CHAPITRE II
PARTICULARITÉS ANATOMIQUES et PHYSIOLOGIQUES de l'articulation du Poignet
En anatomie, c'est l’articulation radio-carpienne qui constitue l’articulation du poignet. |
Mais chirurgicalement, il faut la considérer comme formée par l’union du radius et du cubitus aux bases métacarpiennes, par l'intermédiaire du condyle carpien.
La donnée anatomique, qui régit le type de la résection du poignet, est celle qu'OLLIER à mise en Jumière en con: cevant le poignet comme « l’ensemble des articulations dont
le carpe est le centre. »
Nous allons en développer les raisons anatomiques et phy-
siologiques.
Point de vue anatomique
Si nous envisageons l’anatomie pure, le poignet comprend donc trois rangées d’articulations :
1° L'’articulation radio-carpienne.
2° L'articulation médio-carpienne cosntituée par le mas-
ne
si carpien. Les os du carpe forment un assemblage dont les éléments, périostés sur leurs faces antérieures et postérieures, cartilagineux sur toutes les autres, sont relativement mal nourris êt, par suite, prédisposés aux localisations tuberculeuses. OLLIER fait du carpe « une masse osseuse unique. »
3° Les articulations carpo-métacorpiennes.
Signalons comme un rapport l'articulation radiocubitale inférieure dont l’ankylose trouble la pro-supination.
Pour chacune de ces articulations on trouve un système ligamenteux bien défini. Les os du carpe s’articulent : dans chaque rangée, surtout par des ligaments interosseux; de rangée à rangée, par des ligaments dorsaux et palmaires. Eï ces os eux-mêmes ont, comme moyens d’union avec les os de l’avant-bras, des liens radic-cubito-carpiens.
Mais qu’un état pathologique se produise, une inflammation chronique surtout, ces différentes articulations n’en font plus qu’une seule ; quant à l’indépendance des ligaments, elle disparaît, et avec OLLIER, « on considère qu’il n’y a pour le chirurgien qui tient la rugine qu’une cäpsule unique, ou plutôt une gaine périostéo-capsulaire, étendue des métacarpiens au radius et au cubitus ».
Pour chacune de ces articulations on trouve aussi un système de synoviales anatomiquement distinct et indépendant et disposé entre les éléments constitutifs du carpe la « synoviale radio carpienne », la plus importante, relativement isolée, qui ne communique pas (sauf exception 15% des cas) avec la synoviale sous-jacente « médio-car- Pienne » Jaquellé au contraire est en communication par plusieurs prolongements et au niveau de l’interligne trapézo-trapézoïdien avec la « Synoviale carpo-métacarpienne ». Et pourtant que l’un des os soit infecté par la tuberculose, ii aura tôt fait de rompre le barrage : infectant d’abord la
LRO
synoviale médio-carpienne laquelle par l’intermédaire d’un des trois os qui s’articulent avec le radius, pourra transmettre le mal à la radio-carpienne aussi. Et l'infection sera. dès lors, diffusée à tout le lac synovial infectant à son tour les autres os. Cela justifie donc encore les conceptions d’OLLIER.
Ajoutons que la « synoviale radio-cubitale inférieure » communique dans 40% des cas avec la radio-carpienne, d’où prise simultanée fréquente des deux articulations.
Enfin, l'articulation du poignet est entourée de toutes parts par des tendons. Les rapports sont intimes entre leurs gaînes et la capsule; ce qui fait, qu’en avant comme en arrière, l'infection des gaînes par les lésions ostéo-articulaires est fréquente, et que la propagation des synovites est également possibie.
Il ne faut pas oublier un rapport important : celui de l’artère radiale. Elle va obliquement de l’apophyse styloïde à la partie supérieure du premier espace interosseux, d’où elle passe dans la paume de la main. Aussi ne faut-il pas aller au-delà du bord radial du deuxième métacarpien quand on pratique l’incision dorsale.
On doit noter aussi que tout ce que nous venons de dire ne s'applique pas au pisiforme qui est un os distinct au point de vue anatomique; sous le rapport pathologique il est le plus souvent sain et on l’enlève rarement dans une résection.
L’articulation du poignet est superficielle, opposée à celles de la hanche, de l’épaule et du coude. Les abcès ne demeurent pas longtemps sans s'ouvrir, donc on a très rapidement une tuberculose ouverte.
Op
Point de vue physiologique
Le poignet constitue une articulation extrêmement délicate et mobile.
Sans vouloir rappeler ici les travaux de DESTOT et de ses élèves, nous dirons qu’il est susceptible de mouvements de flexion et d'extension ayant une excursion normale qui varie dans les limites suivantes : si on admet que la main est normalement dans-l’axe de l’avant-bras et fait un angle d: 0° au repos,
elle fait un angle
en extension active de 45°, en extension passive de 70°, en flexion active et passive de 60°.
L’inclinaison cubitale ou adduction, active est de 35° et passive de 50°.
L’inclinaison radiale ou abduction n’est que de 10° pour les mouvements actifs et passifs.
La prosupitation atteint 180°.
L’amplitude des mouvements des doigts n’a pas besoin d’être précisée. Signalons simplement l'intérêt de l’opposition du pouce. Dans une résection totale le pivot du premier métacarpien est lésé aussi tiendrons-nous compte de ce fait et rechercherons-nous le degré d’opposition du pouce des réséqués.
ptive et passtue
enclinaison cubitale © encinaison radiala