‹ Résumé de l'histoire des Juifs anciensChapitre 36 sur 38 · TL · texte numérisé non relu

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368 RÉSUMÉ DE L'HISTOIRE et de religion s'était joint aussi, chez cette multitude de Juifs étrangers, le

désir de défendre Jérusalem, et contre

lés attaques de l’armée romaine, et contré la fureur des partis armés qui se déchiraient. dans son sein. Titus avait sous ses ordres quatre, légions, parmi lesquelles se trouvait lâhcinquième, qui .

avait fait partie de l'expédition de Cestius-Gallus, et qui brülait de Venger la honte de sa défaite. Outre ces troupés ;* Agrippa et d’autres princes alliés lui avaient fourni des corps nombreux de cavalerie et d'infanterie auxiliaires; et beaucoup de volontaires étaient accourus de l'Italie se ranger en foule sous sés

étendards, pour terminer une guerre

qui intéressait vivement l'honneur national.

La présence de l’ennemi réveille tous les courages, et calme, par intervalles, les discussions et les haines. Il n'existait plus dans Jérusalem que deux partis:

celui d'Éléazar, qui s'était posté dans l'un des parvis du temple, attaqué à l'improviste par les zélateurs de Jean

de Giscala , avait été presqu’entièrement détruit, et ceux qui avaient échappé au massacre s'étaient joints aux partisans de Simon. Jean et Simon se réunissent, 73° mais seulement pour combattre l’enne-

mi commun; ils font ensemble de fréquentes sorties; mais, al rétour, Jean rentre dans lesteniple et les hostilités recommençent entre les deux chefs. Titus enwoie aux assiégés des propositions :

mde paix » Qui sont rejetées avec mépris.

Les Romains font jouer aussitôt leurs machines, qui produisent un terrible effet. Quinze jours après le commentcement du siége, les béliers font une brèche à la muraille extérieure (x), et les Juifs

(1) Jérusalem était environnée d’une triple muraille, et défendue par un grand nombre de tours. Le premier mur, que son épaisseur faisait regarder comme imprenable , avait soixante de ces tours, le second quatorze, et le troisième quatre-vingts. Il y avait en outre plusieurs chàteaux forts, ceux d’'Hippicos , de Phazaël, de Mariam, d’Antonia, et plusieurs palais susceptibles de défense. Le temple lui-même était une citadelle de la plus grande force.

370 RISJMÉ DE L'HÉTOIRE

l’abandonnent pour se retirer derrière

… le second mur. Jean défendait le temple

: el le chateau d’Antonia; Simon le reste

de la ville. Titus dirige ses béliers contre

la seconde muraille; TP attaque devient si furieuse. “contre Du des tours, que les Juifs qui la défendent y mettent le feu, et se précipitent dans Ts flammes. La

destruction de cette tour a M breche au second mur. Titus, su

siens, PERCIrE à l'instant dans la v Ni

neuve : ce n’était qu’un faubourg où demeuraient les plus pauvres de Jérusalem. Assailli par la foule toujours croissante qui l'attaque, qui le presse dans des rues étroites, il est contraint de se retirer avec une perte considérable ; maïs

quatre jours après, le second mur fut :

renversé , et les Romains toucherent au dernier rempart.

Titus donne alors quelque repos à ses soldats; et pour faire connaitre ses forces aux assiégés, il passe sous leurs yeux la revue de son armée. Les Juifs accourent sur leur muraille et sur les toits de leurs maisons ; ils contemplent ces fières

légions qui se déploient devant eux dans un magnifique appareil, À'cette vue ce- # pendant ïls ne se disent pas qu'il faut.

se rendre, mais qu'il faut mourir. Îls veulent combattre à-la-fois et les: Romains, et la famine et la peste ‘fléaux terribles qui déjà les dévor APÜne forte muraille quedfit élever Titus autour de la ville devait hâter leur ruine, en les privañt de tout secours extérieur. Tout ne PULE fait prisonnier était mis en croix par Titus; un grand nombre de malheureux, pressés par la faim, cherchèrent u» asile dans le camp de l’ennemi, et n’y trouvèrent que la mort. Plus de deux mille fureut égorgés dans une seule nuit par les soldats Romains, qui leur fendaient le ventre, et qui cherchaient dans leurs entrailles l’or qu'ils les soupçonnaient d’avoir avalé. L'intérieur de la ville n'offrait que des scènes de désolation et d'horreur : les soldats juifs, qui avaient résolu de se défendre jusqu’à la dernière extrémité, arrachaient au peuple tout ce qu’ils pouvaient trouver de vivres. [ls furent épouyantés eux-mêmes

358 RÉSUMÉ DE L'HISTOIRE . du spectacle d’une mère dévorant son | propre fils et leur offrant le partage de cet exécrable repas. Au milieu de ces spectres affamés , on voyait errer de faux prophètes que odiyilèe les zéliteurs.

