I. — FRÉQUENCE GÉNÉRALE DES HERNIES SUIVANT LES AGES
A. Fréquence absolue. — Pour déterminer la fréquence des hernies aux divers âges de la vie, nous avons classé suivant leur âge, par périodes de cinq années, les sujets sur lesquels ont porté nos observations. Dans cette répartition des 10000 cas de hernies sur lesquels a porté mon examen, en catégories correspondant à des périodes successives de cinq années suivant l'âge que les malades avaient au moment où ils se sont présentés à la consultation des bandages, j'ai séparé les sujets âgés de moins d'un an de
eeux qui appartenaient aux quatre années suivantes; la très grande fréquence des hernies cliez les nouveau-nés m'a conduite faire cette distinction que nous verrons justifiée par les chilTres. Les calculs ont été faits à part pour les individus du sexe masculin, pour ceux du sexe féminin, enfin pour la totalité deshernieux appartenant aux deux sexes.
Sur 10 000 sujets, 9946 ont pu indiquer leur âge avec certitude; de ce nombre étaient 743!2 hommes et 2514 femmes seulement. On trouvera, à la 2' colonne des tableaux annexés au prochain paragraphe, les chiffres représentant la somme des cas de hernies appartenant à chacune des périodes dans lesquelles ces 9946 sujets se sont trouvés répartis suivant leur âge. Ces chiffres indiquent par conséquent combien, sur 10000 individus qui se sont présentés au Bureau central avec des hernies, il s'en est trouvé de chaque âge, hommes, femmes ou les deux sexes réunis.
En examinant les résultats obtenus de la sorte nous constatons que, dans le sexe masculin, le chiffre des hernieux examinés pendant la première année de la vie, est presque égal à celui des hernieux qui ont été présentés à la consultation dans les quatre années qui suivent; qu'il est d'un bon tiers plus élevé que celui des hernieux appartenant aux cinq années comprises entre cinq ans et neuf ans révolus, qu'il est beaucoup plus que double des hernieux qu'on observe de la dixième à la quinzième année. C'est à ce moment que la fréquence absolue de la hernie atteint son minimum chez l'homme; puis le chiffre des hernies croît pour chaque période de cinq années successives, jusqu'à l'âge de soixante à soixante-quatre ans révolus où il atteint son maximum, pour décliner lentement d'abord, puis très rapidement à partir de l'âge de soixante-quinze ans révolus et surtout de quatre-vingts.
Dans le sexe féminin, le nombre des hernies observées pendant la première année dépasse beaucoup la somme des hernies notées pendant les quatre années suivantes; il est presque quadruple du chiffre des hernies observées de quinze à dix-neuf ans révolus, période à laquelle correspond, chez la femme, le minimum de hernies, que nous avons constaté chez l'homme entre la dixième, et la quinzième année : puis le chiffre des femmes atteintes de hernies se relève, pour rester presque stationnaire à partir de l'âge de trente-cinq ans, augmenter cependant légèrement jusqu'à la période comprise entre la soixante cinquième et la soixantedixième année, et diminuer très rapidement à partir de cet âge.
On voit que les variations du chiffre des hernies observées au Bureau central et réparties suivant l'âge de ceux qui en étaient atteints, correspondent à peu près chez l'homme et chez la femme. Dans l'un et l'autre sexe les faits dominants sont :
l°La prépondérance numérique considérable des hernies observées pendant la première année, prépondérance dont nous allons déterminer bientôt la cause;
2" La diminution très rapide du chiffre des hernies correspondant aux premières périodes de la vie jusqu'à un minimum que l'on peut placer aux environs de la quinzième année;
3° A partir de cet âge, l'accroissement graduel du nombre de cas observés, accroissement qui, chez l'homme, atteint son maximum un peu plus tôt que chez la femme, et qui fait place à une diminution lente d'abord, puis très rapide à mesure qu'on approche des périodes les plus reculées de l'existence.
Je signale seulement ces résultats, bien moins importants à considérer que ceux sur lesquels je vais appeler pour quelques instants l'attention.
B. Fréquence générale des hernies envisagée dans ses rapports avec le chiffre de la p)opulation aux différents âges. — L'examen des nombres représentant le chiffre brut des hernieux qui se sont présentés au Bureau central aux différents âges, répartis par périodes successives de cinq années, permet à la vérité d'établir qu'il est des périodes de la vie où les hernies s'observent plus fréquemment qu'à d'autres et de suivre dans une certaine mesure l'accroissement ou la diminution de la proportion des hernieux suivant les âges. L'estimation qu'il fournit n'est néanmoins pas exacte. Le chiffre de la population subissant des variations considérables en rapport avec l'âge, les chiffres des hernieux répartis suivant leur âge en périodes égales, ne correspond pas pour ces périodes à des fractions égales de cette population, de telle sorte qu'un nombre de hernieux assez élevé, observés à une époque de la vie où le chiffre des individus du même âge est également très élevé, peut correspondre à une proportion réelle de hernieux bien inférieure à celle que l'on constate à un âge où le chiffre des hernieux est moindre à la vérité, mais où le chiffre des individus du même âge ne représente plus qu'une fraction très faible de la population.
Pour avoir une évaluation exacte des variations que subit la fréquence des hernies suivant les âges, il faut donc établir pour chaque âge la relation entre le nombre des hernieux et le nombre de tous las individus de cet âge qui font partie de la population.
J'ai donc eu recours aux résultats du dénombrement de 1881 pour la ville de Paris, année pendant laquelle je faisais mes recherches et je réunissais mes documents au Bureau central : j'y ai relevé le chiffre de la population par âges et par états civils en le répartissant en périodes correspondant exactement à celles
dans lesquelles j'avais également réparti suivant leurs âges les hernieux observés au Bureau central ; une simple division, pour chaque catégorie, m'a donné la proportion de hernieux observés au Bureau central pour mille individus du même âge appartenant à la population parisienne : j'ai, de la sorte, établi les trois tableaux que voici, indiquant le premier pour le sexe masculin, le second pour le sexe féminin, le troisième pour les deux sexes, quelle est aux divers âges de la vie la relation entre le chifîre de la population et celui des hernieux de la classe indigente, observés à la consultation des bandages. Dans chaque tableau, les nombres sont répartis par périodes successives de cinq ans, en faisant exception pour la première année qui est comptée à part des quatre années qui lui font suite et qui occupent la deuxième ligne.
Tableaux indiquant les relations numériques qui existent entre les sujets atteints de hernie observés et traités au Bureau central, et les individus de la popxdation parisienne appartenant aux mêmes (Iges :
HOMMES, 1881