LD AO
CRN)
OBSERVATIONS
Station de départ altimétrique.
Station de départ altimétrique.
Point relevé sur les pentes septentrionales de la vallée du Bourg d'Oisans.
Station de départ altimétrique.
Station de départ altimétrique.
Station primaire du Réseau. Deuxième occupation de ce sommet (la première le 13 juillet 1904), point de jonction avec les réseaux des années précédentes.
Station de relèvement à la descente de
l'Homme Sud.
Station de départ altimétrique.
Station de départ altimétrique.
Station de départ altimétrique.
Station primaire du Réseau, — 6 heures de travail effectif. — Une centaine de directions enregistrées dont une trentaine par quatre réitérations sur les points primaires.
Deuxième station de complément en ce point de départ altimétrique.
DATES, STATIONS. ALTITUDES. OBSERVATIONS
mm 115. 4 octobre... Dicuepe LA RIVE 720,2. Stalion de départ altimétrique. DROITEDELARO- CR.N.) MANCHE.
16. 4 octobre... CHEMIN DE Viz- 970,0. Station de relèvement. LARD-NOTRE- Dave.
117. 4 octobre... CBEMIN DE ViL- 1298,2. Station de relèvement. LARD- NOTRE- Dane.
118... D octobre... Couse DE FoNT- 2467,1. Station de relèvement. J'avais espéré GILLARDE. pouvoir exécuter encore cette année ma station du Grand Rochail. Une tempête de neige m’arrête en ce point et ferme la montagne pour plusieurs jours. La brièveté de ceux-ciaidant, je termine ma campagne.
119: D octobre... ORATOIRE AU SUD 1560,2. Station de relèvement. DE VILLARD- Norre-Dame.
120. D octobre... CuemiN DE ViL- 1403,6. Troisième station de relèvement sur ce LARD-NOTRE- chemin.
Daur.
Élaboration des Documents, — Les opérations que je venais de poursuivre pendant quatre mois sur les grands sommets du Massif des Écrins, me réservaient un horizon de travail de mise au point et de calculs qu’il n’était pas imprudent de prévoir s'étendant sur trois ou quatre années. Cependant, avant d'y toucher, je désirais me débarrasser complètement de la réfection des massifs étudiés pendant ma campagne 1903, réfection que j'avais résolue pour mettre les résultats de celle-ci en harmonie avec ceux de la campagne 1904 et que j'avais pré-
parée par le stationnement, au cours des derniers mois, de plusieurs
points situés sur son térritoire. Les opérations reprises notamment au Grand Rocher et au Col de Merdaret en juin 1905 m’avaient permis en effet de compléter la précision des éléments de départ nécessaires pour mes calculs; la station du Pic du Frêne, de la fin de 1904, apportait d’ailleurs des visées que je n'avais pas en ma possession lors des premières compensations de cette triangulation. Ce fut donc au travail de ces compensations successives des points trigonométriques (au nombre d’une centaine environ) que j'ai consacré, tout d’abord, mon temps, dès Le retour des Alpes.
Mais, bientôt, simultanément, en vue de publications provisoires, j'étais amené à établir le schéma au 5, des stations occupées en 1905. Pour y parvenir, je dus faire alterner le calcul des compensations définitives des points des Massifs d’Allevard, des Sept-Laux et de la Belle- Étoile avec le calcul provisoire des distances fixant les stations primaires du Massif Pelvoux-Écrins. Dès que celles-ci eurent été ainsi placées sur l’épure, les stations secondaires et les stations de relèvement vinrent s’y ajouter par les procédés graphiques.
Ces deux travaux, menés de front, me conduisirent jusqu’au milieu de février ; ils furent d’ailleurs entrecoupés par la surveillance du développement des tirages et du classement des 140 douzaines de clichés rapportés de la dernière expédition et par la mise au net de mes notes de campagne destinées à deux publications qui parurent, l’une dans l'organe du Club Alpin Français La Montagne (‘), l’autre dans le Bulletin de la Section Lyonnaise de ce même Club Alpin (?).
Dès que j’eus achevé les calculs de compensation des massifs étudiés en 1903, Je repris exclusivement le travail de placement graphique de
tous les points Intersectés de la campagne 1905. Ce placement s’effec-
(!) Quatre mois de triangulations dans le Massif Pelvoux-Écrins. Troisième campagne géodésique dans les hautes régions des Alpes françaises (La Montagne, 20 janvier 1906).
