MASSAGE
être utile à la suite des fatigues musculaires poussées a l’excès.
E. Frictions. Elles consistent dans des frottemens exercés sur toutes les parties du corps avec la main, des brosses à poil fia ou de la flanelle. Beaucoup de peuples les ont employées et les emploient encore; elles ont pour effet d’achever le nettoiement de la peau , d’appeler le sang dans les capillaires de cette membrane, dé titiller légèrement les houppes nerveuses, d’exciter les absor- bans et de débarrasser les exlialans de tout
ce qui peut s’opposer à leur action. Pratiquées après le bain froid , elles favorisent le développement de la réaction', et après le bain tiède, elles s’opposent au refroidissement.
Elles sont utiles à ceux qui mènent une vie sédentaire, aux vieillards, aux lymphatiques; elles ont aussi l’avantage d’amortir certaines douleurs, de procurer le sommeil, et enlin de porter aux actes vénériens.
F. Onctions. Elles consistent dans l’application de substances grasses , telles que l’huile , la graisse, le beurre, sur des parties en même temps soumises aux frictions. Les anciens les employaient beaucoup; mais de nos jours
i 4<5 FOîTCTIOîrS DE ÎJTJTRITIOir.
elles sont complètement -abandonnées. Les athlètes pensaient que les onctions rendaient leur corps plus souple , f plus glissant , et qu’elles s’opposaient à la déperdition ra^ pide de la sueur après le bain. Des expériences récentes permettent de révoquer en doute ce dernier point. On a remarqué que dans diverses pestes les marchands d’huile et les fabricans de chandelles n’étaient jamais atteints par la contagion ; d’où l’on a été conduit à employer l’huile extérieurement et intérieurement quand la peste est développée. Les onctions préviennent les gerçures de la peau , éloignent et font périr les insectes , dissipent les douleurs qu’occa* sionént, à certaines personnes , les vicissitudes atmosphériques. On s’en sert souvent et utilement en thérapeutique. Mais ceci sort de notre sujet.
§ VII. — Soins qu'exigent les productions épi -
* » * •• • dermo t iques. Cosmétiques.
Les cheveux , la barbe ét les ongles , sont
les, productions dont nous devons actuellement nous occuper. A leur histoire se rat-
PRODUCTIONS ÉPIDERBI. COSMETIQUES,
tachent incontestablement toutes les substances appelées cosmétiques , et dont le but est d’entretenir la fraîcheur de Ja peau j,donner à certaines parties la tonicité qu’elles ont perdue, et revêtir l’extérieur du corps de l’apparence des charmes qui n’existent plus.
A. Cheveux. Les cheveux, tnauvais conducteurs du calorique, ont pour usage de préserver la tête de l’action du chaud et du froid , et d’amortir les coups que l’on peut recevoir sur l’enveloppe crânienne. Ils exigent des soins particuliers auxquels certaines persohnes croieht pouvoir se soustraire sans inconvénient, tandis que d’autres les poussent à l’excès. La coupe des cljevejux a pour effet constant d’augmenter la vitalité dii bulbe, d’exciter légèrement la peau de la tête, et de faire pousser le cheteu plus vite.
, Cette coupe n’a pas d’inconvénient, toutes les fois qu’elle est pratiquée sur un individu sain, à des époques régulièrès, et hor$ le temps des grands froids. Coupés trop fréquemment, chez les enfans, les cheveux s’épaississent , la, force exhalante de la peau du crâne augmente, ce qui donne souvent
148 fowctioas de kutrition.
lieu aux affections connues sous le nom de
gourme y que le peuple a la sottise de croire
nécessaire à l’entretien de la santé des en-
fans. Cet état d’excitation permanente du
cuir chevelu amène la chute prématurée
des cheveux; car, dans l’état de santé, les
phénomènes qui accompagnent la chute des
cheveux dénotent tous un excès de vitalité
maladive du. bulbe. Pendant les maladies
et les convalescences, la coupe des cheveux
peut avoir de graves inconvéniens. Dans ces
circonstances , il conviendra donc de s’en
abstenir. Il en est de même dé ceux qui ont
contracté l’habitude de porter une longue
chevelure et la suppriment brusquement.
Alors ils sont exposés à dès maux de dents ,
de gorge , d’yeux , et à des migraines. *
Les soins que réclament les clièveux se
réduisent donç à maintenir dans un juste
équilibre les fonctions du cuir chevelu. Pour -
cela , il suffît de les peigner et de les brosser
journellement , et quelquefois de les laver
avec de l’eau pure pu de l’eau savonneuse,
• 1 . 7 a une température assez élevée pour ne
point^ressentir ni 'l’action du froid ni celle
du chaud. Quant aux cosmétiques, tels que
CHEVEUX* ï/ f 9
îes pommades et les huiles dont on fait un usage si abusif, ils ne présenteraient pas de grands inconvénjens sans les arômes dont ils sont saturés , et qui , chez quelques personnes , amènent des incommodités plus ou moins graves, dont nous parlerons en
traitant de l’odorat.
Chez l’enfant, et quelquefois chez l’adulte, les cheveux deviennent souventle siège d’un insecte parasite appelé poux , que quelques personnes considèrent, à tort, comme un moyen de dépuration employé par la nature pour débarrasser les enfans des humeurs qu’elles supposent les ofrsédër. Il'ji’en est rien. Les poux, par les démangeaisons qu’ils occasionent , deviennent une cause d’excitation , qui ne peut qu’être nuisible et amener les accidens que l’on redoute. Les gens du monde, et même quelques médecins, emploient, contre la multiplication de ces insectes, une foule dp médicamens qui tous offrent des inconvéniens.Le seul moyen que l’on puisse mettre en usage sans danger, est de couper les cheveux s’ils sont trop longs, et de peigner l’enfant avec soin.
La perte des cheveux , en nous découvrant
r5o FONCTIONS DE NÜTRITTON.
la tête, nous expose à tous les accidens qué nous avons dit être la suite de l’action'du froid sur la peau. 'La perruque est évidemment le meilleur moyen de se préserver de cette fâcheuse influence. Une perruque ne doit jamais être trop lourde, ni trop seïrée. Le bon sens a fait justice de ce bizarre échafaudage qui, dans le siècle dernier, faisait l’une des parties essentielles de la parure de nos ancêtres. Ces énormes coiffures, en concentrant la chaleur surda tête, parleur énorme poids, ne pouvaient que contribuer puissamment à tenir le cerveau dans un état de congestion permanente. Mais lorsqu’il n’y a qu’une partie du crâne de dénudée, on fait usage d’un faute toupet, dont l’action préservatrice est exactement identique à celle des perruques.
Tous lés cosmétiques qui ont été proposés à la confiance publique,- dans le but de faciliter la pousse des cheveux , ne sont qu’un leurre toujours inutile et quelquefois dangereux. Si les cheveux sont tombés par suite d’un défaut de nutrition, rien au monde ne peut les faire renaître; et daus le cas contraire, ils repoussent d’eux-mêmes. On a