CLASSIFICATION Ÿ
3° Serpents, à corps cylindrique, allongé, flexible et sans membres. »
Alex. Brongniart est le premier naturaliste qui publia en 1799 et 1805 un essai de classification naturelle des Reptiles qu'il divisa en :
Chéloniens. — Ayant des membres, des paupières, une carapace.
Sauriens. — Ayant des membres, des paupières, le
corps couvert d'écailles.
Ophidiens. — Pas de membres, pas de paupières, le corps couvert d’écailles.
Batraciens. — Ayant des membres, des paupières, et la peau nue.
Duméril et Bibron (1) ont suivi cette classification qui est encore adoptée aujourd’hui.
Divers auteurs, tenant compte des métamorphoses auxquelles sont soumis les Batraciens, ont fait de ces animaux une nouvelle classe. Nous avons cru, en raison des nombreux rapports qui existent entre ces groupes d'animaux, devoir adopter dans cet ouvrage la classification de Fatio (2) :
Chéloniens (Tortues).
REPTILES PROPREMENT DITS { Sauriens (Lézards). Ophidiens (Serpents).
Anoures (Crapauds, Grenouilles).
MATRACIENS.....,,... 0.04 Urodèles (Salamandres, Tritons), Péromèles,
L'ordre des Péromèles ne comprend que des espèces exotiques. (1) Dumériz et BiBkON, Herpétologie générale ou Histoire natu-
relle complète des Reptiles.
(2) FarTio, Faune des Vertébrés de l1 Suisse.
Principaux ouvrages d'Herpétologie utiles à consulter
L'Herpétologie étant la branche de l’histoire naturelle la plus négligée, il résulte de cet abandon que les ouvrages spéciaux sont plus rares dans cette branche que dans les autres. Les naturalistes débutants qui ont à leur disposition des bibliothèques publiques ou privées y trouvent rarement des ouvrages pouvant faciliter leurs études sur les Reptiles.
Nous donnons ici la liste des meilleurs ouvrages sur l'Herpétologie, ainsi que l'indication des Faunes locales, malheureusement trop rares et qui sont si utiles à consulter (1) :
Brehm. Merveilles de la nature : Les Reptiles et les Batraciens, par E. Sauvage.
Chenu. Encyclopédie d’histoire naturelle : Reptiles et Poissons.
Cuvier. Le Règne animal.
Daubenton. Les Animaux quadrupèdes ovipares et les Serpents.
Daudin. Histoire naturelle des Raïnettes, des Grenouilles et des Crapauds.
Daudin. Histoire naturelle générale et particulière des Reptiles.
Duméril et Bibron. Herpétologie générale ou histoire naturelle complète des Reptiles.
Fatio. Faune des Vertébrés de la Suisse. Tome III. Reptiles ct Batraciens.
Gervais (P.). Reptiles vivants et fossiles.
Lacépède. Histoire naturelle des quadrupèdes ovipares, Serpents, Poissons et Cétacés.
Latreille et Sonnini. Histoire naturelle des Reptiles. (Petite édition du Buffon de Déterville.)
(1) La maison Deyrolle, naturaliste, rue du Bac, 46, à Paris, se charge de procurer tous ceux de ces ouvrages qui ne sont pas épuisés. :
Lu 2 P
Faunes locales
Beltrémieux. Faune du département de la Charente-[nférieure.
Bert (Paul). Catalogue méthodique des animaux vertébrés qui vivent à l’état sauvage dans le département de l'Yonne.
Colin de Plancy. Catalogue des Reptiles et Batraciens du départcment de l'Aube.
Lataste (1). Essai d’une Faune herpétologique de la Gironde.
Lesson. Catalogue d'une faune du département de la Charente- Inférieure.
Mauduyt. Herpétologie de la Vienne.
Millet. Faune de Maine-et-Loire.
Trémeau de Rochebrune. Catalogue d’une partie des animaux vivant dans le département de la Charente.
Ogérien. Histoire naturelle du Jura et des départements voisins. Tome III. Zoologie vivante.
Viaud-Grand-Marais. Etude sur les Serpents de la Vendée et de la Loire-Inférieure.
