‹ Résultats éloignés des appendicites suppurées traitées par la simple incision de l'abcèsChapitre 17 sur 21 · OBSERVATION XX · texte numérisé non relu

OBSERVATION XX

due à la bienveillance de M. le professeur Poxcer

F... Jules, sept ans, entre le 26 janvier 1894 dans le service de M. le professeur Poncet où il occupait à la salle Saint-Philippe le lit n° 47.

A son entrée le malade, très pâle, facies grippé, yeux excavés, avait le type péritonéal. Il est opéré par M. le D' Villard. On ne trouve pas l’appendice. On incise, il sort environ un demilitre de pus fétide. On place un drain debout. Gaze iodoformée. Le malade sort guéri un mois après.

Le 28 février 4898, le père du petit malade déclare que depuis les trois ans écoulés son fils n’a ressenti aucune douleur abdominale et qu’il est absolument guéri.

OBsERvATION XXI

due à la bienveillance de M. le professeur Poxcer

M... Jacques, dix-huit ans, ébéniste, entré le 27 juillet 1894 daus le service de M. le professeur Poncet, occupait à la salle

Saint-Philippe le lit n° 9. »

Appendicite à répétition opérée par M. le professeur Poncet sans résection de l'appendice. — Le malade nous écrit le 28 fé-

vrier 1898, quatre ans apres, que depuis l'opération il est absolument guéri. Il a repris son travail deux mois apres l'opération et, dit-il, « j'aurais bien pu le reprendre plus tôt si j'y avais été obligé ».

O8sERvATION XXII

X... Claude, cinquante-six ans. Entré en juin 1896 dans le service de M. le professeur Poncet, salle Saint-Philippe, lit n° 12.

Opération pratiquée par M. le D' Villard. Pas de résection de l'appendice. On place un drain debout, gaze iodoformée. Le malade sort guéri cinq semaines après l’opération.

Le 3 mars 1898, — deux ans après, — le malade nous écrit qu'il a eu une longue convalescence de cinq mois à la campagne. Puis «ses forces » revinrent. Ce qui semble prouver qu’il était dans un état de santé non pas brillant mais que sa faiblesse n'avait aucun rapport avec le procédé opératoire. Absolument guéri depuis.

OBsERvATION XXIII

Due à l’obligeance de M. le professeur Poxcer.

X... Paul, quarante ans, cocher. Entré le 4 décembre 1896 à l’Hôtel-Dieu dans le service de M. le professeur Poncet où il occupe à la salle Saint-Philippe le lit n° 47.

Ce malade est envoyé à la salle Saint-Maurice où il a fait déjà plusieurs séjours pour une bronchite tuberculeuse.

De Saint-Maurice on l'envoie en chirurgie pour des antécédents digestifs aigus ayant commencé subitement il v à dix jours par une crise de coliques. Ces crises à huit jours d’intervalle à deux reprises avaient déja amené des phénomènes analogues, mais très peu intenses, et le malade n’y avait prêté aucune attention.

Depuis, les douleurs abdominales n’ont jamais cessé. Elles présentent de temps en temps des redoublements violents. Elles sont localisées dans la fosse iliaque droite.

Au début, il y eut des frissons, du tremblement (le malade fait remarquer qu'il a eu la fièvre aux colonies). L’appétit n’a jamais été aboli. Les fonctions digestives se seraient faites régulièrement. Il n’y aurait eu un peu de diarrhée que depuis deux jours.

Actuellement le pouls est assez petit et rapide.

Température 385, La langue est saburrale. -

Le malade est amaigri. Il présente aux poumons les signes notés dans l’observation ei-jointe.

Examen de la fosse iliaque droite. — L'abdomen souple dans le reste de son étendue présente à ce niveau un vaste empâtement douloureux au toucher et qui fait à jour frisantun relief appréeiable à la vue.

Cet empâtement donne par la palpation bimanuelle une sensation de vague fluctuation (?) difficile à apprécier.

Ni rougeur, ni œdème de la peau. Quelques sudamina dues aux applications locales (teinture d’iode, etc.).

Toucher rectal. — En remontant très haut, on suit par le rectum l’empâtement de la fosse iliaque droite.

Le 5 décembre, opération par M. le D' Villard. Incision classique. Congestion des couches successivement incisées. Pus fétide à odeur intestinale, mal lié, contenant des grains, des grumeaux, des particules solides. Drain debout. Gaze iodoformée.

1°" janvier. — Le malade repasse dans son service de médecine.

Le malade, à qui nous avons écrit, nous répond en février 1898 qu'il n’a pas été guéri par l'opération. Son récit nous semble indiquer que deux fistules stercorales se sont ouvertes après l'opération. Ce malade qui était d’ailleurs en traitement chez M. le professeur Lépine pour tuberculose pulmonaire accuse de plus une interminable diarrhée et un affaiblissement croissant. Il n’y a done pas une simple concomitance entre ses accidents pulmonaires et sa suppuration. I n’a plus eu cependant depuis J'opération de poussée appendiculaire,

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