XV. Trachinote téraioïde, Trachinotus teraioides, Guich
Corps presque rhomboïdal, dont la longueur, depuis l'extrémité du museau jusqu'au point où la queue devient subitement très-distincte du tronc, est , à la plus grande hauteur de l'animal, dans le rapport de six à quatre et demi; à l'origine de la seconde dorsale et de l'anale, les lignes supérieure et inférieure s'infléchissent brusquement, la première de haut en bas, et la seconde de bas en haut; au niveau des yeux, la ligne supérieure, jusqu'au bout du museau, change un peu de direction et devient plus verticale; préopercule tout à fait arrondi à son bord inférieur; même système de coloration que chez le Tr. teraia, et identité presque absolue dans le nombre des rayons.
Le spécimen unique de cette espèce a une longueur totale de 0°M88. 11 a été rapporté du Sénégal par M. Jubelin.
La forme générale du Tr. teraia est moins rhomboïdale, et, par conséquent, plus allongée, car sa longueur, mesurée de l'extrémité du^nuseau à l'origine de la queue présente une différence plus considérable relativement à la hauteur, puisque ces deux dimensions sont dans le rapport de six à quatre; l'obliquité des lignes supérieure et inférieure, à partir de l'origine de la seconde dorsale et de l'anale, est beaucoup moins prononcée; il n'y a pas au-dessus des yeux, qui sont plus rapprochés de la région sus-céphalique, le changement de direction de la ligne supérieure signalé chez l'espèce nouvelle; le pré-opercule forme, à son bord inférieur, un angle mousse.
La comparaison de ce Trachinote avec ses congénères africains est inutile; c'est du Tr. teraia qu'il s'éloigne le moins, et je viens de montrer les dissemblances frappantes de ces deux Poissons.
GOBIOÏDES.
Dans le grand genre Gobie si abondant en espèces, une des bonnes divisions à établir pour en faciliter l'étude est celle qui consiste, comme M. Yalenciennes l'a proposé (t. XII, p. 97), à rapprocher du Gobius ocellaris, Broussonnet, les individus à face allongée. La distance entre l'œil et le bout du museau étant plus considérable qu'à l'ordinaire, il en résulte un aspect tout particulier de la physionomie. Or, deux Gobies rapportés du Gabon par M. Aubry-Lecomte font partie de ce petit groupe et y représentent une espèce nouvelle.
XVI. Gobie a flancs rayés, Gobius lateristriga, A. Dum. Pl. XXI, fig. 1,1a,
Tête faiblement comprimée, plus haute que large; xjeux dont* le diamètre est le cinquième de sa longueur, situés un peu au-devant du milieu de l'espace qui sépare te bout du museau de V extrémité de l'opercule, regardant presque directement en dessus, et laissant entre eux un intervalle qui es! compris plus de deux fois dans la région antéoculaire ; cloaque s'ouvrant immédiatement au-dessous de l'origine de la seconde épiptêre. Sur un fond brunâtre, de petites marbrures noires, et des mandatures également noires sur les nageoires impaires, qui semblent ainsi porter des lignes ponctuées; à partir du milieu de la hauteur des flancs, des stries blanchâtres, au nombre de huit ou neuf, obliquement dirigées de haut en bas, d'avant en arrière, parallèles entre elles, commençant derrière les opercules et cessant ci l'union des deux tiers antérieurs du tronc avec le tiers postérieur.
C'est au G. ocellé que celui-ci ressemble le plus, mais il en diffère par plusieurs particularités importantes : 1° les yeux sont moins latéraux, ils sont même portés presque directement en haut; 2° l'intervalle qui les sépare est plus petit, car ce même intervalle chez le G. ocellaris n'est compris que deux fois entre leur bord antérieur et l'extrémité du museau; 3° la saillie osseuse du bord antérieur de l'orbite est beaucoup moins forte; 4° l'orifice du cloaque est plus reculé, puisque dans le G. ocellar is, la position relative des épiptères étant la même, le cloaque s'ouvre notablement audevant de l'origine de la seconde; 5° le sillon sus-operculaire est plus étroit et moins profond; 6° point de tache ronde à la première épiptère simulant une sorte d'ocelle, et, de plus, des stries latérales qui manquent à l'autre espèce.
Le Musée possède deux exemplaires dont le moins petit mesure (TUS: l'autre, bien qu'il porte 0m89 seulement, a les ventrales presque aussi longues que celles du plus grand.
