‹ Résultats de l'examen de dix mille observations de hernies, recueillies a la consultation des bandages au Bureau central du 4 février 1881 au 11 août 1884Chapitre 34 sur 84 · VI : nombre des hernieux de chaque âge pour le déparlement · texte numérisé non relu

VI : nombre des hernieux de chaque âge pour le déparlement

de 1383887 individus, devait donc comprendre 30959 femmes atteintes de hernie.

Enfin la population totale du département de la Seine, s'élevant à 2 762 537 individus en 1881, devait comprendre à la même époque 123477 hernieux environ : la proportion des hernieux au chiffre total de la population pour le département de la Seine, en 1881, peut donc être approximativement donnée comme étant de 1 individu sur 22,3.

Ainsi, pour le département de la Seine, la proportion des hernieux à la population est représentée par les fractions suivantes :

Sujets masculins 1/14,9

Sujets féminins 1/44,7

Pour les deux sexes 1/22,3

Je me hâte d'ajouter que, même en considérant ce résultat comme répondant absolument à la réahté, il ne faudrait pas trop se hâter d'en conclure que ces chiffres représentent la fréquence générale des hernies dans l'espèce humaine ou même en France. On a beaucoup parlé des différences de prédisposition que présentent les diverses races humaines pour les hernies : je ne possède aucun document nouveau qui me permette d'aborder ce sujet, sur lequel d'ailleurs on manque absolument de données précises; mais ce n'est que par analogie, et avec bien des réserves, qu'on peut appliquer lescalculsquim'ont permis d'évaluer la fréquence des hernies dans le département de la Seine à la fréquence générale des hernies : le mode de recrutement de la population parisienne, l'immigration incessante d'éléments provinciaux et étrangers qui viennent s'y mêler à la véritable population indigène, font qu'on ne saurait en aucune façon assimiler ce département aux autres au point de vue du renouvellement de la population, de la répartition de celle-ci suivant les âges, et des conditions où doit être établie sa statistique.

On ne peut même se cacher ce que les calculs, sur lesquels j'ai établi la proportion des hernieux dans le déparlement de la Seine, ont d'un peu théorique : ils sont fondés sur l'hypothèse que la répartition des hernieux qui se présentent au Bureau central, suivant leur âge, correspond à la répartition générale des hernies suivant les âges et lui est proportionnelle; cette assimilation est probablement exacte dans ses grandes lignes ; il pourrait cependant se faire qu'à certaines périodes de la vie, par exemple dans la seconde enfance, dans l'adolescence, les sujets atteints de hernies récentes de pelit volume, ou de hernies congénitales ou infantiles incomplètement guéries, sentent moins le besoin de

demander des secours pour une infirmité qui ne les gène pas, qu'ils ne connaissent même pas et dont personne autour d'eux ne s'occupe, tandis que dans la première enfance la sollicitude maternelle, dans l'âge adulte les nécessités du travail, dans la vieillesse la pauvreté, font affluer les malades à la consultation du Bureau central. Cette critique à part, l'évaluation que je crois pouvoir donner repose sur des observations et sur des calculs d'une exactitude incontestable.

On trouvera dans les Leçons sur les hernies, de Malgaigne\ et dans le travail de Wernher % l'indication de nombreux travaux ayant pour but d'estimer la fréquence des hernies par rapport à la population : les auteurs de ces deux importants mémoires ont eux-mêmes cherché la solution de cette question dans des calculs trop longs pour que nous puissions en donner l'analyse et en faire la critique par le détail ; mais voici le reproche capital qu'on peut faire à ces recherches et qui ôte toute précision à leurs résultats :

Les estimations de la fréquence des hernies données par Malgaigne et par Wernher sont fondées sur les chiffres recueillis par les conseils de revision en France, en Belgique, en Saxe, en Wurtemberg, en Hesse. Ces chiffres, indiquant la proportion de hernieux que renferme la population masculine à l'âge du service militaire, présentent des diflërences considérables, où le maximum de fréquence est donné par la Saxe (1 hernie sur 21 sujets examinés) et le minimum par la Belgique (1 sur 89). Mais en admettant même que la proportion des hernieux par rapport à la population ait été déterminée par ces travaux pour la période comprise entre vingt et vingt et un ans révolus, pour conclure de cette proportion à la fréquence des hernies aux différents âges, il a manqué à ces auteurs de connaître la fréquence relative des hernies par rapport au chiffre de la population à ces divers âges, de posséder, en un mot, une échelle de fréquence des hernies suivant les âges pour un nombre constant d'individus de chaque âge. — C'est à déterminer ce terme du problème en question que je suis, je le crois, arrivé, et c'est à cette importante considération que l'évaluation que je donne doit de reposer sur une base plus solide que les précédentes ^

1. Malgaigne, Leçons sur les hernies, p. 9 à 19 : tirage à part.

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