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que pour les autres reptiles. Ensuite on retourne la peau du corps.
On introduit par le sommet du crâne ou par la gueule du serpent un fil de fer un peu plus long que le corps de l’animal et on le pousse jusqu'à l'extrémité de la queue. On bourre ensuite le corps avec de l’étoupe ou bien de la sciure de bois et on fait les coutures de la peau en ayant bien soin de ne pas perdre les écailles qui se détachent assez facilement. On finit de bourrer la gueule et on place les yeux. » (Chapus.)
Le second procédé consiste à écorcher les Serpents par la gueule: on ouvre fortement les mâchoires en profitant de leur extrême facilité de dilatalion qu'on favorise encore en coupant les muscles qui les réunissent; on pratique à la base du crâne une incision circulaire qui permet de détacher le cou à sa naissance. Lorsque le cou est bien détaché, on renverse la mâchoire inférieure d’un côté et le crâne de l’autre et on saisit avec des pinces le tronçon qui se présente à l'ouverture; on le tire à soi et on l’écorche en renversant la peau jusqu’à ce qu’on parvienne aux dernières vertèbres qu'il est prudent de ne pas chercher à dépouiller.
Le corps étant complètement dégagé, on s'occupe de la tête; par un trou pratiqué à la partie inférieure du crâne on extrait la cervelle et les yeux, en ayant soin de ménager les plaques caractéristiques qui couvrent la tête et qu'on pourrait endommager en essayant de retourner la peau.
On enduit tout l’intérieur de la peau d’une couche de préservatif, puis on prend un fil de fer d’une longueur
30 HISTOIRE NATURELLE DE LA FRANCE proportionnée à celle du reptile, on l'entoure d’étoupe et on le place dans la peau qu’on fait remonter pardessus jusqu'à ce qu'elle ait recouvré sa forme primitive; ce fil de fer doit atteindre jusqu'à l'extrémité de la queue sans la dépasser. On referme les mächoires et on les maintient en place au moyen d’une ligature. On pose les veux artificiels et on donne au sujet une attitude naturelle. On peut le monter sur des tiges de cuivre, ou le représenter enroulé comme dans la figure ci-contre. Dans ces deux cas, on le place sur un socle en bois.
Pour les grandes espèces, il faut chercher surtout à leur donner une attitude qui n’exige pas une place trop grande dans la collection.
Lorsque le Serpent est en position, on le lave avec soin, puis on l’éponge en passant à plusieurs reprises un linge bien sec sur ses écailles ; on enduit ensuite tout le corps d’une bonne couche d'essence de térébenthine qui a l’avantage de hâter la dessiccation tout en ravivant les couleurs ternies des écailles. Il ne reste plus qu'à le vernir à l'alcool et à le placer dans la collection.
« Les yeux des Serpents sont recouverts, comme tout le reste du corps, d’un épiderme écailleux qui tombe et se renouvelle chaque année; c’est cette écaille qui, en ternissant un peu l'œil de ces animaux, leur donne ce regard terne et sinistre si effravant. On peut remplacer cette écaille par une goutte de vieux vernis un peu épais el mêlé à une parcelle de vermillon. C’est surtout dans les serpents à crochets que cette méthode produit un effet que l’on ne soupconnerait pas avant de l’avoir employée. » (Boitard.)
Elaphis Œsculapii, p. 30,
Batraciens. — Les Batraciens se prêtent mal à l’empaillage et exigent une grande habileté chez le préparateur; aussi emploie-t-on généralement le mode de conservation par voie humide, au moyen des procédés que nous avons indiqués au commencement de ce chapitre. Pour ceux qui préfèrent conserver les Batraciens par l’empaillage, nous indiquons les procédés que l’on emploie ordinairement.