Les naturalistes qui veulent se livrer à l’étude de l'Herpétologie rencontrent plus de difficultés pour se procurer des sujets d'étude que ceux qui s'occupent de toute autre branche de l'histoire naturelle. Il est toujours facile, en effet, d'acheter à vil prix des Mollusques aux pêcheurs de notre littoral ou d’obtenir des chasseurs les Oiseaux rares qu'ils tuent accidentellement, mais il est bien difficile de demander, même à un ami,
(1) Nous avons puisé dans cet ouvrage un grand nombre de renseignements persuadé que notre excellent ami M. Lataste nous pardonnera ces emprunts. Connaissant son expérience en Herpétologie, nous ne pouvions choisir un meilleur guide.
10 HISTOIRE NATURELLE DE LA FRANCE de surmonter ses répugnances pour vous procurer des Reptiles.
L'Herpétologue ne peut donc compter que sur ses récherches personnelles, et c'est dans le but de faciliter ces recherches que nous avons réuni dans ce chapitre tous les renseignements qui permettront à chacun d'utiliser les ressources de la région qu'il habite.
Reptiles. — La recherche de ces animaux exige des procédés différents selon l’ordre auquel ils appartiennent.
Chéloniens (Tortues). — Les Tortues sont terrestres, aquatiques ou marines. Elles sont rares en France, où on peut toutefois se procurer une espèce aquatique : la Cistude d'Europe. Elle habite le Midi et le Sud-Ouest de la France et remonte jusqu'à la Charente-Inférieure et dans l'Allier.
C'estdans les marais peu profonds et dans les étangs, où elle se tient enfoncée dans la vase, qu'il faut la rechercher. Engourdie pendant l'hiver, elle reparait vers le milieu du mois d'avril. On peut alors la prendre au moyen du troubleau. Mais on la rencontre plus souvent à terre, toujours à peu de distance des fossés et des mares. Il est intéressant de recueillir ses œufs qui sont allongés et à coquille calcaire.
Cette Tortue peut être facilement conservée vivante, n'étant pas difficile sur le choix des aliments ; on pourra ainsi étudier ses mœurs.
Sauriens. — Les lieux habités par ces animaux sont très variables: ils vivent dans l’eau, dans les terrains arides, dans les prairies herbeuses, au milieu des rochers ou même sur les arbres.
Les Lacertiens (Lézards) sont nombreux en France, surtout dans le Midi. Très vifs et très agiles, ils échappent facilement au chasseur, mais lorsque le terrain sur lequel on les poursuit n'offre aucun abri, ils sont vite forcés et se laissent capturer. On peut employer pour les recouvrir un petit troubleau ou un filet à papillons garni d’une gaze résistante ; on les saisit alors avec une pince pour les placer dans la boîte de chasse. Ils mordent vigoureusement et ne lâchent pas prise, mais comme ils ne sont pas venimeux, on ne doit pas s'inquiéter de ces morsures. La queue des Lézards étant très fragile, il faut les prendre avec soin pour ne pas les briser en les capturant.
C'est principalement sur les vieux murs, dans les terrains secs et au bord des chemins que l’on rencontrera le Lézard gris ou Lézard des murailles. « On trouve fréquemment ses œufs que l’on peut faire développer en les plaçant dans un pot de fleur, sur la terre, les recouvrant de quelques pierres et les arrosant quand la terre est desséchée par le soleil. » (Lataste.;
Les ZLézards verts et Ocellés se rencontrent surtout dans le Midi de la France. Leurs dents acérées pouvant faire une blessure désagréable, il est préférable, pour s’en emparer, de se servir d’un pistolet Flobert chargé à petit plomb; en ne les visant pas de trop près on les tue sans les endommager.
Dans nos départements méridionaux on trouve également le Seps chalcide que l’on peut capturer au moyen d’un troubleau comme les petits Lézards. Il est inoffensif et recherche les prairies herbeuses à une exposition chaude.