Ils promettaient au pAnpie une prompte dora nnaient, au nom du Sent de persévérer dans une lutte si sainte et si glorieuse. " Cependant les Romains menacët forteresse Antonta. Jean de Giscala fait creuser une mine jusqu'au pied de la plate-forme qu’avaient élevée les Romains en face de cette forteresse; il remplit la mine de matières inflammables, et dirige si bien le feu, que toutes les machines des assiégeans sont à l’instant embrasées. Simon obtient, de son côté, le même succès. Trois de ses soldats sortent de la ville en plein jour, se jettent au milieu des ennemis, mettent le feu à leurs machines et se sauvent. Obligés par l'incendie à une prompte retraite, les Romains sont poursuivis par les Juifs jusqu'à leur camp. La présence de Titus rétablit l'ordre dans leurs rangs épouvan-

Au

tés. Le prince fait élever de nouvelles € plates-formes; il les garnit de donvettesé machines qui battent la ville sans relâche; et bientôt, à la faveur des iénèbres, ie ét déterminés escaladent Ja * EcREA etarborent l'aiglen ro la tour Antonia. À

‘0 maine sur

sonde leurs trom-

pettes, TitusAécourt; les Juifs se sauvent

en désordre, et la forteresse est prise.

. Les assiégés mettent aussitôt le feu aux

ane TT qui la faisaient communiquer avec le temple.

Vers cette époque, Simon accusa le grand-prêtre Mathias et trois de ses fils, d'entretenir une correspondance avec les Romains. Ce vieillard fut mis à la torture et puni de mort avec ses enfans.

Les Juifs continuaient de refuser toute proposition de paix. Titus avait employé vainement auprès d'eux la médiation de Josèphe, qui voulut faire une dernière tentative; mais cet envoyé leur était doublement odieux : un coup de pierre l’atteignit à la tête, et le renversa (r).

{)J ostphe ne mourut pas de cette blessure :

» Titus vit alors qu'il n'avait plus d’espoir que dans la force, et il commença r attaque du temple, qu'il aurait voulu

préserver de la destruction. Il fit miner entièrement la forteresse Antonia;. sa chute entraina celle d’une assez grande PAUHE. du troisier ur, et-un vaste .espace s’ouvrit ainsi devant s légions romaines, Ce fut alors que Mes sacrifice journalier cessa pour la première fois,

depuis qu’il avaitété rétabli par les victo

. res de Juda Machabée (r). Titus employe

après la prise de Jérusalem , il accompagna Titus à Rome ; il y fut comblé de toutes les faveurs des princes; il reçut le titre de citoyen romain. Ce fut à Rome qu’il se livra à la carrière histo- ‘rique : il écrivit en grec, et du style le plus pur, l’Histoire de la guerre des Juifs; les Antiquués Judaïques, én vingt livres ; les Deux livres contre ÆAppion; un discours sur le Wartyre des Machabées, et l'Histoire de sa vie.

(1) Ce sacrifice journalier , appelé par les Juifs thamid, consistait en deux agneaux, dont l’un s’offrait le matin, vers le lever du soleil, et lautre, le soir, entre trois heures après midi et le coucher du soleil.

DES JUIFS ANCIENS. 37 72 Fr en vain le bélier contre les murailles à dé

temple; il essaye en vain d’en saper les fondemens; il tente un assaut qui coûte aux Romains un grand nombre de morts et plusieurs drapeaux. Il fixe enfin un jour pour une attaque, LÉO les

choc fut affreux ; après une lutte bide on Ciné rrible, les faits furent rompus par étais discipline romaine , et poursuivis jusqu'au temple. Alors un soldat romain s'étant fait soulever par un de ses compagnons, jeta, par une des fenêtres de l'édifice, un brandon de feu dans une des pièces qui entouraient le sanctuaire.

