MANDEMENT
Pour l'Etablissement des Conférences Ecclésiastiques dans le Diocèse des Trois-Rivières.
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PRORAS CO0KE,
Par la miséricorde de Dieu et La Grâce du Saint. Siège Apostolique, Evéque des Trois-Rivières, etc. etc.
St quelque chose a pu adoncir l’amertume dont notre cœur a été inondé, lorsque le Chef de l'Eglise nous a confié le soin du nouveau Diocèse des T'rois- Rivières ; si quelque considération a été capable d’alléger le fardeau dont nous fûmes alors chargé, ça été la connaissance personnelle que nous avions acquise, par plus de quinze ans de résidence dans ce district, de la réglrrité, de la piété et du zèle du clergé qui devait partager nos travaux et cultiver avec nous cette partie de la vigne du Seigneur qui nous est échue en partage. Nous avons cru qu’en travaillant de concert, nous pourrions, avec le secours de Ja grâce, répondre à la vocation Divine, assurer note salut et celui de nos ouailles ; cette espérance a soutenu notre courage dans les peines et dans les travaux qui ac. Compagnent toujours l’exercice du Saint Ministère
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nous avons compté sur cette promesse du Prince des apôtres : modicèm passos ipse perficiet, confirmabit, solidabitque, (XS. Petri, V, 10.)
Cependant notre espérance ne peut être appuyée que sur l’entier accomplissement de nos devoirs et sur la persévérance au service du maître auquel nous sommes consacrés. Or ces devoirs sont multipliés et demandent de nous, outre les vertus sacerdotales, une vigilence continuelle, l'amour de l’étude ot une connaissance suffisante des voies de Nieu dans le salut des âmes, en nn mot, la science, Car il semble que la science qui est l’héritage propre du sacerdoce, doit être la compagne inséparable des quulités et des vertus que Dicu veut trouver en ses ministres, puisqu'il menace de rejeter, comme indigne du sacerdoce, quiconque ne possèdera pas la science qu’exige le Saint Ministère : quia lu scientiam repulisti, repellam te, ne sacer dotio fungaris mhi. (Osée IV, G.)
En effet, en quelque état que nous considérions le Prêtre, nous trouverons que la science lui est nécessaire. Elle lui est nécessaire comme Pasteur des âmes, Directeur des covsciences, Ministre dans Ja maison de Dieu, Interprète de la loi du Seigneur ; eufin nécessaire pour lui-même et pour les autres: /a. bia enim sacerdotis custodient scientiam. (Malac. II, 7.)
La science est pour le Prêtre un flambeau qui répand ses clartés salutaires sur les voies qu’il doit suivre et dans lesquelles il doit conduire les autres, sur les questions difficiles qui peuvent intéresser le salut des hommes; sur l’enseignement de la religion, ses dogmes, sa morale et son culte ; sur l’administration äcs Sacrements, et particulièrement du Sacrement de
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Pénitence : ars artium regimen animarum, (S. Greg. Pastor, Offic. c. 1.;) sur le bon gouvernement d'une paroisse, tant pour le spirituel que pour le temporel ; en un mot, sur tous les devoirs du Prêtre relativement au culte de Dieu et au salut des âmes,
Le champ de la science nécessaire à un Prôtre est vaste, immense, Lo cultiver doit être l'occupation de toute la vie. Le travail s'ouvre et se commence au grand Séminaire ; il s’uvance et progresse par l’étude de tous les ans et de tous les jours; enfin il so perfectionne dans les entretiens avec les prêtres qui ont su joindre une pratique raisonnée à la théorie, la vertu à la science; et particulièrement dans les retraites et dans les conférences ccclésinstiques.
Cette marche ne vous est pas inconnue, en la suivant jusqu’à présent, vous avez nequis un trésor de connaissance qu’il est bon de conserver et d'accroître ; c’est pour vous en fournir la facilité que nous venons aujourd’hui vous annoncer l'établissement des Conférences Ecclésiastiques cet en régler le mode et l’époque.
Vous savez en quels termes le Concile Provincial s'exprime à ce sujet dans son 10% Décret, Il exhorte les Évêques à procurer à leurs prêtres le secours de ces réunions et par-là même les prêtres à les fréquenter. Plusieurs saints Prélats, guidés par les lumières d’en haut, ont établi ces assembiées ecclésiastiques dans leurs diocèses, et en ont recueilli des fruits abondants. St. Bernard se plaignait de la rareté de ces conférences si propres à faire fleurir la science sacrée, à établir entre les membres du clergé une sainte uniformité de sentiments et de canduite ct à entretenir
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en cux l'amour de leurs devoirs et des vertus sacerdotalés Disons-le donc, les conférences sont une des plus belles institutions de l'Eglise, qui offrent au clergé des avantages que vous savez apprécier et qu’il n’est pas nécessaire de détailler ici. Nous nous permettrons cependant d’en indiquer quelques uns.
Le premier avantage, c’est de ranimer le goût du travail et d’encourager l’étude des sciences ecclésiastiques. Dans ces conférences, chaque membre du clergé, excité par une louable émulation, voudra se mettre au fait des matières à traiter afin de pouvoir en parler pertinemment. De là le bon emploi du temps et l’étude des sciences utiles. Tous les prêtres y apportant le fruit de leurs recherches, leurs réflexions et leur expérience, ces réunions deviendront des centres de lumières, où chacun pourra puiser l’instrnction nécessaire et les connaissances pratiques pour s’acquitter dignement des devoirs de son état.
Le deuxième avantage, c’est d'établir l’uniformité dans les cérémonies du culte, dans l’administration des sacrements et dans le gouvernement des paroisses. Rien ne donne autant de nerf à la discipline ecclésiastique que la conduite uniforme des ministres du sanctuaire, Aussi ne devons-nous rien épargner pour obtenir ce résultat si précieux. Or les conférences nous en fournissent un moyen infaillible, En effet, c’est là que les règles de pratique, fondées sur les p'incipes bien entendus, sont adoptées et servent à ré. former les abus, de quelque nature qu'ils soient, et à tracer la même ligne de conduite à tous les pasteurs des âmes. C’est là que tous les prêtres apprendront, qu’oppelés par le Souverain Pasteur à travailler de