L'Orvet, qui cause une certaine répugnance par sa forme semblable à celle des serpents, est très commun en France et peut être manié sans danger. On le rencontre partout : sous les pierres, dans les prairies ou sur les coteaux. Mais sa capture exige de grandes précautions, sa queue se rompt facilement et cette fragilité a fait donner à ce reptile le nom vulgaire de Serpent de verre.
Les Geckotiens, peu communs en France, n’habitent que la région littorale de la Méditerranée. Le Platydactile des murailles et l’Hémydactyle verruculeux vivent dans les rochers, dans les pierres éboulées et même dans les habitations. On peut les prendre sans danger; ce sont des animaux complètement inoffensifs.
Ophidiens (Serpents). Si la recherche des Chéloniens et des Sauriens est sans danger pour le naturaliste, il n’en est pas de même pour la recherche des Ophidiens, et la chasse de ces reptiles exige la plus grande circonspection. Avant de saisir un Serpent, il est prudent de reconnaître d’abord l'espèce à laquelle il appartient; car une méprise peut avoir des conséquences funestes. Nous n’en citerons qu’un exemple : un herpétologisie expérimenté, Duméril, qui avait consacré toute sa vie à l’étude des Reptiles, commit une erreur dans une excursion dans la forêt de Sénart et saisit avec la main une Vipère Péliade croyant avoir affaire à une Couleuvre Vipérine ; il reçut une morsure qui mit sa vie en danger pendant plusieurs jours.
Il est reconnu que les caractères distinctifs extérieurs entre les serpents non venimeux et ceux qui le sont ne sont pas toujours très nets, et que les naturalistes les
plus expérimentés peuvent s’y tromper. Généralement les epèces dangereuses ont le corps court, la queue courte, un cou très court, une tête triangulaire très large en arrière; celte dernière partie du corps est celle qui offre des différences vraiment sensibles avec les espèces non venimeuses. Mais les serpents ne se présentent pas toujours au chasseur de façon à être bien examinés. Dissimulés dans les broussailles ou sous les pierres, ils ne peuvent être reconnus qu'imparfaitement, et c’est dans ce cas qu'il importe d’opérer avec circonspection et ne pas s’exposer à une erreur qui pourrait avoir des conséquences graves. On doit, avant tout, se bien persuader que saisir un serpent sans avoir pu établir son identité n’est pas une preuve de courage, mais un acte d’imprudence et de témérité.
Les Serpents subissent pendant l'hiver une léthargie dont ils ne sortent qu'au printemps, aux premières ardeurs du soleil. Les uns vivent dans les endroits humides et dans le voisinage des eaux, les autres dans les localités arides ou sèches, dans les landes, dans les clairières des bois. Les Vipères se tapissent au pied des broussailles, au milieu des touffes d'herbes desséchées et recherchent les terrains recouverts de bruyère et de genêts. Les Couleuvres se plaisent dans les prairies herbeuses. Elles sont presque toutes diurnes; par contre, presque tous les serpents venimeux sont essentiellement nocturnes.
« C’est au printemps, vers dix heures du matin, sur les coteaux rocailleux et boisés exposés au Sud-Est que l’on pourra chasser ces animaux avec le plus de succès; ils viennent s'imprégner de la chaleur solaire à l'entrée
des trous où ils ont passé l'hiver. Jamais aucun des nombreux serpents dont je me suis emparé n’a essayé de me tenir tête, si ce n'est quand, les ayant rencontrés dans une plaine, je me suis amusé à leur barrer le chemin. Alors, dès qu’ils voient que la retraite leur est impossible, ils s'enroulent en spirales, ayant toujours les yeux fixés sur vous, font entendre leur sifflement plus ou moins aigu, mais toujours assez faible, et s’élancent sur les objets que vous leur présentez. Le Zaménis vert-jaune mord énergiquement et à plusieurs reprises ; le 7ropidonote à collier se contente de donner des coups de museau sans ouvrir la geule. Le 7ropidonote Vipérin élargit parfois sa tête en arrière, ce qui le fait prendre pour une Vipère, mais il n'essaie même pas de mordre la main qui le saisit. » (Lataste.)
