‹ Résultats de semailles hâtives et tardives d'orge, d'avoine et de blé de printemps [microforme]Chapitre 3 sur 4 · APS AISNE · texte numérisé non relu

APS AISNE

Ces essais ont été faits avec boa aucoup de soin de manière à ce que les résultats obtenus soient aussi corrects que possible ; il faut bien reconnaître qu’il sera nécessaire de répéter ces essais un bon nombre de fois afin d'arriver à des moyennes où les variations que peuvent causer les différences des saisons soient neutralisées ; néanmoins l’uniformité dans le décroissement des rendements d’une semaine à l’autre est en soi une preuve convaincante des pertes considérables que ne peuvent guère manquer d’éprouver ceux qui ont Phabitude de semer tard. Ni l’on peut prendre comme gouverne

pour l’avenir les résultats atteints, ce sujet mérite la plus sérieuse attention de tous les cultivateurs. Par un retard d’une semaine dans la semaille de l'orge Prize Prolific, on perd presque seize boisseaux par acre, et dans celle de la Chevalier danoise un peu plus de onze boisseaux par acre ; un retard de deux semaines a causé en moyenne dans les deux variétés une perte de plus de la moitié de la récolte, ou environ dix-huit boisseaux par acre. Dans la ‘Statistique des récoltes en Ontario ” pour 1890, récemment publiée par le Bureau des Industries, l’aire ensemencée en orge est estimée être de 701,326 acres: que l’on prenne pour base d’une estimation la moitié de la perte moyenne constatée dans ‘es essais à Ottawa, on trouvera que les cultivateurs de l'Ontario peuvent donc par un retard d’une semaine dans la semaille perdre deux millions et demi de dollars sur la récolte d’orge seule, et par un retard de deux semaines, en prenant la moyenne des essais, plus de trois millions et trois quarts, si l’on place le prix de l’orge à 50 centins le boisseau.

La perte résultant de retards égaux pour le blé de printemps s’est trouvée être moindre en proportion, —d’environ un sixième de la récolte totale pour un retard d’une semaine, et d'environ un quart pour un retard de deux semaines; mais trois semaines de retard causent une perte de bien plus que moitié. Toutefois, la saison ayant été défavorable, le blé de printemps a donné une très petite récolte, et jusqu’à quel point les résultats différeraient dans des conditions ordinaires, c’est ce que d’autres essais peuvent seuls mettre à même de déterminer. Si l’on calcule sur le même pied que pour l’orge, c’està-dire en estimant la perte à moitié de la perte constatée pour les deux variétés et comptant la valeur du blé de printemps à 90 centins le boisseau, on trouve qu’un délai d’une semaine dans la semaille peut causer un déficit de $473,879 dans la valeur de la récolte de Ontario, et un retard de deux semaines un déficit de #744,669.

La récolte d'avoine paraît s’être moins ressentie des retards dans les semailles que l’orge ou le blé de printemps. Pour l’avoine Prize Cluster la diminution est d’environ trois boisseaux par acre pour la première semaine de retard, mais elle dépasse un peu six boisseaux et demi pour un retard de deux semaines. Toutefois la récolte d’avoine est si considérable qu’un boisseau de perte par acre dans l'Ontario seul, en comptant l’avoine à 40 centins le boisseau, fait un total de #752,946.

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Les tableaux qui suivent présentent sur la végétation des différentes variétés quelques autres détails qui pourront avoir quelque intérêt. Le premier indique les dates où elles ont été semées, ont levé, épié et mûri, ainsi que le nombre de jours écoulés entre les dates de la semaille et de la maturité : —

| Période

ORGE. Semarnue, | Levée. | Éeracre, | Marumité. e | | | végétation.

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———— 'ériode de zétation,

Ces résultats montrent que le nombre de jours qu'il faut aux différentes variétés de grain depuis la semaille à la moisson, décroît avec une régularité remarquable suivant les dates successives des semailles. Il est évident que les parcelles ensemencées en dernier lieu n’ont pas eu le temps nécessaire dans les derniers stages de leur

végétation jusqu'à la maturité. On verra aussi que le Zadoga à mûri en moyenne sept jours plutôt que le Æife rouge, et s’est trouvé être de six jours plus précoce que le blé Anglo-canadien, dans le

seul essai comparatif qui a été fait de ce dernier,

Deux ou trois fois durant la saison, il a été pris note de l'intensité de l’attaque de la rouille qui a affecté toutes les parcelles sans exception ; les termes ‘un peu,” ‘* beaucoup,” et ‘‘ fortement ” sont employés pour indiquer une intensité croissante de l’attaque. Nous avons aussi enregistré le caractère de la végétation de chaque variété et la hauteur que chacune avait atteint à la récolte. Ces détails sont présentés dans le tableau ci-après, dans lequel l’état des plantes quant à l’attaque de rouille est indiqué d’après les notes prises juste avant la récolte.

La parcelle unique de blé Anglo-canadien avait les feuilles fortement rouillées, les tiges beaucoup et les épis un peu ; la végétation avait été inégale, et la hauteur variait de 3 pieds 6 pouces à 4 pieds.

On remarquera que toutes les variétés soumises À ces essais ont souffert de la rouille, en particulier le blé. Nous nous proposons de poursuivre ces essais l’année prochaine dans toutes les Fermes

expérimentales.

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