Dans la division des Gobies étrangers se rapprochant du G. vulgaire (G. niger, Linn.) et dont les premiers rayons des pleuropes sont presque complètement
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dégagés de la membrane qui unit les autres rayons, il faut placer une espèce nouvelle du Gabon.
XVII. Gobie a taches humérales, Gobius humeralis, A. Dum. Pl. XXI, fig. 2, 2a.
Tête déprimée, plus large que haute ; yeux dirigés obliquement en dehors et en haut , dont le diamètre, qui est le cinquième de la longueur de la tête, est égal : 1° à l'espace compris entre leur bord antérieur et le bout du museau, et 2° à la moitié de l'intervalle qui sépare leur bord postérieur de l'extrémité de l'opercule; orifice du cloaque très-rapprochc de la fin des catopes, et s' ouvrant au-devant de l'origine de la seconde épiplère; point de canines, mais les dents du premier rang, surtout celles de la mâchoire supérieure très-fortes ; sur un fond brunâtre, des tachesnoires formant, dans la hauteur de chaque flanc, trois bandes verticales; des lignes ponctuées noires sur les nageoires impaires; à la base de chaque pectorale, deux petites taches noires bien apparentes.
Le système de coloration, outre quelques caractères particuliers qui n'ont d'importance que par la comparaison avec les autres espèces du même groupe, montrent que celle-ci en est bien distincte. Le Muséum doit à M. Aubry-Lecomle l'unique spécimen qui en est le type.
Nous trouvons encore, parmi les Poissons dont cet habile Commissaire de la marine a enrichi les collections du Muséum, à son retour du Gabon, deux nouveaux Gobioïdes. En raison de la séparation de leurs catopes, qui ne forment plus ventouse, et de l'absence de dents au palais, ils appartiennent au genre Eléotris, dont la délimitation précise a été établie par M. Valenciennes (t. XII, p. 216 et 217
XVIII. Eléotris tachetée, Eleotris maculata, A. Dum. Pl. XXI, fig. 3, 3 a.
Œil dont le diamètre presque égal à la distance qui sépare son bord antérieur du milieu de la lèvre supérieure, est compris trois fois et demie dans l'intervalle mesuré entre son bord postérieur et l'extrémité de l'opercule; longueur totale du Poisson, six fois et demie aussi considé-
1. Déjà, l'on connaît, au Musée de Paris, un de ces Gobioïdes de l'Afrique occidentale. Adanson, qui l'a trouvé dans la vase du Sénégal, nous apprend qu'il est nommé par les Nègres Baudé. La pièce faisant partie de la collection en herbier formée par ce savant voyageur, ne peut pas fournir les éléments d'une détermination exacte, car il est impossible d'apprécier le volume et les dimensions proportionnelles de la téte en grande partie détruite. Il reste donc beaucoup d'incertitude sur le véritable rang à assignera ce poisson. Doit-il être rapporté, comme le suppose M. Valenciennes, à YEleotris guavina, qui se rencontre aux Antilles et dans l'Amérique du Sud? Appartient-il, au contraire, à l'une des deux espèces que je fais connaître ici? Je ne saurais l'affirmer.
poissons de l'Afrique occidentale.
rable que la largeur de la tête; mâchoire inférieure très-longue ; sur un fond brun que l'action de l'alcool a assombri, des taches blanchâtres irrégulières et assez grandes, de chaque côté du corps; des bandes sur les nageoires, et particulier émeut sur i uroptère, formées par de petites maculatures noires.
Les dimensions de la mâchoire inférieure sont telles que, lorsque la bouche est ouverte, elle dépasse de la moitié de sa longueur le bord de la supérieure; la plus grande hauteur du tronc est comprise plus de cinq fois dans la longueur totale; à partir de l'opercule jusqu'à l'origine de l'uroptère , il y a soixante-cinq à soixante-dix rangées verticales d'écaillés. Un spécimen unique long de 0"' 146.
XIX Eliîotris a bande latérale, Eleotris vittala, A. Dum. Pl. XXI, fig. 4, 4a.
Œil dont le diamètre., égal aux deux tiers de la distance qui sépare son bord antérieur du milieu de la lèvre supérieure, est compris quatre fois dans l'intervalle mesuré entre son bord postérieur et l'extrémité de V opercule; longueur totale du Poisson cinq fois et demie aussi considérable que la largeur de la tête; mdclioire inférieure ne dépassant que du tiers de sa longueur à peine le bord de la supérieure ; sur chaque flanc, depuis l'opercule jusqu'à l'uroptère. une large bande noire ; nageoires ornées de petites taches noires disposées avec régularité et formant des bandes surtout apparentes à l'uroptère.