Les Tropidonotes (Couleuvres), très communs en France, recherchent le voisinage des eaux, les bords des fossés, les bois humides. Le 7ropidonote à collier est le plus connu de tous nos Ophidiens; les pêcheurs le trouvent quelquefois dans leurs verveux. Il faut le rechercher au commencement du printemps sur les pentes bien exposées au soleil, au bord des mares et dans les prairies souvent inondées. On peut le prendre avec la main sans danger. Il se retire l'hiver dans les étables. Ses œufs, qu’il dépose dans les fumiers et dont l'enveloppe est molle et parcheminée, sont intéressants à recueillir.
Le Tropidonote Vipérin, redouté à tort, à cause de sa ressemblance avec la Vipère, est cependant inoffensif. On peut le distinguer facilement de la Vipère à ses formes plus sveltes, aux grandes plaques qui revêtent
RECHERCHE DES REPTILES ET DES BATRACIENS 15 sa tête, aux taches en forme de damier qui ornent le ventre. Tandis que la Vipère Aspic recherche les endroits secs et arides, le Tropidonote Vipérin habite toujours les endroits humides et marécageux, les mares remplies de nénuphars et de plantes aquatiques. Il est assez difficile à trouver puisqu'il est essentiellement aquatique et qu’on ne le rencontre qu’accidentellement dans les champs, au bord des fossés.
« On pourra le chasser au fusil avec du petit plomb, mais outre le risque de lui briser la tête, on en perdra beaucoup de blessés ou même de morts que l'on ne pourra retrouver au fond de l’eau. Il sera préférable d'installer dans la mare, par une chaude journée, une ligne de fond amorcée avec des vers. La Vipérine s'y prend très bien. Des pêcheurs en ont même pris à la ligne volante. » (Lataste.\
La Coronelle Bordelaise ne se rencontre que dans le Midi de la France ; elle ne remonte guère plus haut que la Charente-[nférieure. Peu commune, elle recherche les endroits secs et rocailleux et même les vieilles murailles. Elle est complètement inoffensive.
L'Ælaphis où Couleuvre d’'Esculape se tient de préférence dans les endroits rocheux et couverts de broussailles. On peut la trouver à Fontainebleau, au milieu des buissons, dans les terrains les plus pierreux, et les plus arides. Elle recherche les troncs d'arbres et les branches autour desquelles elle peut s’enrouler.
Le Zaménis vert-jaune est une belle couleuvre qui habite presque exclusivement le Midi de la France. Il recherche les lieux secs et rocailleux et grimpe sur les buissons et même sur les arbres. Sa grande taille (120 à
140 centimètres), sa vigueur et son naturel irascible le rendent difficile à capturer, « À moins qu’il ne soit très jeune, dit Lataste, je ne m'en empare jamais qu'après lui avoir désarticulé les reins à l’aide d’un coup de badine, car il se défend énergiquement et mort avec rage. Sa morsure, il est vrai, n'est pas dangereuse. »
Les Vipères sont les seuls reptiles dangereux qui vivent en France. La Vipère aspic et la Vipère Péliude, espèce très. voisine et dont la coloration est très variable, ne sont malheureusement que trop communes en France. Certains départements ont le triste privilège d'en posséder un grand nombre, principalement ceux de la Côte-d'Or, des Deux-Sèvres, de la Vendée et de Seine-et-Marne, où on les trouve dans la forètde Fontainebleau, principalement dans les gorges d’Apremont.
Les Vipères commencent à sortir dans le courant du mois de mars; elles recherchent les endroits chauds, rocailleux et couverts de broussailles. Quoique noc= turnes, elles aiment à se réchauffer au soleil et demeu-! rent enroulées et immobiles sur les pierres ou sous les buissons.
