‹ Résumé de la philosophie de Herbert SpencerChapitre 211 sur 409 · VI. — COMPARAISON FINALE · texte numérisé non relu

VI. — COMPARAISON FINALE

175 h. — Les métaphysiciens antagonistes nieront peut-être la proposition que l'agrégat des idées et des États de Conscience composant la conscience doit ou bien former la totalité de l'existence, ou ne pas la former du tout. Nous supposerons, néanmoins, comme les seules alternatives possibles, qu'il y a une existence au delà de la conscience, ou qu'il n'y a pas d'existence au delà de la conscience.

175 /. — S'il n'y a aucune existence au delà de la conscience, s'il n'y a aucun autre être soit de même espèce, soit d'une autre, y~* alors la conscience, existant éternellement, est à la l'ois créatrice et créée. Elle a toujours été, est et sera la somme de toutes les causes et de tous les effets, omnipotente et omniprésente. Dans ces conditions, la question de l'existence objective comme se distinguant de l'existence subjective , est rigoureusement exclue. Ce problème métaphysique ne peut môme pas être envisagé.

173 m. — Si l'on accepte l'autre alternative, qu'il y a une existence au delà de la conscience, les conclusions qu'on atteindra sont inévitables. Car dire qu'un effet produit sur l'un ne ressemble pas à sa cause dans l'autre, c'est dire en même temps qu'il y a une cause dans l'autre. S'il est dit qu'aucune connexion entre les effets de l'un ne peut ressembler à la connexion entre les causes cbez l'autre, il est dit, simultanément, qu'il y a une connexion entre les causes dans l'autre, c'est-à-dire que, pendant que l'existence extérieure est représentée par ses effets à l'existence intérieure, niais ne peut être représentée dans sa nature, pourtant la représentation de celle existence par ses effets implique nécessairement sa coexistence.

-V75 n. — Des deux alternatives, (Inné, c'esl la dernière qui concorde de toutes les manières avec les autres verdicts de conscience, tandis que la première esl en désaccord avec eux. Ainsi imns voilà ramenés encore, par une autre roule, à la doctrine du Réalisme Transfiguré. L'examen montre que, tandis que les autres doctrines ne sont conséquentes ni ai ec elle-mômes ni avec d'autres croyances, celle doctrine est conséquente avec

elle-même à l'intérieur, et à l'extérieur conséquente avec nos croyances en général.

475 o. — Ainsi qu'on l'a déjà montré, la conception que l'esprit consiste, de même que la vie en général, en changements hétérogènes définis combinés en correspondance avec des coexistences et des séquences externes, pose nécessairement le rapport de sujet et d'objet. Et le raisonnement employé à montrer que le système nerveux, et par conséquent la conscience accompagnant ses actions se développe par l'accord de l'organisme et du milieu, ne peut être conduit sans supposer l'existence de l'organisme et du milieu. Ainsi la doctrine du Réalisme Transfiguré, qui n'est qu'un autre aspect de la doctrine de l'Inconnaissable, est d'accord à la fois avec les résultats des synthèses et ceux des analyses, puisque, tout en impliquant que les pensées intérieures répondent aux choses extérieures, dételle sorte que les cohésions chez l'une correspondent à des persistances chez l'autre, ils n'impliquent point que la correspondance soit quelque chose de plus qu'un symbole.

475 p. — Le Réalisme Transfiguré, en affirmant une limite infranchissable entre l'objet et le sujet, reconnaît une existence extérieure indépendante qui est la cause des changements dans la conscience, tandis que les effets qu'il produit dans la conscience en constituent la perception ; et il infère que la connaissance que constituent ces effets ne peut être une connaissance de ce qui les cause, mais peut seulement impliquer son existence. Ne peut- on dire, alors, qu'en s'interprétant ainsi elle-même, l'existence subjective rend définie cette différenciation par rapport à l'existence objective qui a continué à se produire depuis le commencement de l'évolution mentale ?

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