‹ Résumé de plusieurs memoires de physiologie expérimentaleChapitre 2 sur 2 · V. Noie complémentaire du précédent Mémoire · texte numérisé non relu

V. Noie complémentaire du précédent Mémoire

Les questions que M. Aragom'a fait l'honneur de m'adresser, après la lecture que j'ai faite à l'Académie du résumé de mon Mémoire sur l'iris , m'ont montré la nécessité d'ajouter à ce que j'ai dit aux paragraphes IX et XIII de mon travail les détails

qui suivent :

Voici comment j'ai opéré sur des anguilles et des batraciens vivants pour m'assurer que la lumière peut agir directement sur l'iris. J'ai préféré à toute autre substance, pour couvrir la pupille et faire que la lumière n'arrivât pas sur la réline, une feuille de papier gris, qui m'offrait l'avantage d'être très flexible, quoique n'étant pas translucide. Une bande circulaire très étroite, et correspondant à la grande circonférence de l'iris , était extraite de ce papier. Le cercle de la bande était interrompu en deux points.

pour que la portion du papier qui couvrait l'ouverture pupillaire et la petite circonférence de Tiris restât unie avec le reste de la feuille de papier.

La lumière solaire directe , la lumière des nuées, celle de la lune , d'une lampe ou d\ine bougie, qui ne pouvaient atteindre que Tiris, quand je faisais usage de l'écran que je viens de décrire, déterminaientun resserrement pupillaire manifeste, quoique plus lent que lorsque la lumière frappait librement la rétine et toute la surface de l'iris.

Les choses se passaient de la même manière dans des yeux intacts dans l'orbite, chez les anguilles et les batraciens vivants, ou dans des jeux extraits de l'orbite.

Quand on place devant l'œil une feuille de papier gris ayant un trou très petit par lequel la lumière ne peut arriver que sur la rétine, les choses ont lieu comme je l'ai dit au paragraphe IX de mon Mémoire, chez les anguilles et les batraciens vivants ; mais dans l'oeil extrait de l'orbite, il n'y a pas alors de resserrement pupillaire.

J'ajouterai ici quelques faits qui me paraissent mériter d'être connus :

1° Quand on a couvert la pupille, et en même temps les deux tiers de l'iris, et qu'on fait tomber des rayons lumineux sur le tiers de l'iris resté libre , on trouve que la pupille se resserre. Ceci s'explique par ce fait bien connu , qu'une fibre musculaire n\i en général besoin, pour se contracter, que d'être excuée dans un point quelconque de sa longueur

2 La membrane clignotante ne protège guère Jœ.l des batraciens contre l'action de la lumièreen effet quand celte membrane couvre complètement la face cornéale dp Pnpil lol.in^' -,

1 oeii, la lumière agit encore très bien sur l'iris. ^

3° Chez des grenouilles tuées par de la strychnine, de Téther sulfurique, de Popium ou de la belladone, Tiris conserve en partie sa contractililé.

4° Je joindrai à la liste des poissons sur lesquels j'ai constaté que Viris est un peu mobile le cardon et la lotte. J'ai rapporté dans mon Mémoire les expériences de Sœmmering et de Muck, sur lesquelles on se fondait pour dire que l'iris des poissons n'est pas mobile. J'aurais pu y joindre l'expérience de WaWer {Elément a phi/siologiœ, Venise, 1771, t. V, p. 261), qui, ayant fait agir la lumière d'une chandelle sur des yeux de poisson , ne vit pas de mouvement dans l'iris.

En recopiant mon Mémoire, j'ai fait l'omission d'un paragraphe à la fin de la seconde partie ; je transcris ici ce paragraphe sans y rien changer :

«La chaleur et le froid peuvent-ils jouer un rôle , pendant la vie, dans des yeux intacts de mammifère ou d'oiseau ? Je ne le crois pas , ou du moins cela ne me paraît guère possible que dans le cas où il y aurait action prolongée de la chaleur ou du froid sur rœil. Dans des yeux intacts dans l'orbite, une circulation s'opère qui empêche qu'un changement de température considérable puisse avoir lieu. Aussi ai-ie inutilement tenu des lames métalliques fortement chauffées, ou de petits glaçons , au voisinage des yeux , chez des lapins , des cochons d'Inde et des nireons. L'expérience faite sur moi-même a donne le même résultat. Ainsi donc l'homme et les animaux à sang chaud peuvent regarder fixénient des objets très chauds ou très froids, sans que leur pupillechangede diamètre.» {Comptes rendus, t. XXV, p. 5o8-io.)

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