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donné de changer la face de la science qu’ils cultivent. Anatomiste, physiologiste, praticien, Bicliat embrassa toutes les branches de l’art de guérir , et , dans toutes , il porta la même élévation d’idées. Il est, parmi les écrivains livrés à l’étude des sciences , un de ceux qui ont allié , avec le plus de succès, la solidité des principes et la précision des détails , avec l’élégance et la richesse du style. Ses ouvrages appartiennent plus particulièrement à la physiologie.
Le gouvernement , sur la proposition de Corvisart , décréta qu’nn monument élevé à l’Hôtel- Dieu recevrait les noms de Desault et de Bichat, réunissant ainsi deux hommes également célèbres, le disciple et le maître. Le décret a reçu son exécution.
BOEIIHAAVE ( Hermann) naquit le i 3 décembre 1668, au village de Woerbont , près de I.cyde. Aucun médecin n’a joui d’une aussi grande célébrité. Le résultat en fut tel, que l’immense concours d’étrangers que le désir de le consulter, et d’élèves que l’éclat de ses leçons attirait à Leyde , obligea , à plusieurs reprises , d’étendre les limites delà ville. On assure qu’un mandarin de la Chine ne trouva rien de mieux, pour lui écrire, que cette simple souscription : A Doerliaave , en Europe. Quelques-uns de ses ouvrages eurent aussi l’honneur d’être traduits en langues orientales, et Lamettrie traduisit en français les Institutions de Médecine. Boerhaave fut le Galien de la Hollande; éclectique, quoi-
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qu’entraîne vers les doctrines chimiques et mécaniques. Il mourut, le 23 octobre 1738, âgé de 70 ans. ( Yoy. la Chimie. )
BORDJ£U ( Théophile de ), né à Iseste, dans la vallée d’Ossan , en Béarn, le 22 février 1 722, fut grand médecin, écrivain original et spiiituel. Avec toute la profondeur de Siahl , il sut imprimer à scs idées une précision et une solidité que ne pouvait avoir la doctrine des spiritualistes et des vitalistes. Les ouvrages de Bordeu n’ont rien des principes de l’école de Montpellier, où il avait cependant commencé son éducation médicale. L’école de Paris pourrait le revendiquer à bon droit, car ce sont ses vues, tout à la fois grandes et ingénieuses , que Bichat a si heureusement fécondées. Peu d’écrivains ont eu d’ailleurs, comme lui, le talent de revêtir leur pensée de ce style vif et piquant qui donne à quelques-unes de ses productions tout le charme des romans philosophiques de Voltaire. La plus grande partie des travaux de Bordeu a été réunie en deux volumes in-8°, et publiée par M. Richerand, en 1818.
BROWN (Jean), fameux réformateur de la médecine en Ecosse, né dans le comté de Berwick , fut d’abord théologien et même très exalté dans ses opinions, jusqu’à ce que, tombant dans l’extrême opposé, il afficha presque l’irréligion. Il ne se montra pas moins tranchant dans scs idées médicales. Elève de Cullen , il remplaça la doctrine de son maître par celle de
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1 ' ihcitabilité , qui, d’un principe solide et vrai , le conduisit à des conséquences absurdes ou subtiles. C’est à son école , dont les principes envahirent bientôt toute l’Europe , qrfest dû le déplorable abus des stimulans, qui a fait la règle médicale dominante , pendant plus d’un quart de siècle. Ses déréglemens et son intempérance bâtèrent sa mort, qui arriva à Londres, dans l’année 1787. On n’a de lui, bien authentiques, que ses Elérnens de médecine et ses Observations sur les anciens systèmes de médecine.
COELIUS AURELIANUS fut , selon toutes les probabilités, contemporain de Galien. Il appartient à la secte des méthodistes , et même c’est à lui qu’est due la première idée de la distinction des maladies en deux classes. Compilateur laborieux, son style est dur et barbare.
COR VIS ART DESMARETS (Jean-Nicolas), né à Gricourt, en Vermandois, fut professeur à la Faculté de Paris, au Collège de France, membre de l’Académie des sciences , premier médecin de Napoléon. Mais il eut un titre plus solide , c’est d’avoir porté des idées grandes et justes dans la médecine, en créant la véritable doctrine organique. Ses vues à cet égard se trouvent dans la préface de la troisième édition de son Essai sur les maladies du cœur et des gros vaisseaux y in-8°, Paris , 1818. Corvisart est mort en 1821.