Les formes sont plus lourdes que celles de l'espèce précédente; la tête est plus large, puisque ses dimensions transversales ne sont guère que le cinquième de la longueur totale au lieu d'en être le sisième environ, comme chez VE. tachetée; le corps est également plus élevé : sa hauteur, en effet, n'est comprise que quatre fois et un tiers dans la longueur, et non pas au delà de cinq fois; le museau au-devant de l'oeil est plus long, et la mâchoire inférieure notablement plus courte ; la portion écailleusede la base des pleuropes est un peu moins large; le nombre des rangées verticales est sensiblement le même; le système de coloration, comme je viens de l'indiquer, est différent.
L'exemplaire unique, type de cette espèce, a une longueur de 0m150.
Des Périophthalmes nouveaux de la côte occidentale d'Afrique font partie des collections du Muséum. Ils se rattachent à la première division établie dans ce genre par M. Valenciennes, et qui est caractérisée par la séparation presque complète du disque des catopes en deux portions. Leur conformation générale et tous les détails de leur organisation singulière les rapprochent beaucoup des autres Périophthalmes, mais ils présentent cependant certains caractères particuliers qui les en éloignent, et permettent de distinguer Tune de l'autre les deux espèces qu'ils représentent.
Anciiivts du Muséum. T. X.
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XX. Périophthalme du Gabon, Periophthalmus gabonicus, A. Dum. Pl. XXII, fig. 4.
En avant des yeux, ligne de profil presque verticale; bouche petite, fendue jusque sous V aplomb du milieu de l'œil qui est très-avancé ; vingt dents à la mâchoire supérieure et vingtquatre à l'inférieure, petites, coniques et d'inégales dimensions, les médianes les plus longues; bords des lèvres et des appendices labiaux finement dentelés; région operculaire marquée de points blancs ; seconde épiptère parcourue dans toute sa longueur par une ligne de couleur foncée qui est lisérée d'une nuance claire à ses bords supérieur et inférieur.
Comparé au P. papillon, dont un exemplaire a été pris à Gorée par M. Rang, et deux autres, l'un (en très-mauvais état) au Sénégal, par Adanson, et le second, dans le même pays, par Delcambre, le P. du Gabon se distingue par la verticalité plus prononcée de la ligne du profil et par la situation plus antérieure par conséquent des yeux, différences très-appréciables sur nos individus, et dont on juge bien par la comparaison de la fig. 4 de notre pl. xxn et de la pl. cccliii du t. XII de YHist. des Poiss., par MM. Cuvier et Valenciennes.
De plus, la bouche du P. du Gabon est moins largement ouverte, et les dents sont proportionnellement moins fortes. La forme des nageoires n'est pas non plus la même ; la seconde épiptère porte seule une bande colorée.
M. Aubry-Lecomte a recueilli trois individus parfaitement semblables entre eux, et dont la teinte générale est sombre. Le moins petit est représenté de grandeur naturelle ; la différence de taille avec les deux autres est peu considérable.
XXI. Périophthalme a ravons rouges, Periophthalmus erythronemus, Guich.
PI, XXII, fig. 5.
En avant des yeux, ligne du profil un peu oblique ; bouche assez grande, fendue jusque sous l'aplomb du milieu de l'œil, qui est un peu rejeté en arrière; vingt dents environ ci chaque mâchoire, petites, coniques et d'inégales dimensions ; médianes plus longues que toutes les autres ; bords des lèvres et des appendices labiaux finement dentelés; teinte générale assez claire; nageoires sans bandes colorées, à rayons rouges [couleur qui a disparu par suite de la prolongation du séjour dans l'alcool).
D. 11-13; A. 10; C. 24; P. 12; V. 6-6. De Goree, un exemplaire unique dû à M. G. Lennier.
La forme même de la tête, ainsi que l'absence de bandes colorées sur les nageoires, distinguent ce Périophthalme du P. papillon.
L'amplitude plus considérable de la bouche, la verticalité moins prononcée du profil au-devant des yeux ; l'absence de taches blanches à la région operculaire, le défaut de bandes sur l'épiptère, la couleur rouge des rayons des nageoires ; la teinte générale plus claire, sont des différences spécifiques bien évidentes quand on compare ce Poisson au P. du Gabon.
POISSONS DE LAl'RIQUE OCCIDENTALE.