CHAPITRE V
Ou la Foi ou le moi.
Nous avons en deux mots la théorie de la Révolution. Le moi, c'est l’envie. Du moins c’est là son mouvement naturel. Le moi seul est comme une portion de l’étro fermée dans le (ini.
La Foi, en refoulant l’instinct du moi par la grâce et par les considérations de l’ordre divin, y substitue la justice, et peu à peu la charité, qui sont le contraire du , moi. Or, la justice rend possible la Société, que l’envie rend impossible. De même que les révolutionnaires, les sauvages, les barbares sont voleurs, orgueilleux et cruels, selon le moi, selon l’envie.
Quand la Foi, ce foulon de l’envie, n’agit pas sur la nature humaine, on fait marcher le foulon du despotisme. C’est pourquoi il n’v a que deux espèces de sociétés : celles que l’antiquité a établies par le despotisme, et celles que le Christianisme a établies par la Foi.
Sans répandre le sang, le despotisme ne saurait aujourd’hui contenir le moi, à cause de l’état de liberté auquel nous a habitués le christianisme. Il ne reste exactement que la Foi pour ressaisir le moi et l’empècher de faire éclater de nouveau l’état sauvage parmi les hommes.
Or, la Foi ayant disparu aux deux tiers, jugeons où nous en sommes.
Le socialisme n’est que la religion de l’envie. C’est
l’envie telle quelle peal se montrer aa milieu <i une civiiisation. Ici, ce n'est ptos le mérite qui fait l’homme, mais l’inflexible Egalité1. Le capital n’est plas le frnil de celai qui le crée ; tous les hommes y ont an droit égal *. Promenons cette idée sar toutes les natares, sur toutes les positions, que nous donnera-t-eile? Le chiffre de nos ennemis.
Le socialisme est dans le moi, il est dans notre sang, il est dans l’homme. II est en nous tous maintemant. Il suffit d’arrêter la source de la Foi pour que l’envie déborde et couvre la nature humaine.
Aujourd’hui, nous avons donc affaire à l’homme, c’està-dire à J’envie et à l’orgueil démuselés. N’expliquons pas plus faiblement la Révolution; sinon, nous n’en sortirons point. Ou la Foi, ou le moi.
Ne sortons pas du vrai : la Révolution finira quand la religion reviendra.