CULLEN (Guillaume) naquit en 1712 dan*
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le comté de Lanarck , en Écosse , et prit son grade de médecin à l’Université de Glascow , où il professa plus tard la chimie. Ce fut la meme chaire qui lui fut donnée, en 1756, dans la célèbre Université d’Edimbourg. Cullen fut un des plus redoutables antagonistes de Yhurnorisme , en même temps qu’il accréditait les opinions d 'Hoffman et des solidistes. Quoique ses principes aient été modifiés , il n’en mérite pas moins d’être considéré comme le premier médecin de l’Angleterre. Cullen mourut le 5 février 1790, laissant plusieurs ouvrages justement estimés.
DESBOIS de ROCHEFORT ( Louis ) , né à Paris , en 1750, y mourut en janvier 1806.
Parmi les titres de ce médecin à la reconnaissance de la postérité , est celui d’avoir fondé la première école de Clinique en France. Le seul ouvrage de lui est un Cours de matière médicale , réimprimé plusieurs fois.
DUMAS ( Charles-Louis ) , né à Lyon , le 8 février 1765, est l’un des médecins qui ont le plus honoré l’École de Montpellier, dont il fut professeur et doyen jusqu'à l’époque de sa mort arrivée le 3 avril i 8 i 3 . Dumas a publié plusieurs ouvrages importans , notamment :
Doctrine générale des maladies chroniques , deuxième édition , 2 vol. in-8°, 1823 ; Principes de Physiologie , 4 vol. in-8°, deuxième édition, t 806. Cet ouvrage, comme tous ceux du même auteur, se distingue par l’élégance du style.
ESCULAPE , personnage célèbre de la Fable, où il est admis comme le Dieu de la médecine. Sa naissance , sa vie et sa mort sont également incertaines. Il a été représenté sous une infinité de formes allégoriques.
FERNEL (Jean) , le plus célèbre des médecins français du seizième siècle , cultiva surtout la littérature médicale , et fut à la fois l’écrivain le plus érudit et le plus pur de son lemps. Il rendit la santé, par ses soins, à la célèbre Diane de Poitiers, et refusa d’être le médecin du roi , son amant. Plus tard, il devint celui de Henri II, qu’il suivit au siège de Calais, et mourut à Fon tainebleau, le 26 avril i 558 . Les ouvrages de Fernel , assez nombreux , sont rédigés dans l’esprit de la doctrine hippocratique.
FOUQUET ( Henri ) , un des médecins les plus distingués du dix-liuitième siècle, naquit en 1727, à Montpellier, où il mourut le 10 octobre 1806. Auteur d’un grand nombre de dissertations et de mémoires, il fut aussi un des collaborateurs de la grande Encyclopédie , où il rédigea, entr’autres, l’article Sensibilité.
FRACASTOR ( Jérôme ) , né à Yérone, en 1483, et mort à Trente, en août i 553 , peut être nommé le Virgile de la médecine. Son poème, très connu, delà Syphilis , n’est pas moins recommandable par l’heureuse clarté des descriptions que par l’élégance continue du style. Après sa mort, sa ville natale lui lit élever une statue en marbre.
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FRANCK. (Jean-Pierre), fit scs études médicales et prit le titre de docteur à l’Université de Heidelberg. Tour-à-tonr professeur à Gœttingue, à Pavie , à 'Vienne, à Saint - Péters- Lourg , Franck obtint la confiance de plusieurs têtes couronnées. L’empereur d’Autricbe, Alexandre , Napoléon , le consultèrent et le comblèrent de faveurs. Il a laissé plusieurs ouvrages , entr’autres un Traité de médecine , 4 vol. in-S°, traduits du latin en français , 1820. Franck était né le 1 7 mars 174$, et mourut à "Vienne le 24 avril 1821.
GALIEN naquit à Pergame, dans l’Asie-Mineure, vers l’an i3i de l’ère vulgaire, et vint à Rome trente ans plus tard , après avoir étudié dans la célèbre école d’Alexandrie. Esprit vaste, mais porté aux subtilités, ce médecin embrassa beaucoup mieux la théorie de l’art de guérir que la pratique ; aussi est-ce par-là surtout qu’il diffère d’Hippocrate. Ses travaux les plus importans se rattachent à Yanatomie. La senle collection de ses oeuvres, en grec et en latin, est celle de Réné-Chartier. Paris , 1639-1079, 9 ou 10 vol. in-fol.
