‹ Résistance des matériauxChapitre 36 sur 123 · ALTERATION DES ESSIEUX · texte numérisé non relu

ALTERATION DES ESSIEUX

mêmes est que la question soit examinée avec soin et que la vérité étant une fois connue , toutes les mesures nécessaires soient prises.

Pour m'éclairer sur cette question importante, j'ai eu recours à deux hommes parfaitement compétents, et dont la longue expérience donne à leur opinion et aux faits qu'ils ont observés une grande autorité. Ce sont MM. Marcoux et Amoux, tous deux anciens officiers d'£irtillerie , le premier directeur du matériel du service des malles-postes , et le second administrateur des messageries générales. Je ne puis mieux faire que de tran«> scrire textuellement les notes qu'ils ont bien voulu me donner & ce sujet.

456. Note sur les essieux des voitures en service sur les ROUTES ORDINAIRES, PAR M. Marcoux. — c Plusieurs ingéuieurs distingués pensent qu*uii service trop prolongé des essieux des voitures, marchante grande vitesse sur les routes ordinaires, détériore la nature du fer, et que ses parties nerveuses se changent en gros grains à faceU^ brillantes, comme on en trouve dans les fers de mauvaise qualité.

<c Des observations journalières, faites pendant plus de douze ans dans le service des malles- postes, m'ont démontré que l'altération du fer des essieux dont le service est trop prolongé ne se produit pas ainsi, et que, si l'on casse ces essieux à froid, on ne trouve de changements appréciables ni dans la texture, ni dans la grosseur du grain.

« Je ne pense pas qu'on puisse faire des expériences plus con* cluantes sur d'autres voilures, parce que les malles-postes marchent à une vitesse qu'aucune autre voiture, en service sur les routes ordinaires, n'a encore atteinte. Cependant , dans tous les essieux cass^ dans ce service pendant douze ans, je n'ai reconnu aucun eha»çem€ut appréciable dans la texture du grain avec ce qu'il était au moment de la fabrication des essieux.

« Doit-on conclure de mes observations que le fer des essîeux ne s'alt^e pas dans un trop long service? Non, sans doute : je pense, au contraire, que les vibrations que les essieux éprouvent dans les marches à grande vitesse détériorent le fer, sans pour cela que la texture du grain éprouve de cliangemenl.ap-

préciable; mais je n*cn suis pas moins convaincu que les essieux sont moins résistants après un long service, et en conséquence j'ai prescrit, dans le cahier des charges de l'entretien des mallespostes, que les essieux de ces voitures seront renouvelis.Bp.rè§ avoir fourni un parcours de 60 milla kilomètres^

« Ainsi, je le répète, d'après mes observations sur les essieux cassés pendant douze ans dans le service des malles-postes, la texture du grain du fer ne change pas d'une manière appréciable dans un long service, mais les vibrations qu'éprouvent les essieux produisent d'autres effets qui contribuent à les faire casser. J'ai remarqué que des essieux bien fabriqués, avec des fers de bonne qualité , cassaient après avoir fourni un parcours de 60 à 80 mille kilomètres, parce qu'il se forme, au-dessous du collet des fusées, de petites fissures qu'il est difficile de recon-

' naître sans chauffer le fer des fusées : si ces fissures, qui ont peu de profondeur lorsqu'elles se forment, restent inaperçues , les essieux cassent à cet endroit quand elles pénètrent de 10 à 15 millimè trcsdans la section de la fusée.

Il a Je pense que ces fissures se forment après un long travail, qu'elles sont occasionnées par les vibrations des essieux, et que cet effet se produit d'une manière analogue à ce qui se passe lorsqu'on casse un fil de fer en le courbant plusieurs fois en différents sens. Si l'on ne fait subir à un fil de fer que de trèsfaibles inflexions sur une grande longueur, on ne parvient pas à le rompre : c'est l'effet que doivent produire les vibrations sur le corps de l'essieu. Mais, si Ton serre le fil de fer dans un étau et qu'on lui fasse subir plusieurs inflexions en sens. contraires, le fer s'allonge d'un côté, se refoule de l'autre, et le fil se casse près de l'élau , comme les essieux cassent au collet des fusées. »

Les figures 5 de la planche V indiquent l'accroissement graduel des fissures observées sur les essieux des malles-postes«

487. Note sur les essieux des messageries générales, par M. C. Arnoux. — « Les ruptures un peu fréquentes d'essieux de diligences datent de loin et ont duré longtemps.

« C'est vers l'époque où l'emploi des ressorts droits a permis de construire des voitures à trois caisses, de les charger davan^

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