On pratique sous le ventre une fente longitudinale | depuis la gorge jusqu'à l’anus; avec le manche du scal- | pel, on dégage la peau des deux côtés et principalement | vers le dos, on fait sortir la partie supérieure des « cuisses et on sépare le fémur du tibia. Après avoir dépouillé l'abdomen, on refoule la peau vers la partie » supérieure du tronc et on coupe chaque humérus à son articulation avec l’omoplate. On sépare ensuite la tête du tronc et on nettoie les membres et les os. La peau ne doit être détachée de la tête que jusqu’à l'extrémité du museau. On enlève la langue, les yeux, et on rem- « plit les orbites de coton haché; le museau et les mächoires sont garnis d’étoupe et, après avoir refoulé doucement le crâne de as en haut, tandis qu'on tire la peau en sens inverse, on retourne la tête. On étend à l’aide d’un pinceau une couche de préservatif dans | tout l’intérieur. On bourre le corps avec de l’étoupe « finement hàchée, sans trop la comprimer, de manière à conserver à l’animal ses formes naturelles.
«On coupe cinq fils de fer d'une grosseur et d’une longueur proportionnées à la taille et au volume de l'échantillon. Deux de ces fils servent pour les pattes de devant, deux autres pour celles de derrière. Le cin- «
quième fil est courbé en anneau à une de ses extrémités, tandis que l’autre est introduite dans le sommet de la tête : on réunit les fils de fer des jambes et on les fait passer dans l’anneau de la traverse du milieu, on y réunit également les fils de fer des pattes antérieures et, à l’aide d’une pince, on assujettit ce squelette artificiel en tordant le tout ensemble; puis on achève de bourrer et on coud la peau. » (Chapus.)
La couture doit être faile à points très rapprochés; on peut la dissimuler en collant dessus une bande de papier fin, sur laquelle on passe ensuite une couche de la couleur du ventre de l’animal.
Quelques préparateursemploientune méthode plus expéditive qui consiste à dépouiller l'animal sans faire d’incision à la peau et à extraire par la bouche le corpsenun seul tronçon, comme nous l’avons indiqué pour les Serpents, mais cette méthode offre de grands inconvénients pour les Batraciens et n’est généralement pas employée.
Si on prépare un Batracien Urodèle (Salamandre, Triton), on emploie le même procédé que nous avons indiqué pour les autres Batraciens; on ajoute simplement à la charpente artificielle un sixième fil de fer que l’on passera dans la queue pour la soutenir.
Il ne reste plus qu’à fixer l’animal sur un socle en bois; on y pratique quatre trous suivant l’écartement des jambes et on y fait passer les quatre fils de fer que Von fixe sous le socle en les recourbant. On donne au | Batracien une attitude naturelle ; la bouche devra être bourrée légèrement avec du coton et maintenue fermée à l’aide de petites épingles; les yeux artificiels, que l’on devra toujours choisir de la couleur de ceux du
34 HISTOIRE NATURELLE DE LA FRANCE sujet, seront fixés dans les orbites au moyen de gomme, puis, après avoir laissé sécher l'animal, on passera sur tout son corps une couche de vernis à l'alcool.
Mode d'emballage et d'erpédition des Reptiles et des Batruciens. — L’amateur ou l’Herpétologue qui veut expédier ces animaux, Soit à un correspondant pour faire des échanges, soit à un naturaliste pour les faire préparer, est souvent fort embarrassé pour trouver un mode d'expédition. Ces envois, en effet, peuvent être souvent refusés par tel ou tel bureau de poste, quoique n'étant pas de nature à détériorer les correspondances. On peut toujours commencer par les présenter à la poste et, en cas de refus, les expédier comme colis postal par chemin de fer. S'il s'agit d'envoi de reptiles morts, on doit emballer les animaux dans de la mousse ou dans des herbes fraiches. Lorsque les sujets ont été placés dans l'alcool avant d’être expédiés, il faut les éponger avec soin et au besoin les rouler dans une enveloppe souple et imperméable.
Si les animaux sont vivants, il faut les placer dans une caisse en bois remplie de foin pour éviter le ballottement. Les pores du bois et les joints de la caisse laisseront filtrer assez d'air pour que ces animaux puissent y vivre longtemps. On peut encore ménager dans un coin de la caisse une petite ouverture recouverte en toile métallique. Mais on ne saurait prendre {rop de précautions pour les Serpents venimeux et il n'est pas prudent d’expédier ces animaux vivants. Quant aux Tortues, elles ne réclament aucun soin particulier et peuvent même supporter dans ces conditions ‘un voyage d'environ quinze jours.
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