Résumé des travaux du Dr E. Colas
Licencié ès>scie Ex-Interae d( Ex-Chef de elir Lauréat de la Fac i Société des Sciences <
I. - DE LA NATURE DES ADÉNITES EXTERNES DITES SCROFULEUSES. (Thèse de doctorat, 1881.)
Rechercher la nature des adénites externes scrofuleuses, tel est le problème que nous avons essayé de résoudre. M. Villemin, dans la mémorable discussion (novembre 1880 h avril 1881) de la Société médicale des Hôpitaux sur les rapports de la scrofule et de la tuberculose, avait conclu par ces mots: « J’ai l’espérance que la méthode expérimentale servira aussi à éteindre les querelles tant de fois soulevées au sujet de la tuberculose et de la scrofule. » Partant de cette idée et fort de l’approbation de MM. Kiener et Malassez, nous avons tenté l’étude des rapports et des différences qui existent entre la tuberculose et le ganglion strumeiix.
De tous temps l’écrouelle a été connue, de tous temps elle a préoccupé la médecine ; son histoire est donc des plus importantes. L’historique nous a occupé tout d’abord : nous y avons esquissé à grands traits les théories des principaux auteurs et les conditions de milieu qui les ont suggérées.
Indiquer ensuite ce que les cliniciens entendent par « adénite scrofuleuse», tel est l’objet du deuxième chapitre. Cette description faite d’après l’étude de 59 enfants scrofuleux, indique sur quelle base nous nous sommes appuyé pour choisir les ganglions indispensables à nos éludes. Un tableau schématique résume les principaux signes sur lesquels s’appuie ce diagnostic.
Après ces préliminaires, nous abordons notre sujet au triple point de vue de la Clinique, de l'Anatomie pathologique, de tExpérimentation.
L’étude clinique dérive de deux sources : les ouvrages des auteurs et l’observation d’une centaine de malades. La lecture des pathologistes ne donne que contradictions. L analyse dos malades nous a permis de conclure que les différences sémiotiques établies entre la tuberculose et la scrofule ganglionnaire sont peu importantes.
L’anatomie pathologique nous a occupé longtemps. D’après l’examen d’un grand nombre de coupes, nous concluons avec CoENiL, Thaon, Schuppel, etc., à la ressemblance presque complète entre les lésions des adénites scrofuleuses et de celles consécutives à la tuberculisation avérée d’organes plus ou moins éloignés.
Le chapitre V est le plus important : c’est le résumé d’un nombre considérable d’expériences faites d'octobre 1880 à septembre 1881. En 1880, la spécificité des produits tuberculeux n’était point si indiscutable que certains excellents esprits n’eussent encore des doutes sur l'inoculabilité des produits tuberculeux. C’est pourquoi, tout d’abord, sur le conseil de M. Kelsoh, nous avons fait, sur des lapins et cobayes, vingt expéilences qui nous permirent de conclure
1” La tuberculose est inoculable-,
2“ Elle seule reproduit la tuberculose, quand toutes les précautions de propreté sont prises ;
3° £e crachat paraît être le produit tuberculeux le plus virulent;
4” Le cobaye et le lapin ne sont presque jamais spontanément tvberculmx.
Nous avons tenté alors nos inoculations d’adénites scrofuleuses.
Avant nous, Villemin, SohBppel, Conheim seuls avaient incidem¬
ment inoculé des glandes scrofuleuses. Nous avons fait un travail méthodique divisé en quatre séries d’expériences ;
f" Inoculation de ganglions scrofuleux ;
2** » » de phtisiques :
3” » » de natures diverses ;
4» » de pus scrofuleux.
Tous les soins les plus minutieux ont été pris pour éviter des contagions accidentelles.