L’incendie se propage aussitôt avec une extrême violence, et le temple entier s'écroule dans les flammes. Titus ne put dérober qu'une faible partie des objets sacrés au pillage effréné de ses soldats.

Quand leur cupidité fut assouvie, ils commencèrent le massacre : plusieurs milliers de Juifs furent passés au fil de l'épée; ilen périt autant dans l'incendie.

Josèphe remarque que le temple fut

ns, détruit par Titus, le même jouret le même mois qu'il l” avait été autrefois par Nabuchodonosor. En souvenir de ce double et douloureux événement , les Juifs célébrent un jeüne solennel, de vingt-quatre heures, le neuvième jour

du mois d'awyq répond en partie à

notre mois d'août (1 Je 7m

Cependant Jean de Giscalà > partie des siens, s'était fait jour temple, après d’incroyables efforts de valeur; il se réunit au corps de Simon; et les deux chefs, après avoir en vain cherché à sortir de Jérusalem, se retranchent dans la partie méridionale de la ville. Ils envoyent demander à Titus une entrevue; ce prince leur répond qu’ils auront la vie sauve, s'ils consentent à mettre bas les armes. « Nous avons juré de ne jamais nous rendre, répliquent-ils; ainsi nous demandons qu'il nous soit permis de nous retirer

(1) Ce fut le 10 août que fut brille temple.

Le siége avait commencé. dans les premiers jours d'avril.

dans les montagnes avec nos femmes etn.n nos enfans. » Titus ne leur répondit 73:

qu'en les menaçant du traitement le plus sévère. Il abandonna ensuite au pillage la partie de la ville qu'il ocCupait; les Romains portérentide tous côtés la dévastation ele carnage.

tile. Le 7 du mois de septembre, les machines de l’ennemi commencèrent à jouer avec tant de force et de succès, que les zélateurs perdirent toute espérance de se maintenir dans leur position.

els furent le trouble et la précipitation de leur retraite, qu'au lieu de gagner les forteresses de Phazaël, d'Hippicos et de Mariam, qui ne pouvaient être prises que par famine, ils coururent comme des insensés vers les remparts, cherchant à franchir le mur de circonvallation et à s’élancer dans la campagne; mais ils furent partout repoussés et mis en piéces. Simon et Jean parvinrent quelque temps à se cacher; Jean, contraint par o2.,

MA me pe à chea L

rendre à Titus, , qui ne le prit que dé. sa liberté. Simon se maintint dans son asilé pendant un mois; se trouvant alors. | M A FÉAUR Pie 15 faminé, il sort,

se nomme aussitôt, et on l'entrat he Simon fut conduit à Rome, où il tomba sous le glaive du vainqueur après avoir orné son triomphe.

Le 8 septembre, Titus fit dans Jérusalem, ou plutôt dans ce qui avait été cette ville , une sorte d'entrée solennelle.

Le massacre continuait; tout était mis

73. à feu et à sang. De tous les Juifs qui | tombèrent entre les mains des soldats romains, ceux-là seuls furent épargnés qui étaient en état de porter les armes.

Les plus remarquables par leur jeunesse et leur beauté furent réservés pour le triomphe du prince. Un grand nombrede ces prisonniers furent distribués par Titus dans les provinces de l'empire, pour

LS

DES JUIFS ANCIENS. 379 servir à des combats de gladiateurs, ou £ pour lutter dans le cirque avec les bêtes y, à féroces. Onze mille, dit Joséphe ; d'éfo sèrent toute nourriture, et se pat 29 mourir de faim. RÉ : Quand les soldats romaim$ se furent Borgés de sang étidé dépouilles, Titus leur ordonnæde raser jusqu'aux fonde-

mens t me qui restaient encore «debout dans lantique capitale des Juifs.

Les tours de Phazaël, d'Hippicos et de Mariam furent seules épargnées, ainsi qu'une partie du mur occidental qui devait servir de rempart à la dixième légion que Titus laissait à Jérusalem.

Cependant trois places fortes tenaient encore dans la Judée : c’étaient Hérodion ‘et Massada, en-decà du Jourdain, et Machéron au-delà du fleuve. Le général romain Lucilius Bassus, laissé en Judée comme lieutenant de Titus, s’'empara des forteresses de Machéron et d’Hérodion ; mais il mourut avant d’avoir pris Massada. Cette place avait une nombreuse garnison de Sicatres ; commandés

par un petit-fils de Judas-le-Galiléen.

are À Mu

j tout-à-coup aux assiégés AL

380. RÉSUMÉ DE L'HISTOIRE EE Flavius Silva, successeur de Bassus, dé-. :

| sespérant d’emporter d'assaut cette for- | teresse, fit mettre le feu à ses portes.

