‹ Résultats Comparatifs de la Réaction de Bordet-Wassermann dans le Sang du Cordon, le Sang de la Mère et le Sang de l'EnfantChapitre 10 sur 25 · TECHNIQUE · texte numérisé non relu

TECHNIQUE

Nous nous sommes donc efforcé à la consultation des femmes enceintes de la Clinique Tarnier -où nous appelaient nos fonctions de repérer des femmes syphilitiques, de les suivre pendant toute la durée de leur grossesse tant au point de vue clinique que sérologique et de recueillir, au moment de l'accouchement, leur sang, le sang du cordon et le sang de leur enfant nouveau-né. Pendant la grossesse nous n'avons pas manqué chaque fois qu’il n’était pas trop tard pour que le fœtus en retirât un profit d’ordonner à ces malades un traitement antisyphilitique et de veiller à sa stricte application.

Des malades ainsi distinguées, en général vers la fin de la première moitié de leur grossesse, bien peu nous fournirent un sujet d'étude complet, et ceci pour de multiples raisons, dont une des plus importantes est que beaucoup parmi elles firent une fausse couche ou accouchèrent de fœtus morts et macérés.

Les sangs ont tous étéexaminés selon deux techniques au moins, celle de Wassermann type et celle de Desmoulière ; parfois à ces deux techniques s'ajoutent

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celles de Hecht, de Kahn et de Vernes. Nous verrons plus loin qu’il y a une remarqne à faire sur les résultats de la technique de Desmoulière dans le sang du cordon.

Ilfut facile de pratiquer plusieurs fois la réaction chez les mères, d’abord dès qu’elles furent reconnues: syphilitiques, puis pendant leur traitement, quand il y en eut, enfin quelques minutes après l’accouchement et souvent même une dernière fois quelques semaines ou quelques mois plus tard.

Pour le sang du cordon nous nous sommes bien trouvé de le recueillir dans des tubes de verre enduits de paraffine. Cette pratique nous fut conseillée par M. Hinglais qui l’emploie depuis deux ans après avoir soigneusement étudié si la présence de paraffine sur les parois du tube ne trouble pas la réaction ; ila démontré qu’à condition d'employer de la paraffine neuve et stérilisée, déposée aseptiquement dans des tubes préalablement nettoyés et stérilisés, son emploi n'offre que des avantages : le caillot se détache facilement des parois du tube, le sérum est plus abondant, plus limpide et moins coloré ce qui facilite les examens de laboratoires sans fausser les résultats.

Quant au sang de l'enfant nous fûmes au début assez embarrassé. La sérologie du nourrisson est encore très mal connue. On s'est borné jusqu'ici pour le dépistage de la syphilis chez les enfants de cet âge, aux symptômes cliniques qu’ils pouvaient présenter et surtout, beaucoup plus souvent,aux symptômes que présentaient

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leur parents, en particulier leurs mères, etaux réactions sérologiques pratiquées chez ces dernières. Si nous recherchons les raisons de cette abstention presque systématique d’épreuve sérologique chez le nourrisson nous pouvons en découvrir plusieurs dont la plus importante semble être la difficulté de faire des prélèvements sanguins à des enfants si petits.

De nombreuses méthodes en effet ont été proposées pour recueillir le sang du nourrisson ; le nombre élevé de ces méthodes prouve qu'aucune n’a assez d’avantages sur les autres pour s'imposer. La ponction des veines du pli du coude est impossible ; la ponction de la jugulaire externe est une opération assez facile chez le nouveau-né, mais trop délicate cependant pour être pratiquée de façon systématique dans un but de diagnostic, à plus forte raison de simple dépistage de la syphilis. À notre avis cette méthode doit être réservée au thérapeute pour les cas où il doit frapper vite et 1 1Ort:

Deux autres réservoirs sanguins seulement restent à la disposition du sérologiste, les veines épicraniennes, . le sinus longitudinal supérieur. Mais si la ponction des veines épicraniennes, si souvent dilatées dans cette affection, est relativement facile chez le nouveau-né manifestement chez le syphilitique, elle n’en reste pas moins difficile, sinon impossible chez l'enfant qui à sa naissance parait indemne bien qu'il soitissu de parents syphilitiques. Cette méthode ne parait donc pas susceptible d’être appliquée d’une façon systématique pour la recherche d’une syphilis peu active. La ponction du

sinus longitudinal supérieur d’après les cliniciens qui la pratiquent fréquemment est absolument inoffensive. Mais ce procédé, outre qu’il exige une certaine habitude de la part du médecin qui l’emploie, est trop impressionnant pour être facilement accepté par la plupart des parents.

