CHAPITRE TROISIEME
DEDUCTIONS DES DONNÉES EXPERIMENTALES
Les observations que nous venons de rapporter s’accordent avec celles de divers auteurs. PIERY et BoISsEAU, notamment, ont étudié en même temps le débit respiratoire et la capacité : « Ces facteurs, disent-ils, changent ensemble ». Cependant, ils signalent que PECH, SERGENT, GUES ont constaté comme eux que, dans les formes excavées, tandis que le débit croît, la capacité diminue. Cette assertion ne nous semble pas suffisante ; il faudrait tenir compte du volume de la caverne et surtout du degré septicémique des lésions. CamEerow, Myers insistent sur cet abaissement de la capacité dans les formes évolutives et infectantes. HassLer pense qu’elle est peu modifiée dans les fibroses. DumaresT et LELONG fixent à cinq ou six mois l’élévation lente de la capacité après diminution causée par le pneumothorax.
Un certain nombre de principes nous paraissent ressortir de nos expériences
1° — D'une manière générale, la capacité vitale est relativement diminuée dans la tuberculose. Pour aboutir à cette conclusion il ne faut pas se baser sur un chiffre moyen, considéré comme normal. On doit étudier chaque cas et rechercher les différentes causes de variations par examens en série.
2° — La décroissance de la capacité vitale dépend de la forme de la maladie tubereuleuse. L'état infectant, la
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bactérémie atteignent davantage la valeur de la capacité vitale que l’état local pulmonaire quel qu’en soit l’aspect, tramite, perte de substance, sclérose.
3° — La capacité vitale, dans le diagnostic, le pronostic et le traitement de l’affection, ne doit pas être considérée isolément. Elle constitue, au contraire, un symptôme physio-pathologique qui doit être réuni aux autres signes. Elle participe ainsi à l’établissement de la forme de la maladie et surtout du processus d’activité.
4 — Le chiffre de 700 ec., non pas pris isolément, mais considéré comme l’aboutissement d'une courbe décroissante, implique un pronostic fatal à brève échéance. 9° — La conséquence de ces notions est qu’on ne peut établir des valeurs chiffrées qui permettraient automatiquement de faire un diagnostic ou un pronostic, de fixer une intervention, de guider son efficacité, d'affirmer la bilatéralisation.
6° — En cas de désaccord avec la clinique, la radiologie ou le laboratoire, la capacité vitale peut éveiller l’attention et conduira à des recherches complémentaires. La diminution peut même, quelquefois, faire songer à une poussée évolutive latente.
1° — La capacité vitale peut atténuer ou aggraver un pronostic clinique, à condition de l’apprécier en fonction de chaque cas particulier.
8° — Un seul examen de la capacité vitale ne peut être d’une grande signification, cependant, si le chiffre est suffisamment bas, il peut témoigner de la gravité de la maladie.
9° __ La fonction respiratoire importante des bases exige de la prudence dans la pratique de la phrénicectomie. Une indication rigoureuse doit être posée avant la décision pour ne supprimer ce champ respiratoire que si les raisons en ont été sérieusement pesées.
10° — La thoracoplastie peut ne pas toucher la capacité vitale si elle affaisse une région, dont la respiration
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a disparue. Habituellement, la capacité vitale diminue après l’acte opératoire, pour se relever au bout d’un temps assez court, et conserver un taux à peu près constant.
11° — Cette fixité dans la capacité se retrouve lorsque le fibro-thorax est établi, constituant une sorte de thoracoplastie naturelle, plus ou moins parfaite, qui aboutit à un nouvel équilibre. respiratoire.
12° — D'ordinaire la capacité vitale récupère sa valeur par des suppléances emphysémateuses, et l’affaissement d’un poumon conduit à une capacité vitale dont le chiffre reste définitivement aux deux tiers environ de la capacité initiale. Ce taux est le signe d’une bonne réussite opératoire et d’un avenir favorable pour le malade.
13° — Si quelque temps après la thoracoplastie, le plus souvent un mois, la capacité vitale ne se relève pas, c’est qu’il faut rechercher par un examen lipiodolé ou par l’étude de l’expectoration une bronchectasie ou tout autre lésion du moignon, l’hypothèse d’un ensemencement possible du côté opposé étant exclue.
14°. — La valeur de la capacité vitale permet ainsi de compléter un traitement chirurgical par des inhalations sous pression ou tout autre médication désinfectante locale.
15° — Le pneumothorax commence par abaisser la capacité vitale qui se relève au bout de six mois environ, disent la plupart des auteurs. Nos observations montrent une élévation beaucoup plus rapide. Il faut tenir compte, sans doute, de ce qu’actuellement et en particulier au Sanatorium Xavier-Arnozan, ce sont surtout des collapsus de détente qui sont institués et peu de collapsus de compression.
16°. — Une diminution assez brusque de la capacité vitale peut mettre sur la voie d’un épanchement liquidien consécutif au pneumothorax, ou, d’un processus d’envahissement du côté opposé.