LOGE
L’étude des hormones est très complexe, et on se heurte à de grandes difficultés d’expérimentation; à l'heure actuelle, on peut diviser les hormones géni-
tales en :
a) Hormones ovariennes;
b) Hormones hypophysaires.
HORMONES OVARIENNES
1° LA FOLLICULINE.
Propriétés chimiques. — On n’est pas encore fixé de facon complète sur la composition exacte de la folliculine. C’est une substance ternaire soluble dans l’eau, peu soluble dans les lipoïdes, résistant à la chaleur jusqu’à 200°, n’étant détruite ni par les acides ni par les alcalis. A
Effets physiologiques. — Si les caractères chimiques de la folliculine sont encore imprécis, ses propriétés physiologiques sont actuellement bien connues.
La folliculine, issue des follicules de de Graff, provoque au niveau des organes génitaux internes et externes la série de phénomènes qui caractérisent la période du rut (æstrus).
Injectée à des femelles d'animaux impubères, la folliculine fait apparaître de façon précoce le phénomène de puberté. Le vagin, jusque-là fermé, s’ouvre,.et il s’en écoule une sécrétion abondante chargée de .cel-
lules kératinisées. L’utérus augmente de volume, l’état des ovaires, par contre, n’est pas modifié.
Chez l'animal castré, la folliculine fait réapparaître l’œstrus et on observe la même réaction d’hypertrophie, ce qui prouve que l’action de la folliculine est indépendante du relais « glande génitale ».
Elle a une action abortive. L’injection de la folli-
culine aux mâles est sans action sur leurs organes génitaux.
2° L’HORMONE LUTÉENNE.
L’hormone du corps jaune a un rôle dans les phénomènes préparatoires de la nidation de l’œuf.
Ancel et Bouin ont fourni la preuve de cette action en castrant, immédiatement après le coït, une lapine; la muqueuse utérine ne se modifie pas et ne prend pas les caractères du stade prégravidique. Mais si on administre à cet animal de l'extrait de corps jaune, on voit celui-ci déterminer immédiatement la prolifération de l’endomètre.
L’hormone du corps jaune n’a pas pu être isolée de l’urine, en dehors de la grossesse; elle apparaît à ce moment, mais elle est difficile à mettre en évidence. Une propriété très spécifique de la lutéine est de provoquer, chez le cobaye en fin de rut, un relâchement très marqué de la symphyse pubienne, facilement décelable par la palpation de cette région.
3° L’HYPOPHYSE.
Nous allons simplement grouper ici les faits expérimentaux et anatomo-cliniques. Nous laisserons de
côté la neurohypophyse pour retenir exclusivement le rôle des hormones du lobe antérieur et nous écarterons tout ce qui touche. à leur action sur le métabolisme. Seule nous intéresse l’action génitale qui a donné la solution du problème du diagnostic de la grossesse.
Les hormones anté-hypophysaires déterminent expérimentalement chez les sujets impubères des deux sexes, une croissance somatique accélérée avec maturité génitale précoce.
Cette maturité génitale précoce est relativement facile à obtenir, aussi bien avec l’hypophyse qu'avec l’urine gravidique ou les extraits placentaires. L’ablation totale du lobe antérieur de l’hypophyse chez les impubères provoque un arrêt du développement des organes génitaux.
1° Chez l’adulte, l’ablation totale du lobe antérieur provoque la castration fonctionnelle malgré la présence des glandes sexuelles.
2° L’implantation du lobe antérieur corrige les troubles de l’anté-hypophysectomie.
3° L’implantation n’agit que si le récepteur, mâle ou femelle, possède des glandes sexuelles. L’implantation du lobe antérieur agit par voie humorale pour stimuler l’ensemble des processus sexuels, c’est « le moteur sexuel supérieur » d’Ascheim Zondek.
À l’action stimulante ovulogène si nette chez les animaux impubères, vient s’ajouter une action inhibitrice de l’œstrus liée à la fois à la multiplicité des corps jaunes normaux et faux corps jaunes ou atrésies
OU
folliculaires massives (résultant d’une transformation lutéinique directe et variable de follicules sans ovulation).
Ces constatations suggérèrent à Zondek l’idée qu’il n'y a pas, dans le lobe antérieur de l’hypophyse, une seule hormone excito-ovarienne, mais deux hormones; l’une, le prolan A, produisant la maturation folliculaire et la sécrétion de folliculine; l’autre, le prolon B, déterminant la production de corps jaunes et la sécrétion de lutéine.
Prolan À
Selon Zondek, le prolan A est excrété d’une façon continue pendant la vie génitale, contrairement à l’hormone lutéinisante, qui n’est élaborée qu'après la rupture d’un follicule.
Zondek a montré qu’on trouve le prolan A, sans prolan B dans les urines de femmes ovariectomisées ou atteintes de cancer génital.
Après injection d’une telle urine, contenant seulement du prolau À, à une lapine impubère, on constate que les ovaires deviennent gros, turgescents et que leur surface est parsemée de follicules mûrs. Jamais on ne trouve de traces de corps jaunes.
Prolan B
On trouve le prolan B mélangé au prolan À, dans les urines de femmes enceintes. Il y existe seul, sans prolan A, à la fin de la grossesse. On ne le trouve jamais dans les urines de femmes castrées, ni en cas de cancer génital.