« Quand on désirera s'en procurer, il faudra s'in-| former auprès des gens de la campagne des localités qui passent pour en être infectées, et s'y rendre, la jambe et le pied protégés par une bonne paire de bottes ou de guêtres qui empêcheront les crochets à venin d'atteindre la chair, ou du moins arrêteront le venin au passage. On s’armera d'une canne, d'un flacon d'alcali et d'une lancette en cas d'accident et l’on emportera un sac en cuir ou tout autre ustensile destiné à recevoir le produit de la chasse. Quand on apercevra
une Vipère, on mettra le pied dessus et on la saisira par l'extrémité de la queue, ou bien, appuyant la canne sur son corps, on la fera rouler jusque sur la nuque et l’on pourra prendre sans danger le reptile par le cou, près de la tête. Cette dernière méthode est préférable, car, quoique la Vipère suspendue par la queue ne puisse remonter jusqu'à la main qui la supporte, un faux mouvement pourrait la rapprocher du corps. On pourra aussi saisir l'animal avec de grandes pinces plutôt
qu'avec les doigts. Il sera plus facile avec elles de le faire entrer dans le sac ou dans le vase qui devra le contenir. » (Lataste.)
Si, malgré toutes les précautions prises, on vient à être mordu par une Vipère, voici comment on doit procéder :
« La première chose à faire, c’est de rechercher les deux petits points rouges par lesquels se sont introduits les crochets, de débrider ces petites plaies avec un canif et de les sucer, à moins que l’on n’ait quelque blessure aux lèvres ou à la bouche. On pourra aussi les laver avec soin si l’on a une mare ou un ruisseau à portée. Enfin la cautérisation à l’aide de la pierre infernale, d’un alcali, d’un charbon ardent, ou même d'une pincée de poudre enflammée termineront le traitement. Une ligature au-dessus du point blessé, pour interrompre ou, du moins, ralentir la circulation et la diffusion du poison dans l’économie, pourra n'être
inutile. | re prendre à l’intérieur un pas inutile. On pourra encore prend l’intérie
verre d'une boisson alcoolique pour combattre les
défaillances et stimuler la circulation. Je crois que par
* Lo
un traitement immédiat et rationnel, comme celui que
je viens d'indiquer, on peut annuler, ou à peu près, tout résultat fàcheux. Quant aux procédés plus ou moins absurdes qui ont été préconisés dans le même but, il me parait inutile de les rappeller ici. » (Lataste.)
On a recommandé depuis quelques années un traitement contre la morsure des serpents par le permançanate de potasse. M. de Lacerda a obtenu de nombreuses cures par l'emploi de ce remède; mais il est encore imparfaitement connu, peut-être dangereux et a besoin d’être soumis à plusieurs expériences.
Batraciens. — Les Batraciens ne sont nullement dangereux et nous devons prémunir les débutants contre les préjugés relalifs au prétendu vexin de ces animaux. Nous donnons dans la partie de ce volume qui traite des Batraciens tous les renseignements nécessaires à établir leur complète innocuité. Le naturaliste n’a rien à redouter de leur venin dont l'action n’est dangereuuse que pour les petits animaux. La seule précaution que doit prendre le chasseur consiste à éviter, lorsqu'on capture des Batraciens, de porter ensuite les doigts aux paupières; il est toujours prudent, au retour d’une excursion, de se laver les mains dans de l’eau vinaigrée ou phéniquée.
La chasse des Batraciens peut se faire par divers | procédés : on se sert d’un troubleau à mailles fines! pour les capturer dans l’eau ou dans les prés et autres | endroits humides qu'ils fréquentent; dans ce dernier cas on les recouvreavec le troubleauet on les saisit avec la main. Si on éprouve quelque répugnance, on peut: revêtir la main d’un gant de peau et employer des pinces pour saisir l'animal. On les prend aussi à la ligne, :
amorcée d'un objet quelconque : d’une mouche, d’une sauterelle, ou, de préférence, d'un morceau de drap rouge, afin qu'ils le voient de plus loin. La peau même d'une Grenouille est un excellent appât pour attirer les autres. Enfin on les chasse aussi à l’arbalète ou avec une lance dont on peut approcher la pointe à quelques centimètres de leurs corps, ces animaux étant peu métiants.
Quand on a capturé des Batraciens, on les emporte soit dans un flacon rempli d’eau, soit dans un sac, ou, de préférence, dans une boite de chasse où on les dépose dans de la mousse ou de l’herbe humide.
