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CHAPITRE VII

L’Ordre ne vient pas du Pouvoir.

De la dépravation intérieure résulte tout simplement le socialisme. La Société ne croule au dehors que quand l’intérieur est détruit.

On ne voulait plus de Dieu, ni de l’immortalité, ni de tout ce qui gênait l’emploi que l’homme de la jouissance prétend faire de lui-même. La bourgeoisie crie au socialisme ! Mais où est la racine de l’arbre? sur le peuple je n’en vois que les branches.

Avant de guérir F égarement du peuple, il faudra guérir notre propre démoralisation. Le peuple n’est que l’enfant de nos erreurs : comme nous, il marche dans la passion aveuglée par l’orgueil.

Certainement la Révolution en veut à la Société même; elle veut abolir la famille, effacer l’homme, dévorer la propriété; mais il lui faut avant tout renverser le pouvoir. Le Pouvoir est à cette heure la dernière force de la Société. Mais cette sauvegarde ne peut pas durer toujours. Et encore prend-on tous les moyens pour l’annuler. Le Pouvoir est aussi malade que la Société1. Le gouvernement n’est quq l’instrument extrinsèque de l’ordre. Si

(I) On dira: « La Société se noie; ee ne sont pas les paroles du Maître qu’il lui faut, c’est la branche du saule. » Mais une fois attachée à la branche du saule, la Société lie peu! pas rester là !

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l’ordre n’est pas en nous-mêmes, comment le reproduira-t-il ?

Rétablir le pouvoir, c’est étayer une maison, ce n’est pas la reconstruire. Ces étais ne pourront porter loin le poids de la Société. Réédifions le pouvoir, mais, à l’abri du pouvoir, réédilions-nous promptement nous-mêmes.

Ne l’oublions point, la Société est dans nos coeurs. Pour échapper à la vertu, nous cherchons toujours ailleurs les fondements de la Société; mais nous ne les trouverons point. Nous voulons rétablir l’ordre, et l’anarchie est en nous1.

La politique ne peut nous rendre la Foi, l’amour de Dieu, l’humilité, les mœurs. Le mal de nos cœurs tient-il à une forme de gouvernement? Valons-nous mieux sous la république que sous Philippe? Sous ce roi, valions-nous mieux que sous la Restauration? line révolution nouvelle ne serait rien, ce ne serait point une révolution.

La révolution à faire est en nous-mêmes, et non en ce que l’Opposition demande. Voilà la grande révolution ! Montrons-nous là grands révolutionnaires ; les autres soûl des misérables qui deviendront l’horreur de la postérité.

Comment le nier? la perte de la Foi a amené la déchéance de la loi, qui n’a d’autre sanction que le gendarme; la déchéance de l’autorité, qui n’a plus en nous le principe d’obéissance; et la déchéance de la propriété, qui n’a plus pour garantie le respect qu’inspirait l’homme...

Tous ceux qui franchissent les barrières pénales posées par les lois ont déjà franchi ces barrières invisibles que

(1) La collection d'honnêtes gens appelée le pari» de l’ordre n’est, au fond, qu’un parti en anarchie. Il est compose d’hommes dont les cœurs tendent à des buts divergents, soit par l'opposition de leurs idées, soit par leur scepticisme.

Dieu a mises en nous, et que vous en avez ôtées. L’Ordre découle de la conscience : or celle-ci a été annulée au moment où Dieu en a été banni.

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