Chaque lapin ou cobaye occupait une case spéciale et qui n’avait pas été occupée précédemment par un lapin tuberculeux. A chaque expérience, le bistouri, les aiguilles étaient nettoyés soigneusement à l’alcool, h Tacide phénique fort, et chauüés h la flamme. Les opérations sur les animaux ont toujours été faites dans des salles qui ne contenaient aucune pièce tuberculeuse. Enfin les indications d’antisepsie personnelle ont été très minutieusement prises.
SÉRIE I. — D’abord nous avons pris de la matière caséeuse et l’avons in.sinuée derrière le cou à des lapins ou cobayes.
Nous avons fait cinq expériences avec des ganglions provenant de cinq scrofuleux.
Nous obtenons quatre succès, un insuccès après sept jours d’inoculation.
— On pouvait opposer h ces expériences la théorie de Bmn. : la matière caséeuse, quelle que soit sa provenance, est susceptible d’infecter l’organisme. Nous avons pris alors des fragments non
Six expériences donnent cinq succès ; et un insuccès après sept
— M. Granoher demande si les ganglions non hypertrophiés et
Nous faisons trois expériences et obtenons un succès.
— L’inoculation en série étant, d'après M. Hipp. Martin, le seul critérium du vrai tubercule, nous avons expérimenté avec les produits ne trois lapins inoculés précédemment et avons obtenu
SÉRIE II. — Inoculation de ganglions provenant de phtisiques.
4 expériences nous donnent trois succès.
SÉRIE III. — Inoculation de glandes lymphatiques provenant de diverses aflections.
Deux expériences donnent deux insuccès.
SÉRIE IV. — Inoculation de pus scrofuleux.
Nous faisons cinq expériences et obtenons trois succès, deux insuccès l’un sur un rat, l’autre après quatre jours d’inoculation.
Nous pouvons résumer ainsi le chapitre cinquième :
1* Les produits de la phtisie pulmonaire seuls parmi les produits pathologiques du poumon produisent la tuberculose par inoculation.
2° Les ganglions luberauleux insinués sous la peau d'un animal produisent la tuberculose.
3" Les ganglions provenant de malades atteints d’affections diverses non spécifiques ne produisent pas la tuberculose ;
4° Les produits ganglionnaires à tous les stades et le pus des scrofuleux, donnent la tuberculose par inoculation.
M. Hip. Martin, dans la Reo. de médecine 1884, a ainsi analysé notre travail : « Dans une excellente monographie sur la nature des adénites, etc., le D'Colas, après une très bonne étude historique de la question, rapporte des inoculations expérimentales de ganglions scrofuleux au nombre de onze, sur lesquelles il a obtenu neuf succès certains et un résultat douteux. « Les pièces qui ont servi aux inoculations ont été enlevées à Berck, par M. Cazin, qui opère toujours au thermo-cautère, ce qui éloigne l’idée d’une infection possible des ganglions par l’instrument du chirurgien ».
« Après avoir judicieusement répondu è un certain nombre d’objections possibles, M. Colas formule cette conclusion que nous allons à notre tour essayer de justifier : « L’adénite externe dite
localisée d’une maladie infectieuse générale qui trouve, dans certains
II, - L’ART ET LA SCIENCE (lulroduclion à l’anatomie artistique). Bail, saientifiqae d'Alfr. Oiard, 1882).
L’artiste ne peut plus se borner à étudier l’anatomie comme la comprenait Gerdy. 11 lui faut, avec Duchenne de Bodloone et Darwin, analyser le mécanisme de l’expression dos émotions. 11 lui faut avec Broca, De Qdatrefaoe, etc., faire de l’anthropologie. Mais pour être complète l’anatomie artistique ne doit pas seulement s’occuper de l’homme. A notre époque, le milieu dans lequel l’homme s’agite, a pris avec justes raisons une valeur considérable. L’artiste doit avoir des notions sur tout ce qui l’entoure. L’étude des vertébrés avec lesquels nous sommes en rapport continuel, doit être l’appendice de l’anatomie artistique. C’est ce que nous avons essayé de montrer, ce que nous nous efforçons d’enseigner.