La meilleure saison pour la chasse des Batraciens est le printemps. A partir du mois de mars et d'avril on les trouve dans les étangs, dans les mares, les fossés, les prés humides, les bois ombragés, les fentes des vieux murs, sur les arbustes, etc... Beaucoup d'espèces se cachent pendant le jour et ne sortent que le soir.
Lorsqu'on chasse dans des eaux stagnantes, on peut capturer non seulement des sujets des deux sexes, mais en même temps les jeunes ou {#tards dans leurs différentes phases de développement. Les tétards des Batraciens sont très intéressants à observer et on peut
se livrer, au moyen d'un aquarium, à cette étude qui présentera beaucoup plus d’attrait que celle de vulgaires Poissons rouges.
Batraciens anoures. Ces Batraciens vivent dans des conditions très variables. Les ARainettes se tiennent pendant le jour sur les arbustes où elles demeurent immobilles sur les feuilles; à la fin de l'automne elles rega-
gnent l’eau. Elles sont faciles à capturer la nuit, à
l’aide d’un petit troubleau, dans les murs où leur
chant décèle leur présence.
Les Grenouilles vertes sont aquatiques; elles se pren-
nent ordinairement à la ligne. 4 La Grenouille agile se trouve en abondance dans les
prairies et les bois humides, en compagnie de la G Gre-4
nouille rousse. |
Les Pelodytes doivent être recherchés, pendant lesA belles nuits d'été, au pied des murs oulelongdes petilss
ruiSSeAUX. j Les Alytes, très communs en France, vivent en colo-.
nies dans les vieilles carrières, dansles talus ou le long des murailles qui bordent les chemins. On peut en recueillir un grand nombre en les cherchant le Soir” avec une lanterne dans les lieux où ils chantent.
Les Pelobates habitent les dunes de notre littoral, où, ils restent enfouis tout le jour dans les sables pour ne. sortir qu'à la nuit.
Le Sonneur igné fréquente les eaux stagnantes ou croupissantes de peu de profondeur. |
Les Crapauds ne sortent guère que le soir ou quand le temps est doux et pluvieux. Ils se creusent des trous peu profonds, ou s'emparent de la galerie d'un mulot ou d’une taupe. On les trouve aussi sous les pierres, sous les tas d’immondices, dans le voisinage des fu miers.
Le Crapaud calamite est presque exclusivement nocturne. Dans le nord de la France, il est commun dans les dunes où il s’enfouit dans le sable.
Bu:raciens urodèles. — Ces animaux sont aquatiques et terrestres. On les trouve dans les milieux les plus vas
PRÉPARATION ET CONSERVATION DES REPTILES 21 riés, mais le choix des sujets est important pour le naturaliste : on sait que ces Batraciens subissent des mues fréquentes et qu'ils ont la faculté de refaire certaines parties de leur corps qu'ils ont perdues; il faut autant que possible ne choisir que des sujels ne présentant aucun de ces cas accidentels.
| Les Salamandres doivent être recherchées dans les vieilles carrières, sous les pierres, dansles bois où elles s'abritent pendant le jour entre les racines.
Les Tritons mar brés se rencontrent surtout au mois de mars dans les fontaines, les fossés, les réservoirs d’eau | pluviale. Durant le reste de l’année on les trouve, en compagnie des Salamandres, dans les lieux humides etobscurs, dans les décombres, sous les pierres et les
vieilles souches.
Le Triton palmé, commun aux environs de Paris, habite les eaux courantes ou croupissantes.
Au retour d'une excursion, le premier soin du naturaliste doit être de tuer les animaux qu'il a capturés. Pour cette opération on emploie généralement de l'éther ou de l'alcool; l’éther est préférable parce qu’il agit d’une manière plus rapide. Pour augmenter son action délétère on y ajoute de l’arsenic.
La préparation des Reptiles, de même que la chasse de ces animaux, diffère selon l’ordre auquel ils appartiennent. On emploie deux procédés pour leur préparation :
1° Conservation par voie humide. è 2° Empaillage.
