‹ Résumé complet de médecine ou de pathologie interne, présentant la doctrine générale des maladiesChapitre 43 sur 66 · EXCITATION LOCALE. I7I · texte numérisé non relu

EXCITATION LOCALE. I7I

moyens sont dirigés vers un organe en particulier, ils ont néanmoins pour but de ranimer l’ensemble. Il est certain que sons ce rapport l’estomac jouit d’une activité remarquable. Celle de l’enveloppe cutanée ne l’est pas moins; aussi peut -on la considérer comme une des parties les plus susceptibles à cet égard : témoin le fait des Batraciens (1), qui périssent sur-le-champ si on les écorche , tandis qu’on peut les mutiler d’ailleurs presqu’impunément. Considérons maintenant l’excitation dans son action locale.

Section III.

Excitation partielle.

Personne n’ignore les nombreux essais qu’on fît dans le temps, de l’électricité au traitement des paralysies. Un des faits les plus étonna ns et les plus dignes à la fois d’intéresser la curiosité des physiciens et des physiologistes , est celui de cet hémiplégique de Nancy , qui , ayant été frappé de la foudre dans une espèce de chaise à porteur,

(1) Voyez le Résumé d’Uittoire naturelle des reptiles .

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où il s’offrait à la commisération publique, recouvra sur-le-champ le mouvement qu’il avait perdu, au point de pouvoir transporter luimême son bagage. Cet exemple, qui, s’il en était besoin , fournirait une nouvelle preuve de l’identité du fluide dégagé par la machine électrique et de l’électricité de l’atmosphère ( 1 ) , nous donne en même temps la mesure de sa puissance excitatrice, et fait sur-tout ressortir les effets de son action immédiate et locale. Son emploi ne peut donc avoir d’autrè but que de ranimer l’énergie du système nerveux , X excitateur naturel et primitif de tous les organes , qui languissent et même s’atrophient dès que cette influence leur manque. Ce moyen d’ailleurs , ainsi que l’acupuncture, préconisés d’abord avec enthousiasme , ont besoin d’être soumis encore à de nouvelles expériences , dirigées avec toute la précision possible et qui permettent d’établir et de régulariser leur application dans la pratique.

Mais X excitation n’a pas toujours besoin, pour se développer, de moyens aussi énergiques et sur-tout de leur intervention continue.

(1) Voyez le Résumé de Physique.

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Il suffit souvent en effet d’une stimulation passagère pour qu’ensuite le mouvement et l’exercice donnent à certaines fonctions toute la vigueur et la précision dont elles sont susceptibles. Et moi aussi je suis peintre! s’écrie le Corrège ; comme si la vue des chefsd’œuvre de Raphaël eût réveillé sou génie.

C’est alors une flamme secrète qui n’attend qu’une étincelle pour se manifester. Dans beaucoup de cas la persévérance d’action change totalement la disposition vicieuse d’un organe, en même temps qu’elle le fortifie. C’est ainsi que Déinosthènes parvint à vaincre la nature. Une volonté ferme et une constance inébranlable ne sont pas moins propres , comme on sait, à donner une nouvelle direction , avec un degré marqué d’énergie^ nos facultés intellectuelles. Au physique ainsi qu’au moral, nous trouvons donc les mêmes avantages d 'excitation dans l’exercice naturel des organes dont les médecins de nos jours ont, à l’exemple des anciens , fait les applications les plus utiles dans le traitement de certaines maladies.

L’asthénie qui succède à un profond et constant abus de l’excitation , est loin d’offrir des chances de guérison aussi nombreuses et

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aussi sûre*. Comment, et par quel aiguillon rallumerez-vous le goût des plaisirs chez ce voluptueux , en qui , suivant l’expression de Delille :

....Le désir trompé

Ne sait plus où se prendre , et meurt désoccupé.

Cependant une dernière ressource , et même assez puissante , se présente encore du côté des méthodes tempérantes , si toute excitation est devenue désormais inutile.

« Soumettez nos modernes Apicius , dit « M. Richerand, à un régime frugal et py- « thagorique ; bientôt leur palais blasé recou- « vrera toute la finesse de sensation , qu’une « habitude dépravée leur avait fait perdre. » Ainsi la modération imprimée par ces moyens à l’exercice de ces organes , devient pour eux comme un repos réparateur de leurs forces que le temps avait en quelque sorte épuisées. La Chirurgie oppose avec succès certains moyens mécaniques au relâchement asthénique des tissus. Mais lorsque ce sont les excès même de la faculté la plus précieuse de l’homme, de la sensibilité , qui l’ont jeté dans cet affaissement déplorable, la médecine ne peut trouver de meilleurs auxiliaires que la morale et la philosophie.

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