RS, NE
de la Terreur. Quelques généreuses convictions, habilement exploitées par certains financiers firent le succès éphémère de la seconde république ; quant à la troisième, sa réussite s'explique par la très bourgeoise assiette au beurre. Quantum mutata ab illà! Au lendemain de son usurpation, sa politique sceptique se résume dans le mot trivial de ses grandes dames ‘‘ ça va bien! c'est nous qui sommes les princesses à présent !”
En cette pratique fin de siècle, elle n’est pas facile à déloger, car elle déguise si bien son desnotisme irresponsable sous les licences de tout genre, que beaucoup d’esprits superficiels s’exclament: ‘ Mais il n’y a pas au monde de pays aussi libre !...” Et, lorsqu'on les prie de s'expliquer, les voilà qui définissent ‘‘ tyrannie,” les mille et une vexations des différents esprits au pouvoir et ‘* abus pernicieux ” les libertés fondamentales auxquelles ont droit les peuples ! Nous arriverons pourtant à leur faire ouvrir les yeux et à ramener le pays à la monarchie du dix-neuvième siècle, si nous aimons, ai nous voulons aussi passionnément la Liberté que nos aïeux de 1789.
Si nous voulons ! Nos pères, dit-on, faisaient de la
politique en gants blancs, et quand ils avaient demandé
ee
aux électeurs de voter pour eux, ils s’endormaient contents de leur journée, pour se réveiller le lendemain très surpris du vote hostile sorti de l’urne. Et nous, que faisons-nous ? Pas même cela! Le temps passe, et nous révons à ce que nos prédécesseurs n'ont pas su faire, à ce que nos enfants feront peut-être. Tout semble contre nous et cependant la partie est encore belle, à cette époque où la France regarde autour d'elle, et commence à comparer les différents gouvernements du monde avec le sien propre, ce qu’ils ont coûté de travail, de sang, de patriotisme, ce qu’ils ont rapporté de tranquillité, de bonheur, de liberté. Notre république n'y gagne pas à la comparaison ; elle n’est pas loin de faire banqueroute dans l'appréciation publique, pour entrer dans la période d'âge critique - entre la monarchie et le socialisme. Qu'elle choisisse entre les deux!
A vous, mon cher Georges, qui avez parcouru et habité plusieurs années l'Union Américaine, l'Angleterre, puis cette nouvelle France du Canada où J'écris aujourd’hui, à vous qui avez apprécié, comparé et jugé de visu, à vous enfin qui savez que la meilleure forme de gouvernement ici bas est la monarchie, c'està-dire, de nos jours, comme à ceux de Saint-Louis,
nn une République royale, là où elle est possible, grâce à
l'existence d’une Famille grandie avec la nation, je souwmets ces quelques réflexions. Leur seul mérite, vous le savez, c’est celui d'une conviction d'autant plus inébranlable qu’elle est plus raisonnée.
Vienne, ah ! vienne le jour de lu bataille, vienne le chef désiré, et ils sortiront si nombreux du sommeil, les bataillons qui ont perdu la foi républicaine, les bataillons qui ont gardé la foi royale ! Cejour là, si nous avons aidé dans la plus modeste mesure au triomphe final du Droit et de la Liberté, nous pourrons mourir contents, n'est-ce pas, MON vieux cama-
rade de la grande prairie ?