Les Tortues et les grands serpents ne peuvent être | conservés que par ce dernier procédé. |
Conservation par voie lyumide. — Les Reptiles se prétant | mal à l’empaillage, on préfère généralement les conserver par vole humide. |
On commence par laver soigneusement les sujets" dans l’eau et par extraire les objets volumineux qu'ils peuvent avoir dans les intestins, ce qu'on reconnaît à un bourrelet plus ou moins gros formé par les corps étrangers qu’ils ont avalés. Les Serpents, principalement, grâce à l’élasticité de leurs mâchoires, avalent des animaux souvent très volumineux. Dans ce cas, on saisit le serpent par la queue et on le tient suspendu la tête en bas; avec la main gauche on presse au-dessus de la grosseur et on la fait descendre lentement vers la gueule où elle s'arrête le plus souvent. Alors on place. le serpent sur une table et à l’aide d’un crochet intro-. duit dans la gorge on extrait l’objet qu'il avait avalé. Pour les Batraciens, ilsuffit de distendre les mâchoires : et à l’aide du crochet on opère comme nous venons de l’indiquer.
On place. ensuite les Reptiles dans des flacons remplis d'alcool réduit avec de l’eau distillée jusqu'à ce! qu'il ne pèse plus que 40 à 45 degrés centigrades.
« Le liquide plus concentré, dit M. Lataste, les momifierait et les rendrait méconnaissables ; du reste, il agit rapidement à travers leur peau nue. Après un certain temps de séjour dans les flacons, un animal s’est parfaitement imprégné de la liqueur préservatrice et il
peut se conserver indéfiniment sans altération. Mais, dans les débuts, il aura fallu plusieurs fois changer ou filtrer son bain. Pour les Reptiles écailleux j'emploie | de l'alcool de 80 à 90 degrés centigrades. Autant que possible je plonge l’animal vivant dans la liqueur, afin qu'il s’en imbibe mieux. S'il est trouvé ou m'est
apporté déjà mort, j'ai soin de lui ouvrir proprement le ventre sur une certaine longueur, afin que l'alcool puisse assez vite imprégner ses chairs. Sans cette précaution, la corruption étant très rapide chez ces animaux et l’endosmose très difficile et très lente à travers leur peau chitineuse, les intestins se pourriraient, l'épiderme se soulèverait par place et l’objet serait complètement détérioré. Pour les reptiles nus, comme pour les écailleux, il faut prendre des vases assez grands, afin que l’eau contenue dans le corps de l’animal n'affaiblisse pas sensiblement la liqueur et avoir soin, au premier signe de fermentation, de renouveler le liquide, ou, du moins, de filtrer l’ancien et d’augmenter son degré en ajoutant de l’alcool. Quelques personnes conservent les serpents dans des tubes. Si le tube est fermé à la lampe, l'évaporation est impossible; mais il faut briser le tube quand on veut prendre l’animal en main pour l’élude, et des bouchons de liège seront bien vite altérés par le contact direct de l’alcool. , Il faut d’ailleurs observer que l’on ne peut mettre en tube que des objets déjà complètement saturés d’alcool, sans quoi la très petite quantité de liquide que peut contenir le tube serait vite modifiée et perdrait ses propriétés. »
L'emploi des flacons pour la conservation des Rep-
tiles est donc le meilleur procédé à adopter ; mais le bouchage des flacons n’est pas sans présenter de grandes difficultés. Nous empruntons à M. Lataste les renseignements si précis qu'il a donnés à ce sujet :
« L'alcool dissout les cires, les corps gras, attaque le liège, le caoutchouc. Pour un musée ou une collection qu'on ne doit jamais remuer de place, on peut prendre des vases en forme d’éprouvette et les couvrir avec une rondelle de verre usée à l’émeri, ainsi que l'ouverture du flacon. On peut même se dispenser de cette dernière précaution et mastiquer avec de la cire à modeler, insoluble dans l'alcool, la très petite fissure qui sépare le flacon de son couvercle, ou même simplement envelopper la rondelle et le haut de l’éprouvette avec plusieurs doubles de feuilles minces d’étain, collées sur le joint avec une dissolution épaisse de gomme arabique et couvrir le tout d’un parchemin mouillé et tendu. Mais pour une petite collection, destinée à changer souvent de local, ce procédé ne vaut rien. Il faut forcément user de bouchons de liège qu'il sera convenable de couvrir d'une feuille métallique. On choisira alors des flacons dont le goulot soit aussi étroit que possible, afin de diminuer la surface d’éva-. poration, et l’on aura soin, de temps en temps, de réparer les pertes de chaque flacon par de nouvelles
