‹ Résultats immédiats et éloignés des interventions pour ulcères gastro-duodénaux perforés (D'après les malades du service de garde de l'Hôtel-de-Dieu de Lyon)Chapitre 47 sur 65 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Résultats éloignés

Pour étudier les résultats éloignés des opérés d’ulcère perforé du Service d'urgence de l’Hôtel-Dieu de Lyon, nous avons envoyé à tous ceux dont nous avons pu savoir l’adresse, une convocation pour la consultation de gastrologie de l’Hôtel-Dieu. M. le Docteur GARIN, médecin des Hôpitaux, et son assistant, notre ami, le docteur BERNAY, ont très aimablement examiné nos opérés au point de vue radiologique, et ont même pratiqué sur nombre d’entre eux des gastrophotographies.

Malheureusement, un assez grand nombre de malades n’ont pu être joints. Ceci s’explique par le recrutement de la clientèle d'hôpital, qui comprend beaucoup d'étrangers et aussi une population flottante partie sans adresse.

Un troisième groupe de malades, enfin, n’a pas voulu, ou n’a pas pu se rendre à nos convocations. Dans ce cas là, nous les avons priés de remplir un questionnaire permettant de nous faire une idée de leur état gastrique. Enfin, il faut noter que nous avons laissé de côté cinq observations de malades, opératoirement

guéris, mais {rop récemment opérés pour qu’on puisse en tirer des résultats.

Sur 194 observations, 170 avaient porté l’adresse du -malade. Si l’on excepte les malades décédés, ceci représente 115 cas sur lesquels portait notre enquête. 68 malades nous ont répondu et, dans ce groupe, 45 sont venus à l’Hôtel-Dieu se soumettre à l’examen.

D’après l’ensemble de ces recherches, nous avons pu nous faire une idée approximative des résultats de l'intervention pour perforation gastrique. Pour les exposer, nous classerons nos malades en deux grandes catégories :

1° Les malades restés cliniquement guéris ; 2° Les malades qui présentent des troubles gastriques,

soit qu'ils aient persisté après l'opération, soit

qu'ils aient réapparu au cours de l’évolution.

— Les malades restés cliniquement guéris

Pour apprécier chez nos malades, aussi exactement qu’il se peut, la guérison clinique de leur ulcère gastrique, et le fonctionnement de leur estomac, nous nous sommes adressés à différents facteurs : enquête sur les fonctions FREE reprise de poids, recherche des hémorragies (hématémèse et moelena), examens radioscopiques, clichés radiologiques et photographiques. De cette façon, nous pensons avoir évité la possibilité de laisser passer inaperçues, soit une continuation anatomique de leur ulcère, soit l’apparition d’un nouvel ulcère qui aurait pu être très latent au moment de l’examen, pour donner de nouveaux accidents ultérieurement. Autant qu’on peut le dire, en parlant d’un ulcère gastrique, maladie essentiellement tenace et récidivante, à évolution très longue et par poussées successives, on peut donc parler de guérison clinique. Dans l’appréciation de ces résultats, nous avons été particulièrement sévères, ne considérant comme guéris que les malades chez qui véritablement n’existait aucun signe permettant de supposer une survivance de l’ulcère.

Sur 68 malades examinés ou interrogés, 38 avaient de très bons résultats cliniques éloignés, et 4 autres des troubles si légers qu’on peut les considérer comme

rentrant dans la même catégorie, ce qui fait un total de 42. Ce chiffre représente un pourcentage de guérisons de 61,7 %, contrôlées de 1 à 10 ans après lintervention.

Si nous comparons ces chiffres avec ceux des statistiques antérieures, nous notons dans la statistique de KUMMER, cité par FERMO, le chiffre de 77 % de guérisons éloignées ; LEWISOHN signale, au contraire, 29 % de mauvais résultats éloignés ; JUDINE, dans une statistique de novembre 1929, rapportée par DuvaL à la Société de Chirurgie de Paris, signale 20 % de résultats franchement mauvais, et 25 % de résultats médiocres. Dans ces divers travaux, l'intervention pratiquée avait été la suture, associée ou non, à la gastro-entérostomie.

En face de ces résultats qui paraissent encore moins favorables que ceux donnés par notre statistique, nous trouvons, il est vrai, d’autres chiffres plus favorables : à Lyon, PATEL signale, le 10 janvier 1924, à la Société de Chirurgie, trois résultats éloignés excellents datant de 12, 4 et 1 an. Le 14 février 1924, PERRIN rapporte huit cas satisfaisant detant de 4 ans à 6 mois. Dans une communication au Congrès français de Chirurgie de 1931, BÉrARD et DESJACQUES, sur un total de 15 cas, donnent 14 bons résultats.

Le pourcentage de guérisons que nous observons est donc inférieur à celui de ces dernières statistiques portant sur des cas lyonnais. Il nous semble que la raison en est dans le fait que notre statistique porte sur une très longue période. Il nous a été donné fréquemment d'observer des rechutes, ou des nouveaux

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accidents, au bout de sept à huit ans, alors que nombre de statistiques portent sur des cas plus récents.

Ces résultats globaux énoncés, il nous reste à voir si la proportion des guérisons varie avec la localisation de Pulcère et avec la technique opératoire employée.

a) Les résultats suivant la localisation de la perforation

Pour répondre à cette question, citons des chiffres. Sur 38 guérisons, il s'agissait de :

11 perforations duodénales, 14 perforations pyloriques, 13 perforations de la petite courbure.

Ce qui, en comparant au nombre total de malades examinés, donne un pourcentage de :

Guérison dans les ulcères duodénaux...... 62,50 % Er == DYloriques er" 59,09 % —- — petite courbure.. 81,25 % Ce résultat est paradoxal, car on aurait pu croire

que le pronostic éloigné était meilleur dans les ulcères

orificiels ou juxta-orificiels. Il convient de signaler le contraste qui existe, pour les ulcères de la petite courbure, entre les résultats immédiats et les résultats éloignés. Plus graves dans leurs suites immédiates, les perforations de la petite courbure paraissent plus bénignes dans leurs suites éloignées. Il serait intéressant de rechercher s’il s’agit là du hasard d’une statistique,

ou si les mêmes observations ressortent des résultats

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