HAEN (Antoine de) , né à La Haye en 1 704 , fut élève de Boerhaave , et passa à la chaire de médecine-pratique, à Vienne , en 1754. Médecin de la cour et praticien très répandu , il se montra peut-être trop intolérant, même dans son aversion pour l’émétique. Il mourut le 5 septembre 1776, laissant plusieurs ouvrages,
parmi lesquels le plus important est : Ratio
medendi.
HELMONT ( Van ), naqnit à Bruxelles, en 1577. Doué d’une imagination ardente, il fut le premier à attaquer les doctrines galéniqueâ , et leur substitua des idées grandes , mais presque toujours entachées de mysticisme. Il convenait lui-méme, que dans la composition il était presqu’en délire. Il fut encore plus grand chimiste que médecin, et mourut près de Vilvorde, le 3 o décembre 1644. (Voy.la chimie , page 266.)
HIPPOCRATE, surnommé tour à tour le père de la médecine , le divin 'vieillard , V oracle de Cos , vit le jour dans cette ville, fut contemporain, à ce qu’il parait , de Socrate , de Platon et de Démocrite. Il était fds d’Héraclide , de la famille des Asclépiades, ( voyez pour plus de détails , l’introduction historique et le résumé d‘ Hygiène. )
HALLE (Jean Noël) , né à Paris, en 1754 » y mourut le 11 février i 8 a 3 ; professeur à la faculté, membre de l’institut, etc. , cemédecin très érudit , a enrichi successivement l’encyclopédie méthodique, le grand dictionnaire des sciences médicales , d’articles fort remarquables ; il fut médecin habile et homme de bien.
HOFFMANN (Frédéric) naquit à Halle , le 19 février 1660. Un goût naturel l’avait porté d’abord à l’étude des mathématiques, qui ne lui furent pas peu utiles dans la direction de ses recherches médicales , après qu’il eut pris
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le grade de docteur à Iéna, en x68i. Il fut le protecteur du célèbre Stahl , qu’il se donna pour collègue. Honoré lui-même de la confiance du roi de Prusse et de l’amitié des hommes les plus célèbres, comblé d’honneurs et de richesses noblement acquises , il mourut le 4 octobre 1742. Sa doctrine et ses principes, qui constituent ce que la médecine pouvait alors avoir de plus positif, sont exposés dans une série d’ouvrages, dont la collection entière forme 17 vob in-4 0 . Venise , 17 45 .
LIEUTAND ( Joseph ) , naquit à Aix en provence, le 21 janvier 1703, et mourut à Paris le G décembre ^780. Médecin des enfans de France, il devint premier médecin du Roi, à l’avènement de Louis XVI. Observateur laborieux, il a laissé plusieurs ouvrages utiles , quoique déparés par un grand nombre d’inexactitudes. Le premier en France , il fit sentir la nécessité de l’anatomie pathologique.
LORRY ( Anne Charles), naquit à Crosne, le xo octobre 1726, et mourut à Bourbonneles-Bains, en 1780. Investi de la confiance de Louis XV et de celle de son successeur , Lorry figurait en première ligne parmi les médecins les plus distingués de la capitale, liordtu et Jiouvart. Dans le nombre de ses ouvrages on distingue le traité de la mélancolie , Paris , 1765, 2 vol.in-8° et celui des maladies cutanées, 1777 , in-4 0 .
MEAD ( Richard ) , médecin anglais célèbre,
a justifié sa réputation, comme grand praticien et comme écrivain habile. Membre de la société royale de Londres, il fut médecin du roi Georges II et de l’hôpital de Saint-Thomas. On a de lui divers ouvrages, en latin et en anglais; ils ont été réunis dans deux éditions, l’une de Paris, l’autre de Londres, et traduits en français par Coste , 2 vol. in- 8 °, Paris 1774* Méad était né à Stepney, petit bourg près de Londres, le 11 août 1673, et mourut le 16 février
ORIRASE , vécut au 9® siècle; il était originaire de Sardes, suivant les uns, de Pergame , suivant les autres. Ami et confident de l’empereur Julien, il suivit ce prince dans la Gaule et recueillit son dernier soupir. Dépouillé bientôt de ses dignités sous son successeur, il fut rappelé par Arcadius, qui fit pour lui autant que son premier protecteur. Oribase a beaucoup écrit ; mais tous ses ouvrages ne sont que des compilations.
