NOTES
, Page 9. Et surtout son grand ouvrage intitulé : Histoire naturelle des mammifères .
Un autre ouvrage de F. Cuvier, également important, mais de pure zoologie, est son Traité sur les dents des mammifères (1).
Ce dernier ouvrage est l’étude la plus complète des caractères génériques tirés des dents. On y trouve, de plus, quelques résultats physiologiques très curieux.
Ainsi , par exemple, tous les rongeurs à dents molaires pourvues de racines proprement dites, ont un cæcum très volumineux, et ils sont tous herbivores; tous les rongeurs à dents molaires dépourvues de
(1) Des dents des mammifères , considérées comme caractères zoologiques. 1825.
racines, ou n’ont pas de cæcum , ou n’en ont qu’un petit, et ils sont tous omnivores.
Dans les animaux carnivores , le rapport entre la forme des dents et le régime est plus rigoureux encore. Le régime de l’animal s’y calcule , avec une précision presque mathématique, d’après la forme tuberculeuse ou tranchante des dents molaires.
Ainsi, les chats (le lion , le tigre , la panthère, etc.) se nourrissent exclusivement de chair, et presque toutes leurs dents sont tranchantes ; ils n’ont qu’une tuberculeuse à la mâchoire supérieure, la tuberculeuse inférieure avorte. Les chiens ont déjà deux tuberculeuses à chaque mâchoire, et ils peuvent se nourrir en partie de substances végétales. Enfin, le raton , le coati , Tours, etc., ont presque toutes leurs dents tuberculeuses, et leur régime peut être entièrement frugivore.
Ces lois sont simples, claires, et tout le monde en sent la portée. Un seul caractère extérieur, la forme tuberculeuse ou tranchante des dents, donne, par la chaîne des rapports, la forme du canal intestinal, le régime, et jusqu’aux habitudes de l’animal, jusqu’à ses instincts. C’est la réalisation du mot célèbre de Duverney : Qu'on me présente la dent d’un animal , et je dirai quelles sont ses mœurs.
Page 44. Descartes et Buffon refusent aux animaux toute intelligence.
Il y a, sur le système des bêtes-machines de Descartes , un dialogue de Fénelon, où se trouvent des remarques très fines. Voyez le dialogue intitulé : Aristote et Descartes.
Descartes, voulant expliquer la poursuite du lièvre par le chien, suppose dans le chien des ressorts si délicats que , touchés par les corpuscules du lièvre , ils tirent le chien vers le lièvre.
« Mais (répond Aristote), quand ce chien est en déa faut, et que ces corpuscules ne viennent plus lui « frapper le nez, qu’est-ce qui fait que ce chien cher- « che de tous côtés jusqu’à ce qu’il ait retrouvé la « voie? »
Page 123. Examen de quelques assertions de Dupont de Nemours sur l’instinct.
Je n’examine ici, des assertions de Dupont de Nemours, que celles qui se rapportent à V instinct. Il ne saurait être question , d’ailleurs, de ses idées sur ce qu’il appelle le langage des animaux. Et , quanfe aux laits curieux dont son Mémoire est plein, ces faits auraient besoin d’être démêlés ; car, voulant prouver qu’il n’est point d’instinct , Dupont de Nemours confond partout les faits qui appartiennent réellement à V intelligence, avec les faits qui n’appartiennent qu’au pur instinct.
Je ne puis mieux terminer ces Notes qu’en rappelant ici, à l’occasion de ces Études sur l’instinct et l’intelligence des animaux , le Mémoire de M. Dureau de La Malle sur le développement des facultés intellectuelles des animaux domestiques. (. Annales des Sciences naturelles , t. xxii.)