EMPOISONNES! ENS
la substance a été introduite , il n’y a que le vomissemeut qui puisse remplir cette indication. Une abondante boisson d’eau chaude , ou la titillation de la luette suffisent pour le provoquer , et sous aucun prétexte , il n’est permis à une personne étrangère à la médecine, de recourir , dans ce but , aux substances connues par leur propriété vomitive ; car il pourrait souvent arriver que leur administration ne fît qu’accroître le danger du malade.
On peut dire que la boisson d’eau chaude en quantité , est toujours un moyen utile * dans les empoisonnemens ; car ne fît-elle qu’étendre et dissoudre la substance délétère , elle affaiblirait notablement son action. Malheureusement la chimie ne nous fournit pas encore tous les moyens désirables , pour atteindre le but de la seconde proposition. Cependant le quinquina remédie de cette manière à l’empoisonnement par le tartrite antimonié de potasse ; le sublimé corrosif passe à l’état de proto-chlorur de mercure, par l’action de toutes les décoc- „ tions végétales; et la plupart des poisons végétaux sont modifiés de la sorte par les acide»,
194 maladies contagieuses.
le vinaigre par exemple. On a aussi voulu décorer du titre d 'antidote (i) l’albumine ou le blanc d’œuf, dissous dans de l’eau, et employé de cette manière avec quelques succès dans l’empoisonnement par l’arsenic et par toutes les substances corrosives en général'; mais cette prétention est tout-à-fait gratuite , car il est incontestable que l’albumine n’agit point alors comme réactif , mais bien par sa propriété adoucissante ; et une foule de corps partagent avec elle cet avantage. Ceux-ci sont indiqués et deviennent * indispensables, toutes les fois que l’action vénéneuse est allée jusqu’à produire l’inflammation des organes. Les antiphlogistiques peuvent même devenir nécessaires alors , car cesphlegmasies ne se traitent pas autrement que celles produites par toute autre cause.
Quant au traitement des poisons virulens et contagieux , nous exposerons plus loin ce que commandent à leur égard le doute et la prudence.
(i) Voir à cet égard ce qui est dit à la Cn de la Toxicologie du Résumé de Chimie , d’après les recherches du docteur Descourt ili sur les propriétés alcxitères de diverses piaules des. Antilles.