle dans les S. Thureti, S. torulosa.

L'œuf s’entoure d’une membrane et ne germe souvent qu'après quelques mois. M. Pringsheim pensait que les oosphères fécondées avaient besoin d'un temps de repos plus long que les oospores parthénogénésiques; mais, d’après M. de Bary, ce temps de repos est très variable, non seulement suivant les espèces, mais aussi dans une même espèce et dans les oospores d’un même oogone.

A la germination, l’oospore donne des zoospores, ou un mycélium plus ou moins développé portant les zoosporanges. Dans le premier cas les zoospores sortent souvent ensemble de l’exospore réunies par une mince enveloppe commune, à l’intérieur de laquelle elles commencent parfois à germer.

IT, — Reproduction asexuée.

Elle a lieu, en général, au moyen de zoospores ; cependant ici encore il y a des différences assez notables.

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Dans les Monoblepharis les zoospores sont semblables aux anthérozoïdes, mais deux fois plus grandes; elles ne possèdent qu’un «il unique postérieur. Le corps de la zoospore sort le premier du sporange, son cil restant engagé; les efforts qu’elle fait pour dégager ce cil aident la sortie de la deuxième zoospore et ainsi de suite. Plusieurs sporanges peuvent se former à l’extrémité du même filament et être alors emboîtés les uns dans les autres, ou bien le second reste audessous du premier avec orifice latéral, etc. Leur formation est analogue dans les Saprolegnia. Dans les Achlya ils apparaissent quelquefois au sommet d’un filament qui se prolonge au-dessus d’un oogone.

Les zoospores des deux autres familles ont deux cils latéraux (Péronosporées, Saprolégniées) ou antérieurs (Saprolégniées) ; elles se forment dans des sporanges qui germent quelquefois directement, et qui se réduisent alors en fait à une spore. Dans les Pérénosporées, la vie pélagique de la zoospore peut avoir lieu en deux temps et être coupée par un intérvalle de repos, pendant laquelle la zoospore s’entoure d’une membrane.

Les sporanges de plusieurs espèces de Peronospora se réduisent à de véritables conidies, formées à l’extrémité des branches et rameaux du mycélium ; ces conidies en effet germent directement en donnant un filament. Dans les P. densa et P. macroscarpa le protoplasma de la conidie s'échappe de l’exospore,'puis s’entoure d'une nouvelle membrane au devant de l’orifice de la conidie et germe en formant alors son filament. Dans le genre Pythium le contenu du sporange, après s'être échappé de celui-ci entouré d’une mince membrane, s’arrondit encore près du sporange ouvert, et se divise en nombreuses zoospores; celles-ci sortent par un orifice de leur enveloppe commune, errent quelque temps, s’entourent d’une membrane et germent. Dans les Cystopus et Phytophthora, c'est à l’intérieur du sporange que la division a lieu ; les zoospores du premier genre sont si intimement unies encore à leur sortie que l’on dirait une masse unique avec de nombreux cils ; ces zoospores s’isolent et se dispersentensuite. M. Leitgeb a récemment signalé une Péronosporée ncuvelle, Completaria complens, parasite sur les thalles de Fougères, à corps végétatif réduit à

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