IMPRIMEUR DE SA TRÈS EXCELLENTE MAJESTÉ LE ROI
L'établissement de Fort Vermilion se trouve sur les rives de la Rivière La Paixt à quelque 350 milles au nord d'Edmonton, latitude nord 58° 24', longitude ouest 116° et à une élévation de 950 pieds au-dessus du niveau de la mer.
Les phases par lesquelles cet établissement a passé sont essentiellement les mêmes que celles qui se sont déroulées dans la plus grande partie de notre pays ou qui S3 déroulent encore dans les districts les plus reculée- Le premier arrivant fut le marchand de fourrures qui apporta des marchandises à troquer, et bâtit un fort pour se protéger. Vint ensuite la mission indienne, avec son église et son école, puis le colon aventureux qui se défricha un petit lopin de terre à l'ombre du fort et ouvrit la dernière phase. Depuis lors la colonisation a été plus ou moins rapide, suivant les ressources agricoles du district et les moyens de transport dont il disposait.
'Dans les -parties les plus anciennement colonisées de l'Ouest du Canada, le colon a dû lui-même, au prix de bien des erreurs et de bien des échecs, trouver ce que l'on pouvait cultiver et déterminer les méthodes de culture à employer. Les colons du district de la Rivière La Paix ont été plus heureux sous ce rapport. La compagnie de la Baie d'Hudson a longtemps entretenu au fort un jardin pour ses employés, et la mission qui fut fondée en 1880 a également cultivé quelques grains. Ce n'est cependant qu'en 1908 que le premier directeur des fermes expérimentales fédérales, le docteur Wra Saunders, conclut une entente avec M. Robert Jones, un des premiers colons de Fort Vermilion, par laquelle ce dernier s'engagea à faire quelques essais decéréales, de fleurs et de légumes, en vue de (Connaître les meilleures variétés pour le district. On loua cinq acres de terre pour ce travail. Ces recherches furent continuées sous les autres directeurs des fermes; elles ,se développèrent à mesure que les vastes ressources agricoles du district de Rivière La Paix devinrent mieux connues, si bien qu'à l'heure actuelle, 25 acres de la ferme de M. Jones sont consacrées à la culture expérimentale des céréales, des légumes et des fruits et le reste de sa terre fournit une excellente démonstration de l'application des résultats obtenus à la pratique agricole.
Faute ide moyens ide transport la colonisation du district de la Rivière La, Paix et la production agricole n'ont fait que de lents progrès jusqu'à ces derniers temps. Avant que le chemin de fer atteignit la traverse de Rivière La Paix, il fallait un imois pour se rendre de Fort Vermilion à Eldmonton. On peut aujourd'hui faire ce voyage aisément en cinq jours. Depuis 1917 la colonisation marche plus; rapidement.
La surface de ce district est plate ou légèrement ondulée dans certaines parties. Le sol est composé d'une terre franche, riche, profonde, reposant sur un sous-sol d'argile sablonneuse. Autour de Fort Vermilion, sur des fermes de dimension modérée, le genre de culture le plus avantageux est la culture mixte. Dans les sections les plus reculées, il y a de grands districts recouverts de bons herbages et fournissant d'amples pacages et une quantité abondante de fourrages pour l'élevage du bétail. A peu de distance des établissements on trouve presque toujours du bois de construction, de= clôtures ou de chauffage. Il n'y a que peu d'arbres sur la plus grande partie de la terre, et la mise en culture est facile. Dans la section de Fort Vermilion on trouve de la bonne eau à une profondeur de 15 à 40 pieds. Il y a des églises et des écoles dans tous les établissements ayant une importance suffisante pour cela.
On voit donc que le colon arrivant dans ce district trouve bien des difficulté?, résolues d'avance. H n'est pas en face de l'inconnu ou du primitif et ses chances de succès sont accrues d'autant. 11 a pour se guider dans ses opérations de culture, une somme considérable de données recueillies à la sous-station de Fort Vermilion; il peut aussi compter sur la direction personnelle et les conseils de M. Jones, le régisseur, enfin il a l'exemple d'excellentes fermes appartenant aux premiers colons.
Les données présentées dans ce bulletin sont tirées des rapports détaillés et soigneusement préparés par M. Jones, tous les ans depuis 1908. Jamais depuis cette année-là les récoltes n'ont fait défaut complètement dans le district de Eivière La Paix. M. Jones déclare qu'un manque de récolte est inconnu. A la suite de la compilation des résultats des recherches expérimentales, nous donnons les relevés météorologiques pris à la station depuis juillet 1908 jusqu'à la fin de décembre 1921, ainsi que le relevé de la quantité moyenne d'heures de soleil par jour. Un fait dont il estbon de se souvenir sous ce rapport c'est que la quantité moyenne d'heures de soleil par jour est grandement réduite par les jours couverts. En été, entre le lever et le coucher du soleil, le jour est de 18 heures et la nuit elle-même n'est qu'un crépuscule. Ce sont ces longues journées d'été qui permettent la pousse presque miraculeuse de la végétation et sa maturation en une saison courte.
Ce bulletin serait inicomptteit si nous ne reconnaissions 'Spécialement les services que M. Jones a rendus, mon seulement aux fermes expéri mentales fédérales, mais aussi, au .plus haut sens de ce mot, au Dominion du Canada. Des hommes comme lui qui jalonnent les voies dams les régions nouvelles et inconnues, qui offremfc la lumière de leur expérience à ceux qui suivemt, rendemit un service que nulle récompense pécuniaire ne saurait reconnaître. Lis recevront peut-être un jour le tribut qui leur est dû, lorsque i'épée sera finalement convertie en soc de charrue et qu'un écrivain, doué d'urne nouvelle vision, écrira une édition revisée des " Hommes qui ont fait le Canada ".