PATIN ( Gui ) est plus estimé aujourd’hui comme littérateur que comme médecin. Il fut un des adversaires les plus acharnés de l’émétique qu’il a combattu dons son martyrologe de l'antimoine. Esprit satirique et mordant, il a beaucoup du cynisme de Rabelais. Ses lettres, formant 7 volumes in- 12 , furent lues avec avidité parce qu’elles intéressaient agréablement la malignité publique. Il vécut dans l’intimité du célèbre président de Lamoignon ; il était né
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dans les environs de Beauvais en 1601, et mourut à Paris le 3 o août 1672. On a un recueil des bons mots de Gui Patin , publié par Bayle sous le titre de Patiniana.
PINEL ( Philippe ). Voltaire inséra le nom de Fontenelle vivant encore, mais à cause de son grand âge, dans son catalogue des auteurs célèbres du siècle de Louis XIV. Nous avons cru devoir en user ainsi à l’égard d’un médecin célèbre qui, de son vivant, peut être considéré comme appartenant à la postérité. M. Pinel touche en effet au terme d’une carrière longue et glorieusement parcourue; la vérité peut donc être exprimée à son égard sans passion et sans flatterie. Il est né le 20 avril 1745. Doué d’un esprit analytique et pénétrant, il a porté l’ordre et la clarté dans la pathologie, et fourni à Uïkhat la première idée vraiment féconde de la distinction des tissus vivans. La postérité reconnaissante n’oubliera pas que c’estla plume éloquente de M. Pinel qui améliora le sort des aliénés, en faisant tomber leurs chaînes. Membre de l’institut, honoraire de la faculté de médecine, il a publié, outre ses ouvrages classiques, un grand nombre de mémoires parmi ceux de l’académie des sciences, et d’articles dans l’encyclopédie méthodique.
PIQUER ( André ) , naquit à Fornoles dans le royaume d’Aragon , le 6 novembre 1711 et mourut à Madrid, fort regretté , le 3 février 1772. Il a écrit sur la physique, sur la logi-
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que , et sur la médecine en particulier un traité des fièvres qui eut une grande réputation dans le temps,
PLATER (Félix), né à Bâle le I er août l 6 o. 5 , fut, quoique un peu superstitieux, en* nemi des formules compliquées et même de la saignée. Il devint en 1606 , archiâtre de sa ville natale, et membre du sénat, en 1664.
PLATNER ( Ernest ) , sa réputation est plus particulièrement établie sur ses ouvrages de philosophie, que sur ceux qui appartiennent à l’art de guérir, bien qu’estimables d’ailleurs et même utiles. Il a consacré beaucoup d’écrits à développer les principes de Leibnitz çt de Wolf, et adopta en grande partie les idées de Kant. Comme physiologiste, il appartient à l’école de Stahl; ses ouvrages, extrêmement nombreux, ont eu beaucoup d’influence sur la littérature allemande. Il était né à Leipzick , le 1 1 juin 1744» e * y mourut, professeur de l’université, le 12 mai 1818.
RAM AZZINI ( Bernardin ) , né le 5 novembre iG 33 , à Carnpi près Modène, a cultivé avec un égal succès la littérature et la médecine. Aveugle et accablé d’infirmités, il continuait encore les leçons dont il était chargé comme professeur à l’université de Padoue. Il était au moment d’en faire une lorsqu’il fut frappé d’une attaque d’apoplexie , dont il mourut douze heures après, âgé de 81 ans. Outre plusieurs écrits polémiques , Ramazzini a laissé
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quelques ouvrages très importans réunis dans une édition publiée à Londres en i 7 i 6 ,in- 4 °.
RHAZÊS , un des plus célèbres médecins de l’Orient, naquit à Ray, ville de l’Irak. On ne connaît pas exactement l’époque de sa mort. Il étudia avec beaucoup de soin les anciens, particulièrement Galien et Hippocrate. Il parcourut la double carrière de l’enseignement et de la pratique de la médecine. On lui doit en chimie le premier emploi de l’alcool ; comme médecin , sa réputation tient à la description qu’il a donnée de la variole.
