III. — FRÉQUENCE DES DIVERSES ESPÈCES DE HERNIES SUIVANT LES AGES
Pour traduire d'une manière plus frappante les résultats de mes recherches sur ce point, et pour éviter les longues énumérations de chiffres, j'aurai recours aux procédés graphiques, et toutes les fois que cela sera possible je représenterai par une courbe la fréquence plus ou moins grande de chaque sorte de hernie aux différents âges. Dans les tableaux où sont figurés ces résultats, le nombre des cas observés à chaque âge est représenté par la hauteur à laquelle la courbe coupe la ligne verticale correspondant à l'âge en question : les âges eux-mêmes, espacés de cinq en cinq ans, correspondent aux divisions horizontales du tableau.
Dans l'examen de ces résultats, je n'ai tenu compte que du nombre absolu des hernies de chaque espèce que j'ai observées aux différents âges. Les maxima et mini ma de fréquence ne coïncident donc pas tout à fait avec les maxima et les minima de la fréquence que l'on obtiendrai! en tenant compte du chiffre de la population aux différents âges : ils ne s'en écartent néanmoins d'une manière sensible que dans l'âge très avancé, oij le développement toujours croissant des hernies, joint à l'abaissement rapide du chiiïre de la population, fait que la fréquence des hernies par rapport à la population augmente encore, alors que le nombre absolu des hernies décroît déjà d'une manière sensible. La fréquence des hernies suivant les âges doit être l'objet d'une étude à part dans le sexe masculin et dans le sexe féminin.
A. — SEXE MASCULIN
I. Hernies inguinales. — A. Hernies inguinales simples, — La fréquence des hernies inguinales simples ne suit pas exactement la même loi pour le côté droit et pour le côté gauche.
a) Du côté droit, représenté par un cliiffre très élevé pendant la première année, le nombre des hernies inguinales droites augmente encore un peu pendant les quatre années qui suivent pour décroître très rapidement de cinq à dix, de dix à quinze, puis plus
doit être bien plus élevé d'ailleurs que la proportion générale des heriiieux aux sujets de tout âge et pris dans des condilions normales de santé. — Je rappelle que le rapport des hernieux au chiffre de la population était donné pour Malgaigne par la proportion 1 : 31 ; par celle de 1 : 42 pour Wernher.
lentement jusque vers trente ans, où il est réduit au minimum. Il se relève ensuite pour atteindre, vers l'âge de cinquante-cinq ans, un nouveau point culminant, sans qu'à ce moment la fréquence des hernies inguinales droites atteigne même la moitié du chiffre qu'elle présentait dans les premières années de la vie; la fréquence se maintient à peu près la même, en diminuant quelque
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Fig. 2
peu et avec quelques variations sans importance, jusque vers l'âge de soixante-quinze ans, où elle décline brusquement et très rapidement.
h) La courbe représentant la fréquence des hernies inguinales gauches présente les mêmes variations : le même maximum initial, aboutissant après une décroissance rapide à un minimum de fréquence qui correspond à l'âge de vingt-cinq ans; puis cette courbe se relève pour suivre à peu près exactement les variations de la courbe de fréquence des hernies inguinales droites. Seule la partie initiale des deux courbes, dans la partie qui correspond aux premières années de la vie, présente de notables différences : la fréquence des hernies inguinales gauches dans la première
année n'atteint pas la moitié de celle des hernies inguinales droites; tandis que le chiffre de celles-ci augmente encore un peu dans les quatre années qui suivent, le nombre des hernies inguinales gauches observées diminue aussitôt. Cette différence, ainsi qu'on le verra, tient à la fréquence beaucoup plus grande des hernies inguinales congénitales du côté droit.
B. Hernies inguinales doubles. — Faible jusque vers l'âge de trente ans, la fréquence des hernies inguinales doubles augmente alors très rapidement jusqu'à quarante-cinq ans, s'accroît encore, quoique d'une façon moins régulière, jusqu'à soixante-cinq ans, pour diminuer à partir de cet âge d'une manière rapide et très régulière. — Pour les hernies inguinales doubles, le minimum de fréquence correspond donc aux âges extrêmes de la vie, le maximum à l'âge de soixante-cinq ans, c'est-à-dire dix ans plus tard que celui qui marque la plus grande fréquence des hernies inguinales simples.
Ces résultats ne concordent pas exactement avec ceux de la statistique établie par la Société des bandages de Londres, tels que Macready nous les communique pour les années 1888, 1889 et 1890; voici les chiffres que cet auteur a trouvés pour des périodes de temps réparties à peu près exactement comme celles de mes relevés.
Dans les relevés de la Compagnie des bandages, on peut contater en effet :
i° Pour les hernies inguinales simples : que le maximum initial est bien moins élevé que celui que nous avons noté; que le minimum de fréquence s'observe plus tôt, vers l'âge de onze à quinze ans et non à vingt-cinq ou trente, comme dans ma statistique; que le maximum qui lui fait suite survient également à un âge moins avancé, de trente-six à quarante ans, au lieu de cinquante-cinq; enlîn que la diminution de la fréquence des hernies commence à s'accuser de quarante-six à cinquante ans, tandis que dans mes relevés elle n'est très manifeste qu'après soixantedix ans. De plus, le chiffre des hernies inguinales droites, aux périodes moyennes de la vie, au moment du deuxième maximum de fréquence, est presque aussi élevé pour une période de cinq années que celui qui correspond à la première année de l'existence. Dans ma statistique le chiffre des hernies inguinales droites observées pendant la première année (127) est presque double de celui qui a été noté (71) pour une période de cinq années, au moment du deuxième maximum de fréquence, de cinquante à cinquante-quatre ans.
Dans la statistique de la Société des bandages comme dans la
mienne, les variations de fréquence des hernies inguinales gauches, avec leurs maxima et leurs minima, suivent exactement la même loi que celles des hernies inguinales droites, seulement le maximum de fréquence initial, correspondant à la première année de l'existence, est à peine accusé, et la prédominance numérique des hernies droites sur les gauches, sauf pour cette année, est infiniment plus marquée.
2'^' Pour les hernies inguinales doubles : la statistique anglaise
A^« des sujets mAèculi'ns qw se sont présentes
âa ^ui-eAu C*^ avec des hei^nies in<^uina.les doubles.
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