‹ Résumé des opérations exécutées jusqu'à la fin de 1911 pour la description géométrique détaillée des Alpes françaisesChapitre 74 sur 111 · VIT · texte numérisé non relu

VIT

OBSERVATIONS

Station primaire complémentaire de la précédente. Située à 2,500 au Nord du sommet du Mont Falcon, elle a permis des vues plongeantes dans la vallée de l'Arvant qui étaient masquées de la station du sommet, Environ 6odirections enregistrées.

Point relevé sur les pentes situées à l'Est du village d'Entraigues.

Station de relèvement et de départ altimétrique sur la Route des Arves.

Station de complément et de départ altimétrique sur la Route Nationale au pont de l’Arvant.

Station de relèvement et de départ altimétrique sur la Route du Col du Galibier.

Station de relèvement et de départ allimétrique sur le versant Nord de la Route du Galibier, à quelque distance du Tunnel du Télégraphe.

Station de relèvement sur la Route du Galibier..

Elaboration des Documents — Pendant le séjour sur le terrain de la

dernière campagne, j'avais profité des journées de mauvais temps pour

commencer la rédaction du premier Volume de la Description géo-

métrique détaillée des Alpes Françaises, dont tous les documents

mathématiques étaient préparés. C’est à la continuation de cette mise

au point, en vue de la publication la plus rapprochée, que j'ai consacré

tout mon temps depuis le début d'octobre jusqu’à la fin de février. J’ai

dù m'absorber complètement dans cette tâche, ne m'occupant de

l'élaboration proprement dite des observations des campagnes précé-

Do —

dentes que pour alimenter le travail de mon secrétaire, Puis, une fois le manuscrit remis, je fus absorbé une grande partie du temps par la correction des épreuves et par la préparation de la reproduction des panoramas photographiques qui accompagnent ce premier Volume. Il a fallu, en effet, faire faire un tirage spécial des épreuves et j'ai dû exécüter personnellement le repérage des sections, l'établissement des légendes toponymiques et la plus grande partie du travail de retouche. J’ai cependant pu, à partir du mois de mars, calculer les altitudes définitives du plus grand nombre des points trigonométriques des campagnes 1905 et 1906 dont les dénivelées avaient été préparées par mon secrétaire. L’enchaînement altimétrique a donné lieu à une intéressante étude relativement au choix de la meilleure marche à adopter pour les différents groupements des points de départ constituant ce que j'ai appelé des lignes de base de nivellement.

J'ai pris toutefois sur ces occupations le temps de professer une quatrième série de lecons à la Faculté des Sciences de Nancy et aussi celui de faire, d’une part, à Saint-Mihiel, un exposé de mes travaux aux officiers de la 40° Division sur le désir de leur chef, M. le Général Perruchon, et d’autre part de donner à Nancy, devant M. le Général Maunoury, Commandant le 20° Corps d’Armée, une première conférence au Cercle Militaire.

Projet de Campagne. — J'avais, en 1909, pensé pouvoir terminer tous les stationnements de détail du Réseau couvrant la vallée de la Maurienne. Mais le temps, qui avait été très défavorable d’une facon générale, ne m'avait pas permis d'achever complètement le programme que je m'étais donné. J'avais dû, notamment, abandonner les stations prévues dans la vallée de la Lombarde et celles de la haute vallée d’Ambin. Il était donc de première nécessité, dans la campagne prévue pour 1910, de compléter les stationnements des surfaces parcourues durant le dernier été. En réalité, ces lacunes étaient localisées en trois

régions respectivement peu étendues : c’étaient d’abord les crêtes de la

frontière à l'Est du massif de Charbonel, e’était ensuite le nœud montagneux voisin du Petit Mont Cenis, c'était enfin la ceinture orientale des vallons de Savine et d’Ambin.

D'autre part, l’idée d’une publication plus où moins rapprochée d’un second Volume de ma Description géométrique détaillée des Alpes Françaises, se rapportant à des massifs de l’Oisans, me faisait sentir la nécessité d'étendre, dès maintenant, mes triangulations dans cette région, sur les crêtes du Grand Serre et de Larmet, situées au Sud du massif du ‘Faillefer.