RIVIÈRE ( Lazare ) , naquit à Montpellier, en 1 58g ; fut renvoyé à l’année suivante quand il se présenta en 1610, pour obtenir le doctorat, et n’en devint pas moins quelques années <plus tard, le plus célèbre professeur de cette école. Il professa généralement les idées galéniques, et adopta sur tout la polypharmacie du médecin de Pergame. Rivière avait nne pratique extrêmement étendue, ce qui ne l’empêcha pas de vaquer exactement à ses fonctions de professeur et de publier plusieurs ouvrages.
Ceux-ci peuvent être considérés comme le résumé de tout ce qui avait été fait jusqu’alors en médecine ; ils ont été réunis avec un beau portrait de l’auteur, sous le titre : Rivicrii opéra ornriia, Lyon, 1790, in-fol. Ce médecin momut en 1 655.
ROUSSEL ( Pierre ). Qui n’a pas lu le charmant ouvrage de ce médecin, intitulé : Sjs-
terne physique et moral de t homme et de la femme ! Son éloge par M. Alibert n'est pas moins connn; et l’on ne sait qu’y goûter le plus de la vie paisible et modeste de l’homme, ou de l’élégance et de la délicatesse du panégyrique. Elève et ami du célèbre Bordeu, dont il écrivit lui-mème l’éloge, Roussel défendit et propagea constamment les principes de son maître. Il a laissé peu d’ouvrages , parce qu’il donnait beaucoup de temps à la rédaction de journaux ; il vécut pauvre , et pourtant heureux , parce qu’il avait cette philosophie qui élève l’homme au-dessus de tontes les conditions sociales. A la formation du corps législatif , il ne lui avait cependant manqué qu’un petit nombre de suffrages; il était né à Ax département de l’Ariègc , et mourut en l’an X.
RUSH (Benjamin), naquit près de Bristol dans la Pensylvanie , le 5 janvier 174A. Issu d’une famille de Quakers, il reçut une éducation brillante , et fut imbu de bonne heure de sentimens religieux qu’il conserva toute sa vie. Il prit le grade de docteur à Edimbourg , en 1768, et fut nommé professeur de chimie à Philadelphie l’année suivante. Rush fit partie du congrès qui secoua le joug de'l’ Angleterre. L’amour de la patrie fut une de ses passions les plus vives ; il n’embrassait pas avec moins d’ardeur le bien de l’humanité à laquelle il consacra sa vie entière. Il a laissé un asse?. grand nombre d’ouvrages, dans lesquels il a tou-
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jours combattu la contagion de la fièvre jaune.
SANCHEZ ( Antoine-Nunez-Ribeiro ) , célèbre médecin portugais , né à Peyna-Maoar , le 7 mars 1699 ; étudia la médecine d’abord à Coïmbre et à Salamanque; se rendit ensuite à Londres d’où il vint à Paris, et alla enfin à Leyde entendre les leçons du célèbre Boerhaave . Long-temps employé au service de la cour de Russie, il fut contraint de quitter Saint-Pétersbourg et se retira à Paris après la mort de l’impératrice Anne , sa protectrice. Il vivait dans un état voisin delà détresse, lorsque la célèbre Catherine lui fit une pension de mille roubles , dont il ne profita guère; la mort l’ayant enlevé le 24 octobre 1783. Outre plusieurs dissertations sur les maladies vénériennes, il est auteur de l’article affections de l'âme , dans l’encyclopédie méthodique.
SAUVAGES ( Boissier de ), naquit à Alais , le 12 mai 1706; il était déjà reçu médecin qu’il continuait de cultiver la poésie, et insérait assez fréquemment des ouvrages de ce genre dans le mercure du temps. Le traité des classes des maladies lui ouvrit , en 1734, les portes de l’université de Montpellier, où il devint ainsi professeur sans passer par le concours. Le premier , il attaqua les doctrines chimiques et mécaniques qui régnaient dans cette célèbre école , et parvint à leur substituer les idées de Stahl. Il fut ami de Boerhaave et de Linnée ; il a publié plusieurs ouvrages d’économie do-
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mestiqne et de médecine; sa nosologie méthodique, parut en 176T Gilibert a réuni plusieurs mémoires ou dissertations de Sauvages, sous le titre de chefs-d'œuvre , Lyon 1771, 2 vol. Sauvages mourut le 19 février 1767.
