HYGIÈNE FUBL. EX MÉD. LÉG
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peut être ramenée aux termes suivans : les maladies contagieuses , épidémiques et épizootiques, qui ne sont que des variétés de la çontagion , naissent-elles sous l’influence de conditions atmosphériques et physiologiques particulières ? Les faits que suppose cette question ne peuvent faire de doute.
Ainsi l’on sait que les épidémies les plus violentes et les contagions les plus cruelles $e sont toujours développées sous l’influence de conditions atmosphériques particulières qu’on est parvenu à déterminer, et que, pour contracter la contagion , il faut être dans certaines conditions physiologiques en deçà et au-delà dequelles elle n’a plus prise sur les individus. Si donc on s’habituait à considérer la contagion comme le produit ou la résultante de certaines conditions atmosphériques et physiologiques, on arriverait à une solution qui aurait au moins l’avantage d’être applicable, et on verrait disparaître de la pathologie cette entité appelée 'Virus, sur l’origine et la nature de laquelle on n’a jamais rien dit de satisfaisant.
Quoi qu’il en soit de cette opinion particulière, tant que nos connaissances sur ce
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point de pathologie ne seront pas mieux fixées , la plus grande incertitude régnera sur le choix spécial des mesures les plus propres à prévenir et arrêter le développement des maladies contagieuses.
Malgré l’incertitude qui rjègne encore sur les maladies qui nous occupent et les causes qui les engendrent, on peut établir quelques principes généraux indispensables à connaître, lorsqu’il s’agit de statuer sur une contagion et sur les moyens d’en prévenir le développement i ou arrêter les progrès.
Et d’abord , il ne faut pas perdre de vue que toute maladie contagieuse peut devenir épidémique et épizootique, c’est-à-dire se développer par contact médiat et attaquer les animaux, bien qu’elle ait fait sa première apparition sur l’homme , tandis que les maladies épidémiques et épizootiques ne sont pas toujours contagieuses. Ainsi, la rage peut devenir épizootique et épidémique, bien qu’elle soit contagieuse de sa nature , et la variole peut aussi régner épidémiquement.
D’un autre côté, il arrive quelquefois qu’une même maladie épidémique qui n’était pas contagièuse dans un temps et dans un lieu
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* déterminé, le devient dans un autre temps et dans un autre lieu : tels sont le typhus et la dyssenterie , et même, selon quelques auteurs , certaines épidémies de fièvres intermittentes qui cessent spontanément sous rinfluence du changement des saisons , et dont le caractère se modifie par le seul fait de l’émigration. De plus, toutes les mesures sanitaires applicables aux épidémies, le seront aussi aux maladies contagieuses , qui en outre exigent des mesures particulières. En effet , toutes les influences qu’on appelle les matériaux de l’hygiène , c’est - à- dire l’influence de l’atmosphère, celle des alimens, des vétemens, etc. agissent avec la même intensité sur les maladies épidémiques que sur les maladies contagieuses , et d’un autre côté, on sait que chaque maladie contagieuse réclame des mesures spéciales; car il serait absurde de prétendre arrêter le typhus par les mêmes moyens que ceux employés contre la variole. Enfin , il ne faut pas oublier que dans le doute sur la nature contagieuse d’une maladie, il convient, dans l’intérêt social et jusqu’à plus ample inforïné , de se déclarer pour la réalité de la
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contagiota. Ce principe est trop évident pour qu’il soit nécessaire de le développer : on doit pourtant s’étonner que , dans une discussion célèbre, provoquée par le docteur Chervin, on ait demandé de supprimer toutes les mesures préventives sur le simple ' doute. Ces principes admis , nous ne pouvons mieux terminer cet article , que par l’indication des moyens propres à arrêter et prévenir la propagation de la contagion.
Parmi les moyens généraux propres à arrêter la propagation des maladies contagieuses et épidémiques , se trouve, en première ‘ligne, l’assainissement de l’atmosphère. A cet effet , la première chose à faire ^ est de s’assurer que l’air extérieur n’est point altéré par les effluves du sol, tels que def ^ondations, le voisinage de marais, d’égopts, ou par tout autre foyer de décomposition végétale et animale. Deux moyens se présentent pour remédier à cette cause générale d’insaluhrité : 1° en tarissant directement les sources d’insalubrité ; a** en éloignant les malades des lieux qui y sont exposés; mais ces mesures , suffisantes pour assainir l’atmosphère générale, ne conviennent plus à l’^sainisse-
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ment de l’atmosphère qui entoure les malades et qui a été altérée par leurs émanations. A Vet effet, il convient de disperser les malades, car, réunis en masses, ils se nuisent réciproquement ; de renouveler souvent l’air qui les environne, et de soumettre les appartemens qu’ils occupent aux fumigationsguytoniennes , au moins une fois le jour ; enfin , de blanchir à la chaux les murs des appartemens occupés par des malades. Il importe aussi de porter une attention toute particulière aux inhumations, en les opérant avant le délai prescrit par les réglemens, en transportant les corps au lieu de leur sépulture dans des tombereaux bien couverts , et en établissant des cimetières dans des lieux écartés de toute habitation et où les fosses devront être très-profondes.
