Les occlusions post-opératoires
Comme à la suite de toute laparotomie, et en particulier de laparotomies pour lésion péritonéale infectées, on peut rencontrer dans les suites proches des ulcères perforés, des occlusions post-opératoires, les unes, mécaniques pures, les autres, les plus fréquentes, mélange de phénomènes mécaniques et de phénomènes d’occlusion paralytique (agglutination d’anse grêle par péritonite localisée). Nous laissons, bien entendu, de côté, le simple iléus dynamique terminal des péritonites diffuses. |
Ces occlusions paraissent rares. Nous en avons observé dans notre statistique deux cas seulement (obs. 79 et 54). Son intérêt particulier tient à ce qu’il montre le rapport possible de cette occlusion avec le drainage sus-pubien : en effet, c’est par adhérence d’une anse grêle au niveau de cet orifice de drainage sus-pubien que s’est produite cette occlusion. Dans la séance de la Société de Chirurgie de Lyon où DESs- JACQUES rapporte cette observation, ROCHET en cite une semblable (obs. 54).
L'existence de ce type d’occlusion amène ces auteurs à discuter les inconvénients, à ce point de vue, du drainage sus-pubien. Sans parler des inconvé-
nients techniques que nous discuterons au chapitre des indications, on lui a reproché (DESJACQUES, Ro- CHET, TIXIER, CLAVEL, PATEL) d’être facteur d’agglutination des anses grêles au milieu desquelles séjourne le drain, et de risquer ainsi d'augmenter le nombre des occlusions post-opératoires. Sans contester ces reproches, il nous paraît, qu’en tous cas, la rareté de ces occlusions, mise en parallele avec les avantages du drainage sus-pubien, avantages qui ressortent des chiffres que nous apportons, en fait un argument insuffisant pour le condamner. Condamne-t-on la pratique du Mickuliez dans les affections pelviennes graves parce qu'il a indubitablement provoqué quelques occlusions ?
D'autre part, dans les observations ci-dessus citées, le drain a été laissé en place deux jours dans l’une, quatre jours dans l’autre. Il est inutile de le laisser en place aussi longtemps, car au bout de 24 heures, le drain a rempli son office et peut, sans inconvénient, être supprimé.
Outre l'intérêt de ces discussions pathogéniques, ces occlusions post-opératoires présentent un intérêt du point de vue du diagnostic. En effet, il s’agit souvent d’occlusions hautes qui peuvent faire penser, chez un gastro-entérostomisé, présentant des vomissements bilieux, un ballonnement peu marqué, à un circulus viciosus. Ce diagnostic peut être très difficile. La gravité de l’une ou l’autre de ces complications est telle que c’est une raison de plus en faveur d’une intervention itérative précoce commandée par le signe vomisse-
ment, non calmé par le lavage d’estomac, « quand la
péritonite généralisée n’est pas en cause » (DEsJAcC- QUES).