SELLE (Chrétien Théophile) , né à Stettin , en 1748, consacra ses premières méditations à la philosophie , où il acquit assez de force pour défendre , non sans succès, la philosophie expérimentale contre les attaques de Kant. Il avait cependant publié déjà sa PyrèlLologie , ouvrage qui obtint et conserve encore l’estime de toute l’Europe médicale. Selle fut médecin du grand Frédéric et professeur de clinique à Berlin. Comme praticien, il a joui d’une réputation méritée; comme écrivain , il a concouru utilement aux progrès de la science. Il mourut phthisique, à Berlin, le 9 novembre 1800.
STAIIL (Georges-Ernest) naquit à Anspach, le 21 novembre 1660. Il est considéré comme le chef de la secte spiritualiste. Professeur à Halle , il fut nommé, en 1716, médecin du roi de Prusse , Frédéric Guillaume. Sa réputation, comme chimiste, surpasse peut-être encore celle qu'il eut comme médecin. ( Voyez le Résumé de Chimie. J
STOLL (Maximilien) fut d’abord admis dans la Société des Jésuites , et se livra quelque temps, en cette qualité, à l’enseignement des langues grecque et latine. Ayant ensuite pris le bonnet de docteur, à Vienne, il y devint
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professeur de clinique et très grand praticien. Ses ouvrages , bien qu’infectés d’hmnorisme , seront toujours recherchés comme des recueils de bonnes observations- L’empereur le visita dans sa dernière maladie. Il mourut le a a mars 1788.
SYDENHAM (Thomas) a été surnommé V Hippocrate anglais. Sa vie fut tout entière consacrée à la pratique, car ses ouvrages sont tous le fruit de l’expérience et d’une longue observation; ils ne peuvent cependant être lus aujourd’hui qu’avec précaution. Sydenham était gentilhomme ; il était né dans le comté de Dorset, en xôa 4 * et mourut à Londres, en 1689.
TISSOT (S.-A.-D.), né à Lausanne, en 1738, fut reçu docteur à Montpellier, en 1749* Longtemps il refusa les honneurs qu’on lui offrait dans différentes cours et universités de l’Europe; mais enfin, cédant aux sollicitations de l’empereur Joseph II , il accepta la chaire de clinique à Pavie. Le pape Pie VI le combla d’honneurs, quoique protestant , dans un voyage qu’il fit à Rome. Tissot, retiré de l’enseignement et de la pratique , passa les dernières années de sa vie dans une retraite agréable, voisine des lieux où il était né, et y mourut le 16 juin 1797. Il a laissé plusieurs ouvrages estimés. ( Voyez la Bibliographie. J
TORTI (François) était né à Modène, le ir décembre i 658 . Après avoir étudié la jurisprudence, il prit le grade de docteur à Bologne,
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en 1678. Les lettres et la poésie avaient occupé les premières années de sa vie; elles furent la consolation de sa vieillesse. Il défendit le Tasse contre Bouhours , et publia le fameux Traité des fièvres pernicieuses, où l’administration du quinquina fut, pour la première fois, hien arrêtée. L amour de la patrie lui fit refuser les chaires qu’on lui offrit à Turin et à Pavie , et il se contenta de celle qu’il occupait dans sa ville natale, où il mourut, en mars i74r.
ZIMMERMANN ( Jean -Georges ) naquit à Brugg , dans le canton de Berne, le 8 octobre 1728. Il étudia la medecine à l’Université de Gœttingue, sous le célèbre Haller, dont il fut l’élève chéri, et dont il a écrit la vie. Honoré de la confiance de Catherine II , du grand Frédéric et de plusieurs autres princes, Zimmermann cultiva avec un égal succès la littérature, la médecine et la politique. Il s’adonna même entièrement à celle-ci durant les dernières années de sa vie , et combattit les idées qu’il avait adoptées d abord. L’entree des troupes françaises dans sa patrie, à l’époque de la révolution, abrégea, dit-on, sa vie, qui, d’ailleurs, avait été constamment troublée par une disposition mélancolique. Il mourut le 7 octobre 1795. Pour ses ouvrages , voyez la bibliographie .
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