‹ Résume ́de l'histoire de l'électricité et du magnétisme, et des applications de ces sciences à la chimie, aux sciences naturelles et aux artsChapitre 13 sur 103 · CHAPITRE II. 3. r · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. 3. r

dans le gaz oxygène. Avec l'oxygène seul, l'énergie était considérablement augmentée. Dans l'air,, l'action s'arrêta quand il n'y eut plus que de l'azote ; l'oxygène était toujours absorbé.

MM. Biot et Frédéric Cuvier (24) reconnurent que la pile avait une action propre et indépendante de l'air extérieur, qui peut cependant en augmenter la force dans certaines circonstances.

Dans un autre travail, M. Biot (23), en mesurant la tension électrique avec la balance de Coulomb, démontra que, bien qu'à la rigueur l'oxydation développe de l'électricité, les effets de cette cause n'étaient pas comparables avec ce que donne le contact des métaux sans cesse alimenté avec le sol. On voit par là combien la théorie du contact avait jeté de profondes racines dans les esprits, puisqu'on n'osait pas encore y toucher; on sait aujourd'hui que dans les piles de ce genre l'oxygène n'a d'action qu'au pôle négatif où le gaz absorbe l'hydrogène qui se dégage.

Après Fabroni, Woîlaston (25') posa en principe que l'oxydation du métal était la cause principale de la production d'électricité dans la pile. Il démontra en premier lieu que l'action chimique de l'électricité fournie par les machines était la même que celle que l'on obtenait avec la pile; qu'il suffisait pour mettre ce fait en évidence de concentrer toute l'action décomposante en un seul point , en se servant de l'extrémité d'un très-petit fil métallique pour transmettre l'électricité. Il obtint ainsi, avec l'électricité des machines, la décomposition de l'eau et des sels métalliques; l'identité entre les deux espèces d'électricité fut ainsi démontrée. "Woîlaston alla même jusqu'à avancer que les effets électriques de frottement dépendaient également de l'oxydation; mais les expériences qu'il fit à ce sujet laissaient beaucoup à désirer.

Gautherot (26) s'attacha aussi à démontrer que la charge de la pile provenait d'une action chimique; dans une lecture faite à la .Société philotechnique le 12 brumaire an i\, il réclama la priorité sur Woîlaston.

Bitter publia en I80.'i, à Leipsig, un ouvrage (27) renfermant un grand nombre d'expériences sur la pile.

Il vit quelquefois une aiguille composée de deux petites lames, l'une de zinc et l'autre d'argent et librement suspendue, se placer dans le méridien magnétique, le zinevers le nord et l'argent vers le sud, et dont les extrémités étaient faiblement attirées et repoussées par les deux pôles d'un aimant. Il obtenait probablement cet effet quand les deux lames étaient recouvertes d'une couche d'hu-

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midité. S'il eût songé à analyser le phénomène, il aurait peut-être devancé OErstedt et Ampère dans la découverte de l'électro-maguétisme. Ritter tira seulement de ses expériences la conséquence que la charge de la pile n'a lieu qu'autant qu'il y a réaction chimique, et qu'elle est d'autant plus forte que cette réaction est plus énergique.

Il a encore avancé que les acides et les alcalis donnent aux métaux des tensions électriques opposées, suivant que ces liquides sont très-concentrés ou étendus d'eau (28). Enfin il a conclu de ses recherches que tonte oxydation par la voie humide avait toutes les conditions de la chaîne voltaïque; mais l'explication qu'il adonnée de la charge de la pile est tellement obscure qu'il est difficile d'y trouver la véritable théorie.

Bucholtz publia un travail intéressant sur l'action chimique des chaînes électriques formées de dissolutions salines d'inégale densité superposées et d'une lame métallique (28')

Piles secondaires. L'étude des décompositions électro-chimiques conduisit à la construction des piles secondaires : Erman avait annoncé, et même Volta avant lui, que si dans une pile isolée on fait communiquer les deux pôles avec une bande de papier mouillé, chaque moitié prenait l'électricité du pôle avec lequel elle communiquait. Si l'on enlevait ce conducteur imparfait avec un tube de verre, L'équilibre ne se rétablissait pas instantanément; l'une restait positive, l'autre négative. Cette distribution de l'électricité ne saurait exister dans une bande de papier humide : le bout en rapport avec le pôle positif se recouvre d'acide et de 'gaz oxygène, et l'autre d'alcali et de gaz hydrogène; les quantités d'acide et d'alcali allant en diminuant depuis les extrémités jusqu'au centre, le bout acide devient positif, le bout alcalin négatif: telle est l'explication du fait observé.

La pile secondaire, imaginée par Ritter (29), est fondée sur des effets du même genre; elle est formée de disques d'un même métal et de cartons humides; inactive par elle-même, elle le devient quand ses deux extrémités ont été mises en communication avec les deux pôles d'une pile, et son action est d'autant plus forte que cette dernière est plus énergique. Les piles secondaires ne fonctionnent uniquement que par la réaction, les unes sur les autres, des substances gazeuses, acides et alcalines, déposées sur les faces opposées de chaque carton, par l'action décomposante de l'électricité.

Les physiciens de la période dont nous esquissons l'histoire

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