CHAPITRE III
Ou est le Gouvernement.
On ne fait tant de politique que parce qu’on n’a plus de religion. Si les esprits étaient gouvernés, il n’y aurait pas besoin de tant de gouvernement pour le reste. C’est l’excès de l’erreur qui nous ramènera !
Ce n’est pas du dehors qu’on gouverne la Société. A proprement parler, on ne gouverne pas les hommes. Les hommes sont des âmes ; on ne les louche pas. C’est par les principes qu’ils se meuvent.
La Société se gouverne du dedans au dehors. Les grands pouvoirs, les plus grands hommes, qui nous semblent la gouverner, sont gouvernés par elle. Ils sont portés sur les croyances, comme le bateau sur les flots qui l’emportent.
Les révolutionnaires ont une singulière idée de la Société, c’est-à-dire de la grande affaire de Dieu, quand
( 1 ) Au sein d'une façon d'agir homogène, l'impuissance de la bourgeoisie à se mettre d'accord dans la pensée, que prouve-t-elle, sinon le désordre des esprits? Et ce désordre que prouve-t-il, sinon l'anéantissement des croyances et, par suite, notre destruction politique?
L ORDRE SOCIAL
ils prétendent que des hommes la pourraient conduire! La Société, comme la nature, a ses forces et son gouvernement dans sa partie invisible.
Ce n’est pas nous qui menons les faits, ce sont les idées; ce n’est pas nous qui menons les idées, ce sont les consciences. La politique est un champ stérile. Les faits procédant des idées, et les idées des consciences, on n’aura d’autre pouvoir sur l’homme que celui qu’on aura sur son âme. '
Augmentons en elle la Foi; usons de philosophie pour arriver jusqu’aux portes du dogme; et, pour affermir ce domaine, étendons celui de la vertu ; en un mol, soyons saints et n’oublions pas cette loi : L’état de la Société résulte du rapport où se trouve la conscience avec Dieu. Et voyez maintenant comme on doit gouverner !