ST DES PRINCIPALES
LENNELLES.
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Les Juifs avaient quatre sortes d’années, qui toutes étaient lunaires : 10. l’année civile, qui commençait le 1° du mois de Tisri, ce qui répond au 15 septembre; une ancienne tradition rapportait que le monde avait été créé vers ce temps-là. C'était de ce commencement d’année qu'on comptait les jubilés; pour dater les contrats, pour enregistrer la naissance des enfans et le règne des princes, on suivait l’année civile ; 20. l’année ecclésiastique, qui commençait en mars ou le 1er. du mois de ]Visan, parce qu’on était sorti d'Égypte à cette époque; c’est sur cette année qu'on réglait les fêtes; c’est d’après elle que les prophètes dataient quelquefois leurs oracles et leurs visions; 30, l’année pour la dime des troupeaux, qui commençait le 1er. du mois d'Elul, œ qui répond au 15 août, On décimait
LE
alors les agneaux pour les lévites, et on ne pouvait prendre que ceux qui étaient nés dans cette
année; 4°. l’année agricole, qui commençait au mois de Sebat ( 15 janvier). On payait alors les déc imes des fruits. Voici le tableau comparatif
mois juifs et des mois romains.
| Mois Li MOIS ROMAINS.
1% Nisan. CRE 29, Jia. 00 30. Sivan. 15 Mai. x :
4°. Tamus. 15 Juin ni, 5°. Av. 15 Juillet. d © 4 6°. Elul. 15 Août. Marie sf 70. Tisri. 15 Septembre.
8°. Marchesvan. 15 Octobre.
o°. Kisleu. 15 Novémbre.
10°. Thébeth. 15 Décembre.
x10, Sébat. 15 Janvier.
12°, Adar. 15 Février.
Les mois Juifs sont de 29 jours 12 heures 793/108omes, d'heure ; dans le cycle de dix-neuf ans, ils ont sept années Rinsrties ces années sont ce treize mois. Le mois qu’on intercale est celui d’AÆdar, et on l'appelle alors F’e- 4dar ou le Second-Adar.
Les principales fêtes des Juifs sont : la fête de Pâque, la Pentecôte, la fête des T'abernacles, la fète des Trompettes ou du commencement de l’année (civile), et l'Expiation ou le jour du grand- pardon.
DES JUIFS ANCIENS. 389 L La Päque, en hébreu Pessach, mot qui PE signifie passage, parce que ce fut Mn queles Juifs, sortant d'Égypte, passèrent de l'état de servitude à celui d'indépendance. Cette fête .se célèbre à l’équinoxe du printemps, le qua torzième jour du mois de /Visan, lorsque la lune est dans son plein. Elle dure huit jours ; les deux premiers et les deux de erniers sont seuls consacrés au repos; les quatre journées intermédiaires ne sont qu’une demi-füte, et permettent aux fidèles de suivre leurs travaux accou-
. NE ee | endant ces hwit jours, on ne se nourrit que de pain sans levain ou pain aarrre « Voici le pain azyme que n0S pères ont mangé en Égypte, pendant la captivité de Babylone; venez en manger avec nous, vous qui êtes nécessiteux ; eette année à Babylone , l’année prochaine sur la terre d'Israël; cette année esclaves, l’année
prochaine hommes libres (1). »
La fête de Päque est consacrée anx soù venirs de la liberté reconquise. Depuis que les Juifs n’ont plus leur temple ni leurs sacrifices, ils n’immolent plus l’agnean pascal; mais ils ont conservé toutes les autres cérémonies de cette fête. Elles sont d’une simplieité noble et touchante; elles rappellent chaque année au citoyen
(1) Prière pascale attribuée à Esdras.
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tout ce qu'a de doux l'indépendance , tout ce : gp: a d’amer la servitude. ÿ | IT. La fête de la Pentecôte on des sept se maines , est ainsi nommée à cause des sept semaines compr ises entre le sabbat de la Pâque et le jour où on la célèbre : c’est l'anniversaire de l’époque où ar loi fut donnée au peuple sur le Sinaï. On compte exactement tous les jours qui s’écoulent depuis Pâque, afin de ne pas se tromper sur le moment où la Pentecôte doit commencer, « Un roi, disent les docteurs Juifs, promis à un prisonnier sa liberté et sa fille en FA riage au bout de sept semaines. N’est-il pas juste que ce prisonnier compte les jours, les heures et les momens à la fin desquels doit commencer son bonheur ? » Ce roi, c’est Dieu, qui a promis au peuple juif sa liberté et sa constitution. Ma'gré tous les calculs, comme on craint encore de se tromper, on célèbre deux jours de fête: 11 n’y a rien de particulier dans les rites de la Pentecôte, si ce n’est qu'on offre à Dieu quelques gâteaux préparés avec le nouveau blé et les prémices des fruits, car cette fête est aussi destinée à célébrer la fin de la moisson.
