TT B*R
Tgaest la pente suivant laquelle s'arrêlera la pierre considérée, ou, autrement dit, la pente de compensation relative à celle pierre dans la seclion normale dont le rayon moyen est R.
En remplaçant dans celte expression le rayon moyen par le produit m\l du coefficient de forme et de la hauteur de Teau dans la section considérée, l'équation précédente deviendra :
^^ * = 0,076 TT b'^ »,H (*6)
9ft. Transport partiel. Transport en masse. Courant de lave. — J*ai montré précédemment que les matériaux entraînés par Teau marcheront d autanl plus lentement que leur vitesse-limite d'entraînement sera plus grande. Ainsi, le sable et le gravier fuiront avec rapidité, tandis que les galets et les blocs les plus petits s'arrêteront par intervalles.
Tout cela suppose que les matériaux laissent entre eux un espace suffisant pour ne pas se gêner mutuellement. S'ils étaient 1res nombreux, de manière à se toucher, leur vitesse tendrail à devenir à peu près la même et se rapprocherait de la vilesse moyenne qu'aurait la môme matière si les diverses parties étaienl invariablement liées entre elles.
Ce dernier mode d'entraînement a été nommé tramport en massCj par oppositioa aa premier que Ton désigne sous le nom de ' '''^ iriage des malériaux.
Mids amas 4e débris, provenant
THANSl'OIlT KT UKl'OT
de réboulemcnt ou Ju glissement des berges, s'onlasspnl dans la gorge d'un torrent, sans qu'il sîurvîenne une pluie assez forle pour k'seriliaîiier; ils fonnenl alors uiie espèce de barragequî relient elaccuniule les eaux. Puis, un jour,unoragc éclate dansU' nioiilagne ; les filcls liquides descendent des escarpements avec' ' nne extri^me rapidité cl poussent confusémcnl le barrage dont il vient d'être parlé. Les matériaux qui le constituent gênent marclie dos eaux cl ralentissent leur vitesse ; mais les filets con-^ lÎDUcnt à affluer par derrière, se mélangent avec l'argile des débris, et finissent par former une lave d'une force irriSsisliblQf^ ainsi <|UP tiousl'avons fuit voirloul à l'heure.
Ces courants de lave sont de véritables débAcles, et comme le) avalanches sunt généralement préci^dés d'un coup de vent violent : ils s'assimilent tout ce qui se trouve sur ,leur passage, marcbent avec lenteur, el leur vitesse est d'autant plus faible ' qu'ils sont plus cbargés de blocs ou que la pente est moindre. M. Marchand cite les laves de l'illgraben (Valais) qui ne vont p i plus viteiju'iin homme marchiint au pas, ce qui correspond i I peu près à 1 m. 50 de vitesse. D'autre part, dans une note de l'oU'!'! vragc de M. DemonUoy. un témoin oculaire do la lavo qui g'ei produite en 1876 dans le torrent du Faucon (Vallée de rUbaye)J évalue lu vitesse de cette lave eu la comparant à celle d'un che»9 val trottant sur une route plane, te qui fait environ 4 à 5 m.
Ces ebiiïres, comme on le voit, sont faibles en comparaison de cens qui exprinieraienl la vitesse d'une eau claire descendant sur une pente raide.
Cela étant, nous appellerons:
Héyime normal A' ua torrenl, celui qui correspond à la période de slabililn;
Crue modéére, celle qui donnera lieu à un transport partiel ; Forte crue, celle qui produit le transport en masse ; Crue excessive, celle qui donne lieu aux courants délave. Au point de vue des crues, on peut ranger les torrents en deux . catégories : 1» ceus dont les crues sont tellement subites qu'on ne [ ne peut distinguer ni une période d'accroissement nî une période I ds décroissement régulier ; 2° ceux dont les crues durent plusieurs 1 heures.
Dans les premiers, le profil de compensation relatif k un état I 4^r'i>iD^ <i^ torrentialité se produira plus rapidement que dans a autres, et en voici la raison : Dans les fortes crues un peu pro-
CHAPITIti- CINQUIÈME
longées il y a trois périodes; la période de croissance, la période' du maximum et celle de décroissance. Dans les deux premières périodes lo couraot est gêné rai emeuL salure, et le lit lend à la permanence; mais pourpeuque la troisième période se prolonge, les eaux pourront ÔLre peu chargées de malérmux et naème rode- ' venir claires ; la force d'alTouillemenl reprendra ses droils, le travail de régularisation produit pendant les premières périodes , pourra ôlre détruit, et l'irrégularité reparaîtra dans une certaine ■ mesure. Ainsi, en admettant que le lit d'un torrent à crues prolongées tcndeà former son prolil de compensation, il mettra plus de temps que les autres pour y arriver.
Celle tendance vers le prolil de compensation amène des affouillcments sur certains points, et des dépôts sur d'autres (voir la fig, 27). Or, l'abaissement du lit entraîne forcément des éboulements dans les berges el des glissements.
Chacun sait à quels désastres vraiment épouvantables donnent lieu les bouleversements provoqués par les fortes crues dans les torrents.
Il n'en est pas de même des crues modérées. Supposons que les m&tériaux qui se sont éboulés dans le bassin de réception soient atteints par une de ces crues. Tous les blocs dont la vitesse-limite sera supérieure à la vitesse de l'eau ne bougeront pas ; les autres seront emportés, et s'ils sont nombreux ils se déposeront plus bas, là où, par ta diminution de la penle, la force d'entraînement aura diminué.
Si une deuxième crue modérée succède assez rapidement k la première, les eaux, n& rencontrant plus de menus débris dans la partie supérieure, descendront presque pures; n'étant plus saturées comme la première fois, elles reprendront une partie des graviers qu'elles avaient déposés; puis elles détermineront un KiïouiUcmcnt dont le produit sera transporté plus loin, et ainsi de suite.
Plusieurs crues modérées successives ont donc pour résultat de débarrasser la gorge, dans toute son étendue, des cailloux et des graviers do petites dimeusîons, jusqu'à ce que les gros blocs, faisant l'office de radier, soient suffisants pour empêcher l'entraînement des matériaux qu'ils recouvrent.