De plus , dans les villes où règne une maladie contagieuse ou épidémique , les habitans devront observer la plus grande propreté, faire un fréquent usage de bains ou d'ablutions, porter des vôtemens conformes à la saison, et surtout si la maladie est du nombre de celles qui se communiquent par un contact médiat , il faut proscrire les vé-
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temens mauvais conducteurs du calorique, tels que ceux de laine, parce qu’ils sont les plus propres à receler les principes contagieux et à les propager. Le choix des alimens et des boissons exige aussi les plus grandes précautions. Ici, il n’y a point de principes généraux à poser, car le régime devra nécessairement varier selon l’espèce de maladie régnante.
Quant aux matières excrétées, le point important est de les éloigner le plus promptement possible, de manière à ce que leurs émanations ne puissent jamais être en contact avec des organes sains.Dans ce cas, c’est une mesure très-salutaire, d’obliger les malades, autant que le permet leur état, à ne satisfaire leurs besoins que sur des latrines construites d’après le procédé de M. d’Arcet, indiqué plus haut. Enfîn , comme les affections morales tristes prédisposent singulièrement à contracter les maladies contagieuses et épidémiques et aggravent l’état de ceux qui en sont atteints, on conçoit combien il est nécessaire d’y soustraire les malades. Mais ce conseil si utile est,souvent difficile à mettre en pratique. .. .
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Telles sont les mesures de salubrité géné* ^ raie propres à entraver la marche des maladies côntagieuses. et épidémiques : il en est d’autres qui contribuent à les prévenir.
Ces moyens consistent : i ° à isoler les malades les uns des autres ; à isoler les hommes bien portans de ceux qui sont contagi^, ce qu’on obtient au moyen des cordons sanitaires et des quarantaines.
Par cordon sanitaire y. on entend une ligne de surveillance établie entre le lieu où existe, la contagion et celui où elle n’a point encore pénétré. Ce cordon a plus ou moins d’étendue suivant que le théâtre de la contagion est plus ou moins circonscrit; on en établit même sur les frontières de deux Etats limitrophes, bien que la contagion soit assez éloignée de la frontière. Cette dernière mesure a poiiè objet d’arrêter les hommes, les animaux et les piroduits qui, par fraude ou autrement, pourraient s’introduire dans le pays exempt de *contagion , sans avoir au préalable séjourné, pendant un temps déterminé, dans un lieu complètement isolé ; afin de s’assurer de l’état desanté des hommes et des animaux, et de désinfecter les produits.
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Sur les côtes, on atteint le môme but à l’aide de vaisseaux de surveillance qui séjournent dans les mers et les ports , et de lazarets, où on soumet à une surveillance active les équipages venant de contrées lointaines , et les chargemens de navires , aux opérations de désinfection dont il a été question plus haut. C’est ce qu’on appelle faire quaran* taine, par cela seul que le délai pendant lequel on observe les hommes et les animaux ne va pas ordinairement au-delà de 4o jours.
Dans ces derniers temps, ce fut une grande question que celle de savoir si les cordons sanitaires et les lazarets n’étaient pas d’anciennes institutions inutiles. Mais comme ces institutions se lient intimement à la question de la contagion, tant que cette dernière ne sera pas défînitivement résolue, il sera toujours prudent de ne point abandonner des mesures préventives parfois sévères , dont on a pu abuser, et dont l’abandon irréfléchi pourrait être, si funeste aux populations.
Les préceptes généraux que nous venons de poser sont applicables à toutes les ma-
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ladies épidémiques et contagieuses , et nous ne saurions entrer dans de plus grands détails y sans empiéter sur ' le domaine de la médecine pratique. En efFet, les moyens que nous avons indiqués comme propres à prévenir le développement de la contagion et en arrêter les progrès, s’appliquent à la fois aux typhus , aux fièvres épidémiques , à la peste qui n’est elle-même qu’un typhus , et à la fièvre jaune. Cependant la variole et la rage exigent quelques développemens , en ce qu’elles réclament des moyens spéciaux.
La vaccine est l’unique moyen de prévenir la variole; et comme dans nos climats son emploi est très-répandu , il est rare actuellement de rencontrer des épidémies varioleuses.Toutefois, il n’y a pas encore long-temps (én i8a5 ) que Paris fut le théâtre d’une épidémie de ce genre assez meurtrière ; et comme elle sembla atteindre des individus vaccinés , ce fut alors que pour la première fois on prononça le mot de varioloïde. Cette dernière affectibn, qui n’est qu’une modalité de la variole, naît sous l’empire des mêmes circonstances, parait atteindre tous les âges.
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sans ménagement pour ceux qui ont été yaccinés. Cependant, chez ces derniers, elle est peu dangereuse, tandis qu’elle est trèsmeurtrière chez les individus qui ont négligé de se soumettre à l’action du yaccin. On a prétendu que le meilleur moyen d’éviter la varioloîde était de se faire vacciner une seconde fois ; les résultats obtenus par les secondes vaccinations ont été trop peu nombreux pour qu’on en puisse tirer aucunes conséquences.
Les ordonnances de police relatives à la surveillance des animaux enragés , si elles ^ ne suffisent pas pour prévenir tout accident, ce qui est absolument impossible, sont cependant très-sages , et répondent à leur objet. Quant aux moyens d’en prévenir le développement lorsqu’on a été mordu , ils sont fort simples, et peut-être sera-t-il utile de les rappeler. La cautérisation profonde des plaies par le fer rougi à blanc , est le moyen par excellence. Après lui, vient le moyen proposé par le docteur Barry, qui consiste à appliquer une ventouse sur la plaie, faire le vide, et s’opposer ainsi à l’absorption du virus contagié. Mais les ma-