(2) Un mois dans les Massifs de Belledonne, des Grandes-Rousses, de Taillefer et des Arves. Deuxième campagne géodésique dans les hautes régions des Alpes françaises (Revue Alpine, 1°* janvier 1906).
tuait régulièrement au moyen du dépouillement méthodique des carnets ; 1l était complété tout naturellement par l’exécution du catalogue des visées déterminantes de tous ces points, en vue de leur calcul définitif de compensation. Devant l'étendue des terrains intéressés qui représentait environ 1100", je dus, pour faciliter mes recherches et pour classer mes données, subdiviser les grands systèmes orographiques des Écrins en plusieurs régions particulières correspondant à des groupements provisoires de chaînes fractionnées ou de nœuds montagneux, dont la délimitation s’obtenait par le cours des torrents adjacents et par des cols ou sommets bien définis. Je pus ainsi terminer, au printemps de 1906, le relevé complet des visées qui correspondait d’autre part à l'établissement provisoire au ;+ des positions trigonométriques. Ces deux répertoires étaient d'autant plusutiles qu'ils allaient au-devant, en quelque sorte automatiquement, de la préparation méthodique et rigoureuse de la campagne suivante. J’allais pouvoir remplacer, effectivement, le volumineux dossier préparatoire des visées que j'emmenais sur moi, les années passées, sur tous mes sommets, en faisant photographier mon épure au +. Les quatre feuilles tirées dans une réduction approximative de moitié, empiétaient légèrement les unes sur les autres et m'offraient l’image de mon répertoire des points visés et à viser.
Ce second travail avait été poursuivi sans autre interruption que la préparation d’une première conférence donnée sur mes travaux : la Société de Géographie de l'Est et la Société Industrielle de l'Est m'avaient décidé en effet à exposer à Nancy le but et les résultats déjà acquis de mes expéditions. Cependant, j'avais dû également distraire plusieurs journées de la marche rationnelle de mes calculs, pour fournir, comme on le verra plus loin, certains de mes résultats au Service Géographique de l'Armée.
Vers la fin du mois de mai, ces occupations s’effaçaient peu à peu devant les soins que je donnais à la préparation de ma quatrième campagne.
etes
Projet de Campagne. — I] était bien facile cette fois d'envisager le programme à réaliser, puisque cette campagne ne devait être que le complément de la précédente. Quoique celle-ci eût déjà fourni la plus grande part des éléments nécessaires à la description détaillée du Massif des Écrins, il n’était pas inutile de songer à la perfectionner, soit par le stationnement sur des grandes cimes intercalées entre mes belvédères déjà occupés, soit par l’augmentation de densité des points secondaires ou de relèvement dans les fonds des vallées et à mi-bauteur. Il y avait eu d’ailleurs des régions volontairement délaissées et insuffisamment explorées, l’année dernière, comme, par exemple, la vallée de la Bonne et celle de la Séveraisse, comme aussi les régions voisines du Grand Rochail ; il y avait, d’un autre côté, des perfectionnements, qu'on pouvait qualifier « de luxe » comme le stationnement de la Roche Faurio et surtout celui du Grand Pic de la Meiïje, que je désirais de plus en plus ardemment ajouter à la série de mes enchaînements, aussi bien au point de vue photographique qu’au point de vue géodésique. Il y avait enfin l'espérance d’une extension déjà sérieuse de mes réseaux vers l’Est jusqu’à la frontière italienne, par leur passage au-dessus des vallées de la Guisane et de la Clarée.
En conséquence, mon programme comportait un groupe de stations autour du Bourg-d’Oisans, un autre dans la haute vallée de la Séveraisse, un troisième dans la région Nord-Est du fer à cheval des Écrins, un quatrième dans le secteur septentrional de Briançon, et, finalement, si le temps le permettait, une série de déterminations dans les environs du Lautaret pour la description des Massifs de la Roche du Grand- Galibier et des Cerces, et aussi pour l’amorçage de mes réseaux de Maurienne, en vue des campagnes suivantes.
Pour la première fois, j’emportai en campagne des éléments de travail pour la mise en œuvre des documents précédemment récoltés afin d'utiliser les jours de mauvais temps à dégager quelque peu les amoncellements de calculs que devaient notamment me procurer les expéditions du dernier été. Je joignis donc à mes bagages les cahiers de réduc-
tion au centre du signal de toutes les visées prises dans le Massif des Z . . D .
Ecrins : le temps exceptionnellement beau qui m'attendait ne me laissa pas une seule fois le loisir de tirer parti de ces calculs de direc-
tions moyennes que j'avais encore voulu établir avant mon départ.
Description du Terrain des Opérations. — Comme conséquence du programme que je m'étais imposé pour cette quatrième campagne, j'allais poursuivre mes triangulations — au moins pendant la plus grande partie du temps — sur le terrain déjà parcouru l’année précédente. Cependant l'extension projetée au Nord-Est et à l'Est devait étendre mes réseaux sur de nouvelles régions dont il n’est pas inutile de résumer rapidement la topographie générale : Parallèlement au cours de la Guisane, une longue chaîne se détache de la Roche du Grand- Galibier et par les sommets de la Ponsonnière, de l’Aïguillette du Lauzet, de la Montagne du Vallon, du Grand Aréa et de Roche Gautie, vient terminer son tracé principal par les crêtes de Peyrole et de Saint-Chaffrey au.Nord de Briançon. Une seconde crète, d’allure générale encore parallèle, mais plus compliquée dans ses ramifications, double la précédente dans sa partie septentrionale ; c’est le Massif des Cerces prolongé au Sud par les dentelures de la Moulinière et du Queyrellin. Au Nord et à l'Est de cet ensemble, court la Clarée dont la rive gauche longe immédiatement les bases de la crête frontière. Celle-ci, après avoir abandonné au Nord le Massif du Thabor, se dirige vers le Sud-Est et, plusieurs fois abaissée en de larges dépressions, relève cependant ses altitudes jusqu’à plus de 3000" aux Rochers des Grands Becs et aux Pointes des Trois Scies. De là, se dirigeant vers le Sud, elle est jalonnée par le Pic du Lausin et la Cime du Grand Charvet et va descendre au-dessous de 1900" au col du Mont Genèvre. Dans sa dernière partie, c’est-à-dire depuis le Col de l'Échelle, elle s’écarte notablement du cours de la Clarée, pour englober, d’une part, la crête très régulière et très étroite de Pécé et le sommet pyramidal de Pierron,
d’autre part, le Rocher des Prés et les Rochers de Malapas.
on
Ces régions très intéressantes, notamment aux points de vue géologique et stratégique, ne constituent cependant pas des massifs de grande élévation et ne possèdent pas d'appareils glaciaires importants ; il faut remonter jusqu'aux Cerces pour trouver un reste de nappe glacée de quelque étendue et d’ailleurs en voie d’ablation très caractérisée. Ce massif des Cerces était l’un de ceux que la Carte de l’État-Major figurait le plus inexactement, malgré des éditions successives souvent remaniées. Peu étudié jusqu’à ces dernières années, malgré le pittoresque de ses roches, de ses murailles et de ses colorations, il a pris une certaine notoriété topographique et stratégique depuis que l’on à établi dans l'un de ses vallons le grand poste fortifié des Rochilles, qu'occupent, pendant la belle saison, plusieurs compagnies de chasseurs alpins.
Projet de Triangulation. — Découlant du programme ainsi défini, le projet de triangulation se divisait naturellement en trois périodes d'opérations : Tout d’abord, il s’agissait de compléter le réseau primaire de 1905 dans le Massif des Écrins proprement dit; en conséquence, des stations était prévues, notamment au Pic Turbat de Valsenestre, au Grand Rochail, à la Tête du Foura, à Roche Faurio, au Grand Pic de la Meije, au Pic des Neyzets, au sommet de la Cucumelle et au Prorel ; une seconde série de stations devait avoir pour objet l’adjonction de leurs visées à celles issues des stations de 1905 et par suite l’achèvement de l'établissement des points de détail des massifs étudiés ; enfin, une troisième catégorie de stations (primaires, secondaires et tertiaires) constituait l'extension de mon réseau dans les massifs de la région septentrionale du Briançconnais, des Cerces et du Thabor jusqu’à la frontière italienne. Cette région, nouvellement intéressée par mes triangulations, pouvait présenter une superficie d'environ 500". L’enchainement des points à occuper s’y trouvait indiqué par les lignes des crêtes encaissantes de la vallée de la Clarée, sur lesquelles, se faisant vis-à-vis, allaient venir se placer mes stationnements : À priori, il était évident
que le meilleur enchainement passait sur les sommets du Thabor, de
UT
Roche Chateau, de la pointe des Cerces, de l’Aiguillette du Lauzet, de Challange, de Roche Gautie, de Peyrole, de Pécé, du Grand Charvet et du Janus. J'avais prévu, déjà à ce moment, également, au cas où le temps serait particulièrement favorable, un prolongement encore plus vaste de ces réseaux sur la Maurienne, par-dessus les crêtes du Galibier : je songeais dès à présent à l'occupation de l’Aiguille de l'Épaisseur, située en flanc-garde orientale des Aiguilles d’Arves, ainsi qu'à celle de la Grande Chible dominant, en sentinelle avancée, la vallée de l'Arc.
Il va sans dire qu’au milieu du réseau primaire ainsi constitué pour ces nouvelles régions, je prévoyais un nombre plus ou moins important de stations secondaires et de stations de relèvement.
Enfin, de même que pour toutes les campagnes précédentes, je me proposais d'effectuer des stationnements aux repères du Service du Nivellement Général de la France, comme points de départ altimétriques de mes réseaux.
Construction des Signaux. — Opérant sur un terrain déjà largement pourvu de signaux par mes soins, l’année précédente, je ne mis pas en mouvement, avant mon arrivée, de nouvelles équipes de constructeurs. Mais, dès que la première partie de mon programme fut remplie, c’està-dire dès que les stations eurent été occupées sur les régions communes à la précédente campagne, je fis partir, avec des ordres-d’édification, plusieurs de mes guides sur la région nouvelle à explorer. Tant à ce moment qu'au cours de mes stationnements personnels, il fut
construit environ cinquante nouvelles pyramides en 1906.
Historique des Opérations. — La campagne a débuté le 18 juin et s’est prolongée jusqu'au 14 septembre. Elle a été favorisée par une série de Journées régulièrement belles qui sont restées célèbres dans les pays de montagnes à cause de la sécheresse qu'elles y ont provo-
quée et qui y fut désastreuse pour les cultures et pour l'élevage.
J'ai eu avec moi, comme guides et porteurs, soit à titre permanent, soit par engagement de quelques semaines, Joseph Baroz et Joseph Rey, du Grand Thiervoz; Fège, de Valjouffrey ; Prosper Faure et Auguste Mathonnet, de la Grave; Devouassoud et Joseph Gaspard, de Saint-Christophe-en-Oisans, etc., etc.
Les centres de rayonnement furent successivement le Bourg-d'Oisans (19-20 juin), la Chapelle-en-Valjouffrey (22-23 juin), le Clot-en- Valgaudemar (26-29 juin), le Bourg-d’Oisans (30 juin-18 juillet), La Grave (19-27 juillet), Le Lautaret (28 juillet-8 août), Briançon (9- 31 août), Valloire (1-13 septembre).
Mais de ces localités, où j'avais installé ma femme et mes enfants, à parür du milieu de juillet, je partis le plus souvent pour établir des centres de départ plus élevés dans les chalets du Club alpin ou sous ma tente, comme le Tableau récapitulatif des stations le fera ressortir. C’est ainsi que j'occupai pendant plusieurs jours le chalet-refuge du Lac Noir au pied du Jandri, le refuge Caron, le refuge du Châtelleret, le refuge du Promontoire, sur la face méridionale de la Meïje, et que je campai plusieurs nuits au col de Vallouise ; d'autre part, dans la dernière période de ma campagne, je reçus du 12° Bataillon de chasseurs alpins, la plus large hospitalité à son poste d'occupation d'été du Camp des Rochilles.
Les opérations techniques ne furent pour ainsi dire jamais arrêtées que pour passer d’un centre à un autre; cependant, du 9 au 11 septembre, j’eus à m'occuper de accident de l’Aiguille Centrale d’Arves, où un brillant alpiniste italien, Emilio Questa, trouva la mort.
Au point de vue des documents photographiques «il a été pris en » toutes les stations primaires et en presque toutes les stations secon- » daires et tertiaires élevées, un tour d'horizon photographique en dix » plaques. Le nombre des clichés de cette campagne s'élève à quatre-
» vingts douzaines ; 1ls permettront, par l’utilisation des perspectives
» photographiques, comme pour les campagnes précédentes, de meu-
» bler les intervalles du réseau des points trigonométriques déterminés
ES
oi —
» par les calculs des observations au théodolite » (Comptes rendus de l’Ac. des Sciences, 29 octobre 1906).