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Quoi qu’il en soit, nous avons pu noter à l’examen radioscopique quelques particularités sur la PHYSIo- PATHOLOGIE de ces estomacs qui nous paraissent intéressantes à signaler.
La plupart du temps, on ne retrouve aucune trace radioscopique de la perforation. Le péristaltisme gastrique est normal, sauf dans les cas où il y a de la périgastrite. On peut d’ailleurs trouver des signes ralogiques de périgastrite chez des sujets qui ne présentent aucun trouble, ni douloureux ni digestif. Mais si la radioscopie, et même la radiologie n’ont pu déceler aucune trace de l’enfouissement, par contre, nous avons obtenu un cliché photographique montrant d’une façon remarquable une déformation de l’angulus due à l’enfouissement de la perforation d’un ulcus prépylorique.
L’évacuation gastrique se fait de façon différente. Dans la moitié des cas environ, l'estomac se vide par la bouche seulement, dans d’autres cas, il se vide à la fois par la bouche et par le pylore; enfin, très rarement, presque complètement par le pylore, quelques bouchées seulement passant par la bouche de gastroentérostomie. Il semble donc bien que dans un certain nombre de cas, même chez des malades restés guéris, la bouche de gastro-entérostomie ait subi cette obturation cicatricielle, étudiée par JABOULAY, GAYET, DELORE, MICHON et POLLOSSON, et qui est incontestablement plus fréquente qu’à la suite de la gastro-entérostomie à la suture. Nous reviendrons sur ce point un peu plus loin. Nous avons noté que dans les autres cas la bouche anastomique fonctionnait convenable-
ne
ment, même si, comme c’est souvent le cas dans ces opérations d’urgénce, elle est placée beaucoup trop à gauche, beaucoup trop loin du pylore.
Si la proportion des malades guéris est relativement faible, dans notre statistique, par rapport à certaines études antérieures, et aussi par rapport aux résultats éloignés des interventions pratiquées à froid sur les ulcères gastriques (dans son rapport sur les résultats éloignés du traitement chirurgical de l’ulcère duodé-
nal présenté en 1928 au Congrès français de Chirurgie, DELORE donne une proportion de 74 % de bons résultats pour les cas traités par gastro-entérostomie simple), il faut insister sur la qualité de ces guérisons. Les malades n’ont absolument aucun trouble, mènent une vie parfois très active, ne suivent souvent aucun régime.
Peut-on invoquer quelque raison à cette excellente guérison ? Peut-être la cicatrisation parfaite de lul-. cère est-elle due à l’enfouissement, ou bien, comme le pense M. PATEL, est-ce que l’ulcère s’élimine en quelque sorte comme à l’emporte-pièce, ai moment de la perforation. Peut-être aussi cette guérison s’expliquet-elle (puisqu'on peut la voir sans gastro-entérostomie complémentaire), par le mécanisme invoqué par LeE- RICHE (Congrès de Chirurgie 1928). « Si un ulcère se cicatrise après un simple enfouissement, écrit cet auteur, c’est parce que la vaso-dilatation gastrique postopératoire met le tissu conjonctif sous-Muqueux en condition de néo-formation ». Combien plus active que la vaso-dilatation produite par une gastro-entérostomie à distance, sera, en effet, celle déterminée au
niveau de l’ulcère par sa suture et son enfouissement. Quoi qu'il en soit de l’explication pathogénique, il nous faut constater le fait. Dans certains cas, on peut donc conclure que la perforation, si elle guérit, a une influence heureuse sur l’avenir et arrête l’évolution de la maladie ulcéreuse. Malheureusement ce fait, d'observation fréquente, ne mérite pas pourtant d’être érigé en règle générale, comme ont voulu le dire certains auteurs. La variabilité habituelle d’évolution et de pronostic de l’ulcère gastrique se retrouve dans l’évolution des ulcères perforés guéris et, dans plus de 30 % des cas, nous allons le voir, les opérés qui ont échappé à la péritonite restent des malades.