Reste la ventouse scarifiée. Pratiqué avec une ventouse ordinaire, chauffée au moyen d’un tampon de coton imbibé d'alcool et enflammé, ce procédé ne donne pas de bons résultats, les vapeurs d’alcool toujours emprisonnées dans la ventouse produisant fatalement l’hémolyse du sang. Nous essayàmes la ventouse sans feu, où le vide est obtenu au moyen d'une pompe. Cet artifice nous donna deux avantages dont le premier fut de recueillir du sang qui ne s’hémolysant pas se prêtait bien aux examens de laboratoire et dont le second fut que la ventouse pouvait être appliquée et fonctionner malgré les mouvements impossibles à éviter chez un nouveau-né, mouvements qui en plissant la peau si peu adhérente aux plans musculaires à cet âge laissaient entrer l’air ambiant et avec la ventouse ordinaire faisaient cesser l’aspiralion trop souvent avant que le sang ait pu s’écouler en quantité suflisante. Avec la ventouse à pompe au contraire, même s'il y a de petites pénétrations de l'air extérieur à l’intérieur de la cloche on peut maintenir une aspiration convenable aussi longtenips que l’on veut : il suffit de faire fonctionner la pompe.

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Voulant voir si la matière sébacée que l’on trouve toujours sur le corps du nouveau-né en assez grande quantité ou si la lymphe qui se mélange toujours au sang obtenu par scarification cutanée ne viendraient pas modifier les réactions, une dizaine ‘de fois nous avons prélevé du- sang par ventouse et par ponction du sinus simultanément chez le même enfant ; les résultats ont toujours été concordants si bien que par la suite nous avons complètement abandonné la ponction du sinus.

Enfin une question importante se posait : à quel moment fallait-il prélever le sang ? A priori il semblait que pour pouvoir comparer utilement les séro-réactions dans le sang du cordon et dans le sang de l'enfant il fallait s’efforcer de réunir le plus possible de points communs parmi lesquels devait figurer la date du prélèvement du sang ; donc prélever le sang le plus tôt possible après la naissance. Mais certains auteurs, en particulier Mile Sabin (Annales des Maladies Vénériennes, 1913) se sont aperçus que la réaction de Wassermann chez le nouveau-né était rarement positive, qu’elle l'était beaucoup plus fréquemment plus tard, comme s'il fallait un certain laps de temps pour que la réaction acquière sa véritable signification.Là encore nous avons dû faire quelques essais pour vérifier cette assertion et sur quelques sujets nous avons prélevé du sang le jour de la naissance et une dizaine de jours, parfois un mois ou six semaines plus tard : il nous a bien semblé en effet

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que dans le sang prélevé aussitôt après la naissance la réaction était moins intense que dans le sang prélevé plus tard.

Admettre ce retard à l’apparition de la réaction, c'était créer un argument contre la valeur de la réaction dans le sang du cordon. En effet s’il est vrai que chez un enfant, né de mère spécifique, spécifique luimême, la réaction sera positive à l’âge d’un mois par exemple mais sera négative les premiers jours de l’existence, comment peut-on espérer trouver cette réaction positive dans le sang du cordon, alors qu’au même moment elle est encore négative dans le sang de la circulation générale ? Nous verrons plus loin ce que nous avons pu observer dans cet ordre d'idées laissant à de plus qualifiés que nous le soin d'interpréter les faits.

Il est arrivé que des femmes que nous avions remarquées comme syphilitiques dans l'intention d'examiner le sang de leur enfant et de son cordon ombilical accouchent d'enfants vivants mais qui moururent après quelques inspirations ou d'hydrocéphales à qui l’on dut faire une basiotripsie. Dans ces cas, séance tenante, nous prélevâämes du sang par ponction cardiaque quelques instants seulement après la mort. Mais nous avons écarté systématiquement les cas où le sang fut recueilli plus de quelques minutes au maximum après la mort du fœtus ; on sait en effet que la réaction de Bordet- Wassermann pratiquée sur le sang de cadavres perd toute spécificité et se trouve fréquemment positive en dehors de la syphilis,

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