HYPOCONDRIE , HYSTÉRIE
signale , n’a pas la même énergie chez tous les hommes ; il en est même qui s’éloignent assez peu des animaux par l’état obtus de leur sensibilité et leur caractère apathique. Mais quand elle a acquis toute son activité , le tempérament et la constitution en reçoivent une modification qui se manifeste ensuite dans l’exercice des fonctions ordinaires, et dans la marche de toutes les maladies.
Il en est deux qui peuvent nous fournir le beau idéal, s’il est permis de s’exprimer ainsi , de ce mode d’affections ; on devine que je veux parler de l 'hystérie et de {'hypocondrie. Apanage ordinaire du riche amolli et de l’épicurien blasé, l’une et l’autre sont presque inconnues dans cette classe moyenne , où le travail et l’activité de tous les jours , de tous les instans , ne laissent pas à la sensibilité le temps de s’exalter de la sorte. Ce n’est point ici une supposition gratuite; on connaît le fait de cette intéressante malade que le célèbre Tronchin guérit de ses vapeurs, en l’habituant à cirer sa chambre. C’est à tort , suivant nous , que les auteurs ont voulu rattacher l 'hystérie et Xhy
8fi HYPOCONDRIE , HYSTERIE.
pocondrie à l'irritation exclusive d’un organe , comme l 'utérus chez la femme et les organes de la digestion chez l’homme. La preuve du contraire , c’est que les accidens des deux affections se montrent indistinctement dans les deux sexes, et qu’ils peuvent se déclarer à l’occasion de Yéréthismc de tous les organes , par l’effet de cette extrême susceptibilité nerveuse qui les constitue. Mobiles et fugitives , anomales et irrégulières , ces maladies présentent dans leur cours les plus singuliers contrastes ; le calme et le bien-être, remplacés tout-à-coup par l’agitation et les douleurs les plus aiguës ; l’affliction et la mélancolie, avec des accès d’une joie parfaite et d’une gaîté bruyante , en un mot , cette incohérence de phénomènes , qui spécifie les irritations du système nerveux connues sous le nom de névroses , et qui , par ce caractère même d’incertitude et de mobilité , correspond évidemment- au premier ordre des maladies sthéniques.
NEVRALGIES.
Section II.
Des névralgies.
Ces maladies sont considérées maintenant comme de Traies inflammations des cordons nerveux , et la meilleure preuve à cet égard, est celle qu’a fournie l’inspection cadavérique. En effet, comment douter du fait , lorsque l’observateur découvre une rougeur plus ou moins vive,*une tuméfaction manifeste, et tous les autres caractères qui spécifient les phlegmasies les moins équivoques. Voilà donc , entre ces deux degrés de l’irritation nerveuse, la même ligne de démarcation que nous avons signalée à l’occasion des fièvres et des inflammations proprement dites. Mais tandis que les névroses sont presque toujours sympathiques , le siège de l’affection occupe le plus souvent les nerfs eux-mêmes, dans \e$ névralgies. Tout ce qui les stimule , les blesse , les irrite trop vivement , peut y développer ce genre de lésion morbide. On voit quelquefois , par exemple, la piqûre d’un filet nerveux dans la saignée,
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déterminer après des douleurs atroces , l’engorgement inflammatoire , suivi bientôt d’une suppuration profonde , de la perte •• du bras, et bien souvent, de la mort du malade.
La plus Fréquente des névralgies , sans aucun doute celle du nerf sciatique , est assez. - connue pour nous dispenser d’une indication plus longue. Une circonstance néanmoins fort remarquable , c’eSt la facilité que les^malade's ont à parcourir du doigt le tra- ' jet du nerf enflammé , en se dirigeant par l’impression douloureuse qui les conduit à cet égard avec plus de certitude peut-être que l’habitude des dissections anatomiques.
Le nerf qui préside au jeu mobile de la physionomie et que par cette raison on nomma pathétique , est très sujet à subir le mode d’irritation qui nous occupe. Il n’est personne qui n’ait vu quelque individu atteint de cette névralgie faciale qui a reçu le nom de tic douloureux dont les effets sont également, pénibles et désagréables , par l’a Itération des traits et la douleur vive qu’ils occasionent. L 'odontalgie , ou .? douleur dés dents, peut s’élever dans quelques cas jus- .
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