IT. La fête des Tabernacles arrive le 15 du mois de 7üsri, vers le commencement d’octobre. Elle dure huit jours; les deux premiers et les deux derniers seulement sont consacrés au repos. Le but de cette fête, qui se célèbre après qu'on a fini les vendanges et recueilli les fruits de la terre, est de rappeler le séjour de la
DES JUIFS ANCIENS, 3or
nation dans le désert, et les soins de la Providence qui l'ont conservée. Pendant ces huit jours, les Juifs prennent leurs repas en plein air» sous des cabanes recouvertes de touffes de Yerdure, de branches d’arbres avec leurs fruits, de. iii de palmiers et de saules. Ils y passaient autrefois les nuits entières; mais cette coutume a eo A du moins emOccident, où les nuits m'ont pas la douceur des nuits d'Orient.
Le preniiér j jour dela fête des T'abernacles, on apporte avec soi au temple une branche de +1" palmier, trois de Hyrte, une de saule, liées ensemble; on les porte à la main de. on tient à la gauche un citron ou un cédrat; on appro che ses deux mains l’une de l’autre, et on les agite vers les quatre parties du monde. Cette cérémonie tient, comme tant d’autres, à ure fausse interprétation de l'Écriture. Ceux qui l’ont prescrite, ont cru ou feint de croire que lexxrrre. chapitre du Lévitique Pordonnait ainsi; mais il n’en est rien. L’Écriture ne prescrit rien autre chose que de prendre au premier Jour des branches du plus bel arbre avec ses Jruus, des branches de palmier, des rameaux de larbre le plus touffu, et des saules; d'en former un toit de verdure, et de demeurer, pendant la fête, sous cet ombrage, commémoratif des tentes du désert. (J’oyez L versets 4o, 41 et 42 du Lévit., ch. 23.) C’est ainsi qu’à un simple et touchant usage, on a gratuitement ajouté une pratique superstitieuse que les explications Les plus
A ni plus raisonnable. |
392 RÉSUMÉ. DE 1 HISTOIRE subtiles des LUE ne rendent ni
Fu
Jus claire,
au Va La fête des Trompeties ou du commencement de l'année civile, se célèbre le premier jour. du mois de ! Tisri (environ le 15 septembre ). On croit « que Dieu ; juge ce jour-la tous les hommes Les plus dévots passent le mois précédent en jeûnes, et en actes de pénitence, Les autres Ja ‘Consacren th au, moins les quatre derniers jours, et surtout la veille, du j jour de l'an. On passe, en priant, la nu it qui précède la fête, et on se frappe la poitrine en se confessant à soi-même ses péchés. Quelques uns même se donnent des coups de lanière. On voit que les
catholiques romains ont évidemment emprunté aux Juifs leurs vigiles et leur discipline fustigative. Le lendemain on se rend à la maison de la prière, et plusieurs y vont revêtus de robes blanches, symboles de pureté. Quelques jours avant la fin de l’année, on sonne de la trompelle: on en sonne encore le premier jour de l'an, afin d’avertir le peuple que Dieu va le juger. On fait en commun un grand nombre de prières; on emploie le reste du jour à entendre des prédications ou à d’autres actes religieux; on sort en se disant : $oës écrit dans une bonne année, et on va se mettre à table pour se réjouir. |
V. La fète de l'Expiation ou le jour du grand-pardon, se célèbre neuf jours aprés le commencement de l’année civile, c'est-à-dire
UIES ANGIENS. Fe 393 ne
u no dé Tiré Ces. neuf ; jours sont appelés j jours pénitentiaux. Les Juifs observent pendant cette fête. le ; jeûne le plus sévère; ils pont Tr: cer ce as la rémission de le
Ho qu’on commettait re Dien | étaient parfaitement effacés le jour du, rand-pa ardon , Mais quant aux offensestfaites à à ses semblables, il fallait les réparer, et apaiser son ennemi Dr se réconcilier avec Dieu. La fête était impuis-
sante ‘pour effacer les fautes envers le pro-
ÆMuychain.
Chez les Juifs anciens, cette fête se célébrait.
, avec nn extrême appareil et une imposante s0lennité; le souverain sacrificateur y jouait un grand rôle. Chez les Juifs modernes, elle a plus
de simplicité. A la fin du jour, passé tout entier
à prier dans l2 synagogue, on sonne de la trompette en mémoire du jubilé, qui commeuça un
jour d’expiation. On suppose alors qu’une voix se fait entendre du ciel, qui apprend que Dieu
a pardonné au peuple ses péchés, et qu'il peut
en retourner avec joie dans ses demeures.
Chacun se dirige alors vers sa maison, et se
repose à table, an milieu de sa famille, après
une journée de jeüne et de prières.