En conséquence, mon projet de campagne pour 1910 allait se dérouler sur trois théâtres bien distinets : en premier lieu, sur la Maurienne pour y achever les trois surfaces insuffisamment parcourus ; en second lieu, sur les massifs du Tabor de Lavaldens et du Grand Serre; enfin, en troisième lieu, sur les massifs de Tarentaise dont j'allais commencer la description détaillée.

Comme on le verra dans la suite, 1l me parut, pour l'exécution de ce

programme, préférable d’intervertir le premier et le second champ d'opérations.

Description du Terrain des Opérations. — Le vallon de la Lombarde, l’une des surfaces à compléter dans les réseaux de Maurienne, est constitué par les deux chaînes, courant à peu près parallèlement du Sud au Nord, de Charbonel à l'Ouest et de l’Autaret et de la Bessanèse à l'Est. Profondément encaissé, quoique le fond soit à une altitude dépassant 2000", il est dominé par une ceinture de hautes crêtes qui ne s’abaissent jamais au-dessous de 3000". Tandis que le versant occidental, formé par la muraille de Charbonel, présente des inclinaisons très raides sur lesquelles ne peut se maintenir aucun appareil glaciaire, le versant oriental qui descend de la grande crête frontière, offre des pentes moins abruptes, supportant les trois glaciers d’Arnès, du Baounet, et de Derrière-le-Clapier.

La deuxième région de complément comprend le territoire situé

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entre la chaîne frontière et le cours de l’Are, limité à l'Est par la route de Lanslebourg à Suse et au Sud parle torrent de Bramans et le col du Petit Mont Cenis. Une station secondaire, celle du Chalet Suiffet, y avait été occupée déjà en 1909, mais je désirais exécuter une série importante d'observations, notamment à la Pointe de Bellecombe, placée, pour différentes raisons, d'une façon exceptionnellement favorable aux opérations de triangulation.

Dans la troisième lacune à combler, le vallon de Savine et le haut vallon d’Ambin sont dominés par la Pointe de Cléry et par le Mont d’Ambin. Le rôle de ce dernier dans l’enchaînement du Prolongement du Parallèle Moyen (1822-1824) ajoutait encore à mon désir d'y effectuer des observations.

Le second théâtre prévu pour mes observations de 1910 se trouve situé entièrement au Sud du Taillefer. Il est essentiellement marqué par deux arêtes parallèles, celle de Larmet à l'Est et celle du Tabor à l'Ouest qui enserrent le vallon de Lavaldens. Les crêtes du Tabor s’abaissent au Nord pour former le vallon de la Morte, tandis que les crêtes de Larmet, plus élevées et plus abruptes, s’attachent nettement au nœud du Taillefer dont elles ne sont séparées que par le col de Vaunoire ou de Lavaldens.

Le troisième théâtre, choisi pour le début des triangulations destinées à couvrir les massifs de la Tarentaise, peut être défini par les chaînes encaissantes de la haute vallée du Doron de Bozel. D'une façon générale, sa ceinture est jalonnée à l'Ouest par la crête qui va de la Dent de Villard à l’Aiguille de Péclet, au Sud par celle qui court de cette Aiguille de Péclet à la Dent Parrachée, à l'Est par le puissant haut plateau glaciaire de la Vanoise, au Nord par les crêtes de la Grande Casse et du Grand Bec de Pralognan, et aussi par celle qui joint le sommet de Belle-Côte à Moutiers en passant par le Mont Jovet.

Projet de Triangulation. — Pour les régions à compléter en Mau-

rienne, l'établissement du projet consistant à choisir comme stations

primaires les sommets principaux à vues circulaires aussi complètes que possible, j'étais amené à occuper presque forcément, d’une part, l'Ouille du Favre et la Pointe de Derrière-le-Clapier, d'autre part la Pointe de Bellecombe, la Pointe de Cléry et le Mont d’Ambin. En plus de ces sommets, d’ailleurs déjà rattachés à mes réseaux primaires par de nombreuses visées issues des stations occupées en 1909, je me proposais de stationner sur plusieurs positions voisines, complétant ainsi la détermination des surfaces situées en angle mort, ou formant des relèvements indépendants.

Pour le réseau de Tabor-Larmet, je décidai de remonter pour la troisième fois au Taillefer et, sans m'’établir sur la crête de Larmet elle-même, d’en déterminer toutes les dentelures et toutes les dépressions de trois stations principales sur la crête parallèle à l'Ouest, c’està-dire aux sommets du Grand Serre, du Tabor et de Comboursière.

