CHAPITRE l\ . K'J
et en son milieu, de manière que chaque fois la longueur corresponde à la direction de l'aiguille d'inclinaison; on augmente beaucoup l'intensité de l'effet en introduisant dans l'hélice un barreau de fer doux qui, à chaque mouvement de rotation de celle-ci, s'aimante momentanément sous l'influence de la terre.
MM. Palmieri et Linari (49) sont parvenus à former une pile qui fonctionne sous l'influence terrestre, et qu'ils ont appelée magnétoélectro-tellurique , laquelle imprime des déviations beaucoup plus fortes que celles que l'on obtient dans l'expérience précédente.
Il résulte de ces effets qu'un corps conducteur ne peut se mouvoir à la surface du globe sans qu'il se produise dans sa masse des courants d'induction.
Effets divers relatifs à l'induction. Lors de la production des courants induits, la présence de corps conducteurs qui sont également parcourus par des courants induits, lesquels peuvent réagir sur ceux que l'on étudie , change les conditions de la formation de ces derniers. Savary, dans ses recherches sur l'aimantation par les décharges électriques (voir page 78), avait observé déjà l'influence des enveloppes conductrices ; MM. Henry et Abria ont étudié quels étaient les effets produits, et M. Riess a montré que l'échauffement d'un fil conducteur parcouru par une décharge était modifié par la présence d'un conducteur voisin.
M. Dove a fait une étude particulière de ce sujet (50) et est arrivé à des résultats très-intéressants ; en employant les courants électriques et les décharges pour produire l'induction, il a obtenu des résultats concordants. Il a d'abord distingué, comme M. Henry, la durée du courant, de son intensité, car si les indications galvanométriques et les effets chimiques sont proportionnels entre eux et à la quantité d'électricité mise en jeu, l'effet physiologique comme l'effet calorifique ne le sont plus; l'effet physiologique, en particulier, ne dépend que de la rapidité de la neutralisation des électricités, car les secousses de la bouteille de Leyde prouvent qu'une très-petite quantité d'électricité qui se meut très-rapidement donne une commotion très-vive, alors que la même quantité d'électricité qui est neutralisée plus lentement ne produit aucun effet.
M. Bachhoffner et Sturgeon avaient trouvé qu'en plaçant au milieu d'hélices magnétisantes des faisceaux de fils de fer, l'extra-courant induit dans le circuit par l'aimantation et la désaimantation du fer produisait des secousses plus fortes que des cylindres de fer massifs. M. Dove a montré que cet effet tenait à ce que les cylin-
90 de l'électricité et du magnétisme.
dres massifs agissaient comme noyaux magnétiques et comme corps conducteurs ; il se produisait alors, autour des cylindres, des courants induits qui retardaient l'induction , c'est-à-dire qui augmentaient la durée des décharges induites : de là, diminution d'effet physiologique, et augmentation quand on évitait la circulation des courants lors de la substitution des faisceaux de fils de fer isolés aux cylindres continus de fer.
M. Dove a également prouvé que les enveloppes conductrices en cuivre ou autres substances agissent de même, et que ces enveloppes n'affaiblissent pas le pouvoir d'induction, mais retardent seulement celle-ci en augmentant la durée du passage de l'électricité. Ce même physicien a fait également remarquer, d'après cela, qu'un faisceau de fils de fer aimanté s'approche le plus possible de la réalisation du solénoïde d'Ampère, qui toutefois ne représente pas un aimant ordinaire, puisque celui-ci est pourvu d'une enveloppe conductrice continue qui n'existe pas dans le cylindre électro-dynamique.
Lors de la production d'un courant induit, il se manifeste des effets statiques très-prononcés qui dépendent de la tension du courant, de la rapidité du passage de l'électricité , de la longueur et de l'isolement du fil conducteur. Ce fait important, signalé par M. Faraday, a été parfaitement établi par MM. Masson et Breguet (51), au moyen d'un long fil isolé, enroulé autour d'une bobine, et constituant une hélice; en aimantant l'hélice à l'aide d'un faible courant électrique, le courant induit qui se produit au moment où le courant est fermé, mais mieux au moment où il est ouvert, c'est-à-dire dans ce dernier cas l'extra-courant direct, peut charger un condensateur, donner des secousses et produire des étincelles dans le vide de la machine pneumatique. Si l'on fait toucher les deux extrémités du fil de la bobine avec les deux tiges métalliques d'un œuf électrique, et que l'expérience ait lieu dans l'obscurité, la boule qui touche à l'extrémité qui donne l'électricité positive est le point de départ d'une gerbe lumineuse, rouge-violacée ; la boule négative est entourée d'une auréole lumineuse bleuâtre. MM. Masson et Breguet ont émis l'opinion qu'on pourrait augmenter ces effets, et arriver à construire des appareils qui remplaceraient, dans certains cas, les machines ordinaires pour la production de l'électricité statique: nous verrons plus loin qu'il existe un appareil d'induction qui a permis d'atteindre ce but.
D'autres physiciens se sont aussi occupés des effets d'induction ;