Les out , et avec elles les ‘troupes.

romaines , se répandirent dans la ville avec we impétuosité, que Je ch juif, enfete dans la ci aie conseilla sou désespoir, de tuer d’abord leurs femmes et leurs enfans , et de choisir ensuite sort dix aq qui se chargeraient de tuer les autres; puis, un de ces dix tuerait ses neuf compagnons, et se frapperait enfin lui-même après avoir mis le feu à la forteresse. Le jour suivant, les Romains, qui se préparaient à la prendre d'assaut , furent surpris de ne pas apercevoir le moindre mouvement, de ne pas entendre le moindre bruit. Au cr d’étonnement qu'ils jettent, deux fem mes qui s'étaient dérobées au massacre, sortent du fort, et les instruisent de læ mort tragique des assiégés.

Ainsi fut achevée la soumission de Ja Judée; ainsi fut anéanti l'empire juif.

Vespasien ordonna que les terres des

DES JUIFS ANCIENS. 38r vaincus fussent vendues à son profit. Il n'excepla de cette mesure que la ville d'Æmmaüs , sur les bords du lac Géné-

sareth; il dé celte place et ses tu

| rons à huit cents de ses vétérans, pur y fonder une colonie. Emmai pelée dès-lors la ville.

. Nicopolis.

LS $ qui avaient échappé au glaive aux chaînes des soldats ronee se dispersèrent dans les diverses | parties du monde. Ici se termine la tâche que nous nous étions imposée; ici commence pour la nation juive une histoire nouvelle. Emportant dans leur exil ce livre unique, qui formait à-la-fois leur code religieux, leur constitution civile, leur littérature et leur histoire, les Juifs ont traversé les siècles, comme un soldat passe par les armes ; mais ils sont restés debout. Ils ont survécu aux violences de la cupidité et du fanatisme; ils ont échappé aux spoliations , aux tortures et aux büchers. Rechercher les causes de cette vitalité puissante, expliquer par les lumicres de la science et de la raison

je

1 mystère, rien certes n'a jamais é

, x 382. RÉSUMÉ DE L'HISTOIRE

un à prodige, un it inexplicable, :

lus digne ss PReiger la sagacité de

culte, ses mœurs et la civili

lui fut SE on ; montrer ces proscrits y " pa méprisés, partout nécessaires,

ne s’étonnant point de leurs destinées bizarres et capricieuses, et s’enorgueillissant aussi peu de leurs rares prospérités que de leurs nombreux martyres; pénétrer dans leurs synagogues, s'associer aux habitudes de leurs foyers, aux travaux de leurs académies, car dans l'exil ils se créèrent une littérature qui fut en dehors de toutes les autres, comme ils

étaient eux-mêmes en dehors des peuples ; les observer sous l'influence des

Fi

climats divers, desinstitutions religieuses

et politiques les plus opposées; des bords du Nil, du Bosphore ou du Tibre, se

transporter avec feux aux rives de la S Seine, ou au milieu de ces brillantes ci= ! ù que le fanatisme espagnol arracha à trop tôt à la civilisation des Mauress rassembler enfin ; $ par le lien de la pen- : De ai Herbes) épars FAN ce pe la

dé de scènes neuves, variées, pittoresques, de leçons grandés et salutaires, fit jamais appel à l'imagination et au cœur de l'écrivain ! Parmi ces traits distincuifs qui forment la physionomie particulière d’une nation, il en est qui ont quelque chose de plus caractéristique , de plus fortement prononté, que l'historien de la dispersion devra surtout signaler. Il placera en première ligne celte disposition générale des Juifs aux sentimens et aux'occupations pue ques , et cet amour du commerce qu'on leur a si long-temps reproché, comme si le commerce, avec les sciences et les ‘arts, n’était point devenu la véritable

ee puissance des temps modernes, comme:

si les Juifs n'avaient point rendu un ser-.

ou RES à la civilisation son

1 | gouverne aujourd” bi le monde, et, par. u F4 destinée mi dde entre du

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