Enfin, pour les triangulations de détail de Tarentaise, j'étais amené à réoccuper tous les points fondamentaux correspondants de ma Méridienne de Savoie, conformément aux principes mêmes qui avaient fait établir cette chaîne; de plus, j'avais à ma disposition un choix important de stations culminantes sur lesquelles mon réseau primaire allait se fixer : les sommets de Chasseforèêt, de la Réchasse, de la Glière, de la Grande Motte, du Vallonet, de la Pointe du Dar, etc., s’imposaient tout d’abord naturellement, et, entre eux, je pouvais tisser les combinaisons de trames aussi denses qu’il me paraîtrait nécessaire pour la détermination des points que je voulais réaliser particulièrement nom-

breux et précis dans cette région.

Construction des Signaux. — Je n'avais cette fois à me préoccuper que de la région Tabor-Larmet, car, en Maurienne, mes signaux ou ceux placés avant moi subsistaient nombreux et bien établis, et en Tarentaise plusieurs séries d'opérations locales, notamment certains travaux du cadastre, avaient eu, comme conséquence, l'établissement

d’un nombre important de pyramides qui, sans être de grande dimen-

me LE Se

sion, étaient suffisantes pour les visées d’un réseau à mailles serrées.

Je fis done partir en juin une équipe pour installer plusieurs signaux sur les crêtes encaissantes de la vallée de Lavaldens et en particulier sur les arêtes de Larmet. Moi-même, au cours des opérations sur ces trois théâtres, j’eus à en faire établir ou reconstruire un certain nombre, notamment au sommet du Taillefer où je constatai avec peine la démolition complète du grand et beau signal de la triangulation primordiale de 1828-1830, qui, en excellent état de conservation au bout de près de quatre-vingts années, m'avait servi pendant les campagnes 1904, 1905 et 1906. Il fut en effet remplacé en 1908 par un signal en bois quine devait pas tenir deux ans, puisqu’à mon arrivée sur le terrain, au début de l’été 1910, je le trouvai brisé en plusieurs morceaux; ceci me fit même réoccuper immédiatement le Taillefer plus tôt que je ne l'avais fixé, afin de ne pas être gêné dès le début de mes observations.

Historique des Opérations. — La première période des observations de 1910 s’est étendue du 1% au 15 juillet : malgré un temps très défavorable j'ai pu stationner les points prévus des crêtes du Taillefer et du Tabor. J'ai ainsi réoecupé le sommet du Taillefer; et, conformément au projet établi, j'ai travaillé aux sommets du Grand Serre, du Tabor et de la Tête de Comboursière. Des stations complémentaires ont d’ailleurs accompagné ces stations principales. La deuxième partie de ma campagne, destinée à parfaire la description des crêtes de la vallée de la Lombarde et du massif d’Ambin, fut principalement marquée par les stations à l’'Ouille du Favre, à la Pointe du Baounet, à la Pointe de Derrière-le-Clapier, au Mont d’Ambin, à la Pointe de Cléry et à la Pointe de Bellecombe.

La troisième période de mes observations dura du 2 août au 21 septembre; mon centre principal de rayonnement fut Pralognan. Trois des sommets de ma Méridienne de Savoie furent réoccupés : la Grande Casse, l’Aiguille de Péclet et le Mont Jovet. Comme précédemment, plusieurs stations de départ altimétrique furent faites aux repères du

Service du Nivellement général de la France.

= hpO

Cette huitième campagne s’est finalement composée de plus de quatre-vingts stations, dont une vingtaine au-dessus de 3000". Il a été pris soixante douzaines de clichés donnant les tours d'horizon de la plupart des sommets occupés.

« J'ai pu exécuter le programme tracé malgré des conditions atmo- » sphériques plutôt inférieures à la moyenne, grâce à une certaine » expérience dans la prévision des phénomènes météorologiques, » notamment de la marche de l’ennuagement dans nos Alpes fran- » ‘çaises et aussi à mon organisation matérielle d'opérations qui m'a » permis de ne pas laisser passer, littéralement, sans l’employer, » même une seule demi-journée de temps clair pendant toute cette » période de près de trois mois. » (Comptes rendus de l’Académie des Scrences, 17 octobre 1910.)

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