additions d'alcool. Les flacons à conserves, à bouchons :
de verre, rendraient de grands services s’ils avaient une forme convenable, car, avec de la cire à modeler, on peut complèter le bouchage et le rendre à peu près hermétique. Quand on met un animal en flacon, il faut avoir soin de noter, avec la date et le lieu de la capture,
PRÉPARATION ET CONSERVATION DES REPTILES 25 les couleurs de l'iris et même de la robe, car l'alcool les altère très vite. On conservera cependant beaucoup de teintes et de nuances si l’on tient ses flacons dans un lieu obscur. »
Empaillage des Reptiles et des Batraciens. — C'hélonens (Tortues). — Les Tortues ont le corps protégé par une cuirasse écailleuse formée de deux pièces : la partie supérieure ou carapace et la partie inférieure ou plastron. Avant de commencer la préparation d’une Tortue il faut s'assurer si la carapace est intimement unie au plastron et ne forme qu’un seul corps avec lui, ou si elle y est seulement réunie par un cartilage. Dans le premier cas, on sépare ces deux pièces au moyen d'une scie très fine, en ayant soin de ne pas entamer les bords de ces parties ; dans le second cas, on les sépare en coupant le cartilage avec un scalpel. Les extrémités de l'animal restent adhérentes à la carapace.
Lorsque le plastron est enlevé on place la Tortue sur le dos et on extrait facilement les intestins et les viscères. On détache les pattes, le cou et la tête en coupant leurs articulations près de la carapace, mais en ayant soin de ne pas couper la peau. On dépouille les jambes de derrière que l’on refoule de dehors en dedans pour en détacher facilement la peau. Il n’est pas nécessaire de laisser une partie des os et on détache tout ce que l’on peut enlever sans léser la peau. On passe ensuile à la queue que l’on dépouille avec précaution ; si l’on craignait de la casser, on la fendrait par dessous, on l’écorcherait en rejetant la peau sur les côtés, puis on la passerait au préservatif (A) ; il suffirait
(1) On emploie généralement comme préservatif le savon arsenical
de la recoudreensuite et de la bourrer. On dépouille les jambes de devant de la même manière que les autres puis le cou et la tête ; le crâne doit être vidé par le trou occipital sans l'agrandir ; les yeux enlevés sont remplacés par de l’étoupe hachée que lon place dans les orbites.
Lorsque la tête est nettoyée de toutes ses chairs, on passe sur les os et sur tout l’intérieur de la peau une couche épaisse de préservatif, puis on bourre toutes les parties avec de l’étoupe hachée. On peut alors placer les fils de fer. Une carcasse entière n’est pas nécessaire, parce que l’animal étant toujours porté sur son plastron et non sur ses paltes, il suffit de faire dessécher cellesci dans une bonne attitude pour qu’elles la conservent toujours ; mais il n’en est pas de même de la tête : on y passe toujours un fil de fer pour pouvoir la maintenir dans une direction quelconque. Le cou des Tortues, lorsqu'il n’est pas très tendu, offre des plis de la peau qui doivent être conservés. Si le préparateur ne se sentait pas assez habile pour cela, il représenterait l’animal le cou tendu, mais cette attitude est toujours disgracieuse. (Boitard.)
Pour placer les fils de fer on les dispose comme pour les Mammifères ; on passe successivement des fils dans les pattes, la queue et le cou, on les réunit solidement ensemble et on achève de bourrer.
Ine reste plus qu’à replacer le plastron que l’on unit à
de Becœur ; on trouve cette préparation chez M. Deyrolle, naturaliste. Pour employer ce savon on le délaie avec un peu d’eau et, à l’aide d’un pinceau on l’étend sur la peau des sujets qu’on veut préparer.
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