‹ Reptiles, batraciens, avec 55 figures dans le texteChapitre 1 sur 35 · Reptiles, batraciens, avec 55 figures dans le texte · texte numérisé non relu

Reptiles, batraciens, avec 55 figures dans le texte

De toutes les classes d'animaux, la plus négligée est incontestablement celle des Reptiles, et les amateurs d'histoire naturelle n'ont, en général, aucun penchant

pour cette étude cependant si intéressante. D'une part,

les légendes dues à l'imagination populaire, les préjugés encore si nombreux sur ces êtres le plus souvent

inoffensifs, et, d'autre part, la répulsion naturelle que

l’homme ressent à la vue des Reptiles sont les causes de l'abandon d’une étude qui rencontre si peu d’adeptes parmi les naturalistes.

Nous avons cherché dans ce volume à faire mieux connaitre les mœurs de cette classe d'animaux, à les réhabiliter dans l’opinion publique et, en indiquant les services qu'ils rendent souvent à l’agriculture, à sauver

- ces pauvres deshérités de l’exécration générale à laquelle

ils sont voués depuis trop longtemps.

* Si nous réussissons à inspirer aux débutants le goût

de l'étude des Reptiles en divulguant leurs mœurs si Î

nous aurons COMT

nnues,

intéressantes el si peu co

T un [= © mn © Ey ee en n = © & n | © & [<b) = | = à — = Le] [<b] — «= d #e* = Le) — [= [b} =

FHNENÉELLES

L'étude des Reptiles ou Æerpetologie embrasse une classe particulière d’animaux vertébrés établissant une transition naturelle entre les Oiseaux et les Poissons et dont les débris que renferment toutes les couches du globe attestent l'antique origine.

Les Reptiles et les Batraciens, confondus sous le nom général de Reptiles, sont des vertébrés à sang froid, à circulation plus ou moins incomplète, et pourvus généralement de poumons chez l'adulte. Des caractères essentiels séparent cependant ces animaux: les Reptiles sont enveloppés d’écailles, en totalité ou en partie, et ont une respiration pulmonaire, tandis que les Batraciens sont recouverts d'une peau nue et sont munis de branchies durant le premier âge. Enfin les Batraciens diffèrent des Reptiles par les métamorphoses qu’ils subissent et ont, à leur naissance, une forme bien différente de celle qu'ils devront revêtir dans l’âge adulte.

Locomotion. — Certains Reptiles, les Serpents, se meuvent en rampant et en s’aidant de leurs écailles

k HISTOIRE NATURELLE DE LA FRANCE ventrales qui adhèrent au sol. Les Tortues terrestres semblent ramper sur leurs pattes relativement courtes qui maintiennent le corps dans une position peu élevée au-dessus du sol et ne servent qu'à le pousser en avant. Les Lézards ont des doigts déliés et garnis d'ongles acérés qui leur permettent de grimper avec agilité et de s'accrocher aux moindres aspérités des murs, des rochers et des arbres. Enfin, chez les Batraciens, la locomotion se fait principalement par sauts sur la terre ferme ; lorsqu'ils sont dans l’eau ils nagent par l’extension brusque de leurs pattes de derrière souvent largement palmées.

Reproduction. — Le mode de développement des Reptiles offre une grande ressemblance avec celui des Oiseaux: tous les Reptiles sont ovipares, c’est-à-dire émanent d'œufs. Chez les Tortues ces œufs sont protégés par une coquille calcaire; ils sont enveloppés dans une membrane parcheminée et coriace chez les Sauriens et les Serpents. Les œufs des Batraciens sont petits, gélatineux et englobés dans une épaisse mucosité. Enfin l'œuf des Vipères et de quelques Lézards subit son développement complet dans l'oviducte maternel, et, dans ce cas, le petit naït vivant: on donne à ces animaux le nom d’ovovivipares.

En général les Reptiles ne couvent pas et abandonnent au hasard l'éclosion de leurs œufs.

Mue. — Presque tous les Reptiles et les Batraciens

sont sujets à la mue, Tous les ans ils quittent leur peau pour revêlir.une nouvelle livrée. Les Opludiens ou serperts sortent de leur peau comme d’un fourreau; les Batraciens se débarrassent de leurs vieilles dépouilles

n hr GÉNÉRALITÉS 5 au moyen de mouvements rapides et saccadés.

Habitat. — Nous avons dit que les Reptiles étaient des vertébrés à sang froid ou plutôt à température variable. La basse température de leur corps les oblige à rechercher les climats chauds et humides ; c'est ce qui explique leur rareté en Europe et leur grande . abondance dansles régions tropicales et intertropicales. . Les serpents les plus grands et les plus venimeux se rencontrent dans les grandes forêts du Brésil et des Guyanes, sous les chaudes latitudes de lAsie, de l'Afrique et de la Malaisie.

Hibernation. — Les Reptiles et les Batraciens, en raison de la basse température de leur corps, subissent pendant l'hiver un engourdissement, sorte de léthargie semblable au sommeil hibernal de certains mammifères

(les Marmottes, les Loirs, etc.). Les uns se retirent sous des amas de feuilles, sous les pierres, dans des trous, dans des fentes de rochers, les autres dans la vase, d’autres enfin au fond des eaux. Mais cette léthargie n’est pas toujours complète et, lorqu’on les expose à une chaleur un peu vive, ils reprennent leur agilité. Certains Reptiles peuvent être congelés au point de devenir rigides et revenir ensuite à la vie.

Utilité des Reptiles. — «Les Reptiles, a dit Auguste Duméril, sont les animaux qui inspirent d'ordinaire le plus de répulsion, je dirai même le plus d’effroi. Il faut bien reconnaître aussi que la sensation de froid éprouvée par la main qui touche les animaux de ce groupe ajoute à cette sorte d'horreur instinctive née du contaet des Crapauds, des Grenouilles, des Lézards ou des Couleuvres. » Si cependant on prend la peine d'étudier

6 HISTOIRE NATURELLE DE LA FRANCE les mœurs et les habitudes des Reptiles, on reconnait facilement que beaucoup d'entre eux sont des auxiliaires précieux pour l’homme, qui, au lieu de les tuer sans pitié et sans discernement, devrait utiliser leurs instincts Carnassiers pour la destruction des animaux nuisibles qui ravagent nos cultures :les mulots, les limaces, les vers blancs, les chenilles, les courtillières, etc.

Les Reptiles sont, comme le Hérisson parmi les Mammifères, les protecteurs naturels de nos champs et nous ne les récompensons que par notre ingratitude.

Page 1