‹ Résumé des opérations exécutées jusqu'à la fin de 1911 pour la description géométrique détaillée des Alpes françaisesChapitre 7 sur 111 · EXPOSÉ CHRONOLOGIQUE DES OPÉRATIONS · texte numérisé non relu

EXPOSÉ CHRONOLOGIQUE DES OPÉRATIONS

Projet de campagne. — (Quoique les méthodes suivies dans mes travaux aient été, à proprement parler, fixées des la première campagne, il est évident que celle-ci a constitué pour mot, dans la période d’études préliminaires qui l'a précédée, aussi bien que dans le temps de son exécution sur le terrain, une sorte d'école préparatoire où je dus forcément hésiter avant de trouver les moyens d'action définitifs que j'ai adoptés par la suite. Néanmoins la marche employée pour les observations et pour les opérations des caleuls subséquents a été établie, en principe, dès ce moment, telle que je la retrouve aujourd’hui confirmée par l’expérience des années qui suivirent. Durant l'hiver 1902-1903, je mettais au point mon étude sur la Télestéréoscopie (*) dont J'avais trouvé les éléments au cours de mes ascensions de l’été précédent dans les massifs de la Vanoise et du Pelvoux et dans la région de Chamonix. J’achevais également à cette époque les feuilles du pano-

rama du sommet du Pelvoux d’après le tour d'horizon photogra-

(!) Téléphotographie simple et stéréoscopique en montagne, une plaquette in-8 de 24 pages et 3 gravures (Extrait de l'Annuaire du Club Alpin français, vol. XXIX, 1902. Paris, Renouard, 1903); Sur la Télestéréoscopie (Comptes rendus de l’Académie des Sciences, 5 décembre 1904); La Télestéréoscopie (La Nature, n° 1653, 28 janvier 1905).

APN

phique que j'avais rapporté de cette cime, tandis que, d'autre part, se précisaient dans mon esprit la création et les premiers projets de mise en exécution de l'OEuvre de la description des Alpes à laquelle j'allais dorénavant me consacrer complètement.

Il fallait, pour ce début, trouver comme champ d'étude, des massifs qui, sans être de l’accès le plus difficile, présentaient, avec un caractère alpin très net, une altitude déjà sérieuse, c’està-dire permettant l'essai de mon endurance de stationnement, et qui, d’autre part, appelaient le plus rapidement possible la rectification des cartes correspondantes officielles à grande échelle. Les recherches bibliographiques m’amenaient bientôt à me convaincre, qu'en vue de répondre à ces diverses nécessités, aucun théâtre ne devait être préféré à celui des massifs d’Allevard, des Sept-Laux et de la Belle-Étoile.

Description du Terrain des Opérations. — La région que j'allais trianguler comportait toute la haute vallée du Bréda avec ses chaînes encaissantes. Celles-ci comprennent, en premier lieu, la crête du massif d’Allevard proprement dit dont le point culminant se trouve au Puy Gris; en second lieu, les crêtes du Rocher Blanc dominant le plateau et les lacs des Sept-Laux; en troisième lieu, les crètes d’allure générale perpendiculaires aux précédentes, formant le massif de la Belle-Étoile, et, en dernier lieu, parallèle aux deux premières, la crête du Roc Noir du Pleynet continuée par le Grand Rocher et le Crêt du Poulet.

Dans ces différents enchaïnements, les principales critiques à l'égard des documents existants s’exerçaient, un peu sur la planimétrie des environs du Puy Gris, beaucoup plus énergiquement sur celle du Glacier et des Aiguilles d’Argentière, enfin, mais avec un peu moins d’âpreté, sur celle de la Belle-Étoile ; elles contenaient également une attaque déjà ancienne, menée par plusieurs auteurs, sur l'altitude absolue du Puy Gris ou sur Paltitude comparée de ce

pic à celle du Rocher Blanc des Sept-Laux; enfin, elles alimentaient

te

les préoccupations des toponymistes par une mine inépuisable d’élé-

ments discordants tout le long de la chaîne principale.

Projet de Triangulation. — « Dans les 170 kilomètres carrés de terrain que couvre ma triangulation, il ne se trouvait qu'une seule station du premier ordre du Dépôt de la Guerre : le sommet du Rocher Blane des Sept-Laux, appelé également Rocher de la Pyramide.

» Parmi les points du deuxième ordre du Dépôt de la Guerre, je ne pus en retrouver que trois avec certitude : en premier lieu, le sommét du Grand Rocher, à l’ouest du Grand-Thiervoz; ensuite, sur sa crête continuée vers le Sud, l’extrémité de celle-ci où j'ai reconnu l'emplacement exact de la Croix de Merdaret, dominant le col du même nom; enfin, au sud du col de Merdaret, l’'éminence appelée Pincerie où quelques pierres plates disposées en cercle représentaient, sans aucun doute, l’assise inférieure du signal de l’'État-Major.

» Dans le projet primitif, les trois signaux : Rocher Blanc, Grand Rocher, Merdaret, devaient servir de points de départ à tout mon travail, puisque l'emplacement des signaux que j'y remaniais ou faisais construire à nouveau était nettement identifié avec celui de l'État-Major. Mais ce projet ne put être réalisé, car, lors des recherches ultérieures, 11 fut reconnu que les points du deuxième ordre du Dépôt de la Guerre n'étaient pas rattachés directement au signal du Rocher Blanc.

» Il fut donc impossible de partir d’une base Grand Rocher- Rocher Blanc ou Merdaret-Rocher Blanc. Comme d’autre part, le côté Grand Rocher-Merdaret eût été trop court, le côté de départ ultérieurement choisi se trouva être Rocher Blanc des Sept-Laux- Pic du Frêne, tous deux stations du premier ordre du Dépôt de

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(') Triangulation géodésique des Massifs d’Allecard, des Sept-Laux et de la Belle-

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