INTRODUCTION
Tout a été dit sur la chirurgie gastrique. Rechercher une région inexplorée de cet organe serait une œuvre vaine. La chirurgie de l’ulcère perforé a été également très étudiée ces dernières années ; les nombreuses publications qu’elle a suscitées, et les discussions à son sujet dans les Sociétés de Chirurgie, en font foi. Peutêtre même ces discussions sont-elles trop nombreuses et indiquent-elles que l’unanimité n’est pas faite sur ce sujet. Les publications de statistiques des résultats du traitement sont également très nombreuses.
Aussi n’est-ce pas pour faire une œuvre originale que nous avons entrepris cette étude. À cet immense travail nous voulons, très modestement, ajouter notre contribution.
Nous apportons ici les résultats de 194 observations d’ulcère perforé opérés au Service d'urgence de l’'Hôtel-Dieu de Lyon, de 1920 à 1933. Ces cas ont été opérés par tous les chirurgiens de garde qui se sont échelonnés sur ce laps de temps. Les interventions ne relèvent pas d’une même technique. Elles présentent
une diversité qui peut paraître fausser les résultats, mais qui, à notre avis, les rend plus égaux en permettant de les comparer. Car si des détails de techniques peuvent varier suivant les préférences individuelles, elles relèvent cependant d’un même esprit ; elles traduisent la formation d’une Ecole ; elles permettent, pensons-nous, d'établir une statistique homogène.
D'ailleurs, c’est le seul moyen d'établir des résultats d'ensemble suffisamment nombreux ; un chirurgien ayant rarement l’occasion d’opérer seul autant de cas.
Ce travail, loin d’être parfait, aura le mérite d’être sincère. Nous avons exactement recherché tous les cas opérés, nous avons noté strictement tous les décès, toutes les complications post-opératoires et tardives, sans souci des amours-propres personnels. Nous avons résumé, aussi complètement que nous l’avons pu, toute l’activité chirurgicale du Service de Porte, dans ce domaine, pendant une période de 12 ans.
Les travaux antérieurs sur ce sujet sont souvent basés sur un délai trop court. La période de 12 ans que nous avons envisagée permet de juger les résultats dans leur ensemble, et d'apprécier des guérisons que l’on avait jugé, peut-être hâtivement, définitives. Elle permet le recul nécessaire.
Aussi bien, il est bon, de temps à autre, de se retourner pour juger l’œuvre accomplie. Un regard en arrière n’est Jamais superflu. Peut-être cette enquête, en faisant ressortir des résultats précis et vrais, pourra