‹ Résultats immédiats et éloignés des interventions pour ulcères gastro-duodénaux perforés (D'après les malades du service de garde de l'Hôtel-de-Dieu de Lyon)Chapitre 51 sur 65 · QUELLE EST LA NATURE EXACTE DE CES ACCIDENTS · texte numérisé non relu

QUELLE EST LA NATURE EXACTE DE CES ACCIDENTS

Dans un certain nombre de cas, il peut s’agir de troubles à type aérophagiques, chez des malades nerveux, cédant facilement à une saine hygiène alimentaire. D’autres fois, il s’agit certainement de ces poussées de gastrite, de duodénite, de jéjunite, sur lesquel-

Orifice de gastro-entérostomie (au bouton) avec gros plis Œdème de la bouche de gastro-entérostomie

les GossEr a attiré l’attention dans son rapport au Congrès de Chirurgie de 1931, et qui ont été étudiées à Lyon par Boucaur et PAUPERT-RAvauT. Ceci n’est d’ailleurs pas qu’une simple hypothèse. Nous reproduisons ci-dessus une image de gastro-photographie prise chez

l’un de ces malades et nous montrant de façon typique cette gastrite à gros plis prédominant autour de la bouche anastomotique, et cause des accidents. Un traitement rationnel par le bismuth, joint à un régime sévère, aura le plus souvent raison de ces poussées inflammatoires aiguës, mais généralement bénignes. Cette notion est d’une importance pratique très grande. Il faut connaître l’existence de ces gastrites, bien étudiées grâce à la photographie gastrique, et ne pas conclure trop hâtivement chez un ancien opéré, qui vomit ou qui souffre, à l’existence d’une sténose, ou d’un ulcère (récidive de l’ulcère ou ulcère peptique). Ces malades sont susceptibles de présenter les méêmes troubles fonctionnels qu’un certain nombre de gastro-entérostomisés pour ulcère simple ; troubles connus et étudiés depuis longtemps par les médecins qui ont insisté sur l’utilité de l'hygiène et du régime longtemps poursuivis après l’intervention pour ulcère, ceci, non seulement pour éviter les récidives, mais encore pour éviter les simples troubles fonctionnels. S'il est excessif d’écrire qu’un gastro-entérostomisé reste < un malade », il n’en est pas moins vrai que, dans nombre de cas, la qualité de sa guérison ne peut per-

sister qu’à cette condition.

b) Récidive de la : maladie ulcéreuse »

A-côté de ces cas qui constituent, en somme, des résultats médiocres, nous étudierons des résultats fran-

chement mauvais. Il s’agit alors de la persistance ou

de la réactivation de l’ulcère malgré l’opération. Nous y ferons entrer également deux cas d’ulcère peptique sur la bouche gastro-jéjunale.

Tels sont les cas des observations 72 et 62, dans lesquels les douleurs persistèrent après l’opération, avec un horaire d’ulcère, et où une entérorrhagie vint signer l’organicité de ces accidents. Tel est aussi le cas de l’observation 136, où il s’agit d’un malade opéré en août 1925, pour une perforation de la petite courbure, qui resta bien guéri jusqu’en septembre 1932. À ce moment-là il se met à souffrir et à présenter des vomissements. À l’examen radioscopique, l’estomac se vide par la bouche de gastro-entérostomie uniquement. Celle-ci ne présente pas d’image particulière, mais sa palpation est nettement douloureuse. En raison des douleurs particulièrement violentes et des constatations faites sous l’écran, on pose le diagnostic d’ulcère peptique. Cette observation nous offre un exemple de la chronicité des ulcères de l’estomac, puisqu'il semble y avoir une récidive sur la bouche de gastro-entérostomie sept ans après l'opération : (On sait en effet (DELORE, LERICHE) que l’ulcère peptique doit être interprété comme un ulcère récidivant de même nature que l’ulcère primitif, mais à localisation spéciale, du fait de |’ « hétérotopie intestinale » (LE- RICHE) créée sur la grande courbure gastrique, et de l'absence de protection de l’anse jéjunale contre le suc hyperacide).

L'observation 58 nous donne un autre exemple d’ulcère peptique qui, cette fois a été vérifié à l’intervention. Il s’agit d’un malade déjà réopéré trois mois

après la perforation, parce qu’il n'avait pas évacué son bouton anastomotique, et chez qui on dut réintervenir encore un an plus tard pour de nouvelles douleurs. Ils présentait un ulcère peptique qui fut traité par résection, ce qui amena la guérison.

Dans l’observation 64, enfin, il s’agissait de la continuation évolutive d’un ulcère pylorique. La pylorectomie fut pratiquée et amena également la guérison.

Il est évident que dans de pareils cas le nouvel ulcère, qu’il ait évolué sur la cicatrice de perforation, ou à distance, est susceptible de présenter à son tour une perforation. Nous n’avons rencontré qu’un cas de cette complication (obs. 193). Nous avons par contre observé des cas d’hémorragies tardives et de cancérisation

secondaire.

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