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À la fin du xv° siècle, Savonarda signale l’aspect particulier de l’urine de gestante, laquelle se recouvrirait d’une pellicule irisée caractéristique.
Plus tard on a décrit, sous le nom de kyestéine, une substance dont on a fait grand bruit pendant de nombreuses années, la considérant comme spécifique de la grossesse.
En 1626, Guy Patin a soutenu devant la Faculté de Médecine de Paris (cette thèse figure sur le catalogue de Th. Baran, en 1626, d’après la plaquette de N. Legrand : La collection des thèses de l’ancienne Faculté, Champion, Paris 1913), la thèse suivante : « Daturne certum graviditatis indicium ex-urina » (Est:l possible de retrouver dans les urines de la femme enceinte des signes certains de grossesse?)
D’après L. Vinlhorgne, la réponse qu’il fit à la question posée était négative.
M. A. Cabanès, à la page 216 de sa quatrième série des Mœurs intimes du passé (in-8°, Albin-Michel, Paris), a écrit, tout au contraire, que Guy Patin avait conclu hardiment par l’affirmative. Où est la vérité?
Depuis le début de ce siècle, de nombreux procédés ont été préconisés pour le diagnostic précoce de la grossesse. Nous en passerons rapidement en revue quélquesuns : d
Réaction du Venin de Cobra.
En 1902, Calmette, étudiant le pouvoir hémolysant du venin de cobra, suscita la mise en pratique d’une méthode nouvelle, dite épreuve de la cobralyse.
Si l’on mélange des globules rouges lavés avec une solution diluée de venin de cobra, et si l’on y ajoute du sérum, il se produit de l’hémolyse.
Le sérum d’une femme enceinte a un pouvoir activant beaucoup plus marqué, dans cette réaction du venin de cobra, que le sérum d’une femme non enceinte.
Bar et Ecalle ont utilisé cette propriété d’augmentation du pouvoir hémolytique du sérum de femme enceinte pour le diagnostic de la grossesse. |
Bauer, Lichendorf, Heynemann ont vu également que le sérum de femme enceinte est plus activant que le sérum normal.
Cette réaction est due à l’apparition d’une substance née de l’action du venin sur les lipoïdes du sérum, comme l’a établi Delezenne, qui, avec Fourneau, en a fait l’étude clinique, est parvenu à l’isoler et lui a donné le nom de lysocithine. Avec M. le professeur Lambert, il a montré que les venins des vipéridés sont par eux-mêmes dépourvus de toute toxicité propre sur le cœur. Leur action nocive est due à la lysocithine et ne peut donc s'exercer qu’en présence de lipoïdes. Le venin de cobra, qui, à certaines doses, est nocif pour le cœur, l’est bien davantage, mille et dix mille fois plus, en présence de lipoïdes propres à libérer la lysocithine.
Peut-être le sérum de femme enceinte est-il plus riche en lipoïdes qu’en dehors de la gravidité. Mais le sérum de femme normale en contient assez pour donner, sous l’influence du venin, la lysocithine hémolysante. La réaction du venin de cobra n’est donc nullement